La contraception

Je vais écrire l’article que j’aurais aimé lire il y a 20 ans. Il sera un peu punk.

« J’ai entendu dire que la masturbation c’est mal, si tu te masturbes tu vas en enfer, c’est sale de se toucher, et pour avoir un vrai orgasme on a besoin de pénétrer et/ou d’être pénétré par quelqu’un, s’il n’y a pas de pénétration c’est pas du vrai sexe et c’est la loose et puis sans vrai sexe au moins deux fois par semaine à partir de 15 ans, le ciel nous tombe sur la tête. »

Cette affirmation vous semble absurde, peut-être?
Pourtant, à voir à quel point notre société est obsédée par la pénétration, c’est à croire que tout le monde est persuadé que cette affirmation est vraie.
Si vous êtes une jeune fille ou une femme en âge de procréer, tôt ou tard, tout médecin vous le confirmera d’ailleurs bel et bien:
– Il vous faut une contraception, madame (ou mademoiselle)!
– Pourquoi, diantre?
– Il vous faut une contraception parce qu’il vous faut des pénétrations régulières, madame, du sexe vaginal non-protégé avec un partenaire masculin, c’est bon pour la santé, c’est plein de minéraux, tout ça tout ça, et si vous n’avez pas de pénétrations régulières, c’est que vous êtes une hystéro névrosée phallique coincée de quelque part et là c’est carrément un psy qu’il vous faut. Un psy vous aidera à avoir un compagnon, ou des amants, c’est comme vous le sentez, et vous aurez alors plein de pénétrations comme il se doit, et donc on en revient à ce que je disais, madame: de toute façon, tôt ou tard, il vous faudra une contraception. L’avenir de l’humanité en dépend, on compte sur vous et si ça ne vous plait pas, c’est pareil! Alors, pilule ou stérilet? Je vous laisse choisir la couleur! ».
Quand ce ne sont pas les médecins qui nous tiennent ce genre de discours, ce sont les amants, les ami(e)s ou les compagnons, voir même les parents.

Je caricature un peu, mais à peine… Mais il faut être une femme un peu mâture pour le savoir (à 42 ans, je commence à me considérer comme quelque peu « mâture », avec des rides, des cheveux gris, une préménopause…).

Même sur les groupes de discussion orientés « naturopathie » et « santé au naturelle », ce sujet revient souvent: « Quelle est la contraception idéale, la moins toxique? ».
La femme moderne a intégré le discours du médecin/système/société patriarco-paternaliste. Quand on est une femme moderne, il est important d’être paternaliste envers soi-même, sinon on passe pour une féministe hystérique, plus ou moins stupide, plus ou moins écolo-bobo-réaco-facho, pas moderne du tout. Donc toute femme moderne doit se poser cette question existentielle cruciale: « Quelle contraception choisir? », alors que la première question à se poser devrait être plutôt: « Ai-je besoin de pénétrations pour être heureuse et en bonne santé? ».

Ma réponse en bref pour les pressés, et la suite de l’article après:

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– Aucun moyen de contraception n’est fiable à 100% (« La vie trouve toujours un chemin », voir plus bas le tableau de « l’indice de pearl » des moyens de contraceptions).
– Personne n’a besoin de pénétrer autrui/être pénétré par autrui pour avoir un orgasme. Savoir se masturber, c’est une compétence, c’est comme de savoir se faire à manger.
– Aucun moyen de contraception ne protège des maladies sexuellement transmissibles (même le préservatif n’est pas fiable à 100%) et les MST ne se résument pas au VIH (mycoses, certaines co-infections de la maladie de Lyme, syphilis…).
– Les effets secondaires des méthodes de contraception subis par les femmes sont parfois lourds, voir invalidants, quand ils ne mènent pas carrément à la stérilité ou à la mort (non, je n’exagère pas): vaginite chronique, dépression, troubles cognitifs, hystérectomie, thrombose pouvant aller jusqu’au décès…
– La seule méthode de contraception « naturelle » et non-toxique qui existe est la symptothermie, ou méthode des indices combinés, ou Sensiplan, qui implique pour la femme une excellente connaissance de son corps, de son cycle menstruel, et qui implique pendant sa période de fertilité: soit des rapports protégés, soit de s’abstenir de pénétration vaginale. Cette méthode implique également de la part de l’homme d’avoir confiance en sa compagne et en sa capacité à se connaître elle-même. Et au cas où cette méthode de contraception viendrait à faillir (comme toute autre peut faillir), elle implique une solide confiance, de la part des partenaires, en leur capacité à assumer ensemble les conséquences de leurs actes pour les 50 ans à venir environ (puisqu’on reste parent jusqu’à notre mort).
– Cerise sur le gâteau: les hommes, parait-il, peuvent avoir un orgasme sans éjaculer. Alors, comme disent les British, « What the fuck?! » (traduction: « C’est quoi ce bordel?!) »? Pourquoi serait-ce uniquement aux femmes d’assumer la contraception et ses dangers, alors qu’en toute bonne logique, ce serait d’abord aux hommes de s’occuper du problème en amont, en apprenant à maîtriser leur éjaculation?
Si les hommes ont parfois un besoin physiologique d’éjaculer, il y a beaucoup d’endroits où ils peuvent le faire, ailleurs que dans le corps d’un autre être vivant.

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Lorsqu’on dit à une femme que l’éjaculation dans un vagin n’a rien d’indispensable à la santé, alors elle est susceptible de nous répondre: « Va dire ça à mon mec! », ce qui semble sous-entendre quelque chose comme: « Mon mec, lui, il veut éjaculer dans mon vagin et puisqu’il dit qu’il m’aime, alors je lui dois bien ça, bien obligée, pas le choix! ».
Ce qui est tout de même assez inquiétant, dans le cadre d’une relation qui est sensée être librement consentie.
Les hommes semblent convaincus que leur sperme est indispensable à la santé du vagin de leur compagne ou, à défaut, qu’inséminer régulièrement le vagin d’une femme est indispensable à leur propre santé, ou à leur bonheur, à leur réussite socio-professionnelle, que sais-je. Peut-être comptent-t-ils les points à la machine à café tous les lundi matin avec les collègues, et les meilleurs éjaculateurs intra-vaginaux montent en grade plus vite que les autres?
Qu’une femme refuse à un amoureux l’entrée de son vagin « à découvert », et c’est la fin du monde, elle devient castratrice, tue-l’amour, égoïste, vraiment très coincée… Qu’elle dise « non » et ça y est, c’est clair, elle a un problème, alors que l’homme est « clean », il vient de faire le test du VIH et de prendre une douche, il est propre comme un sous-neuf, promis, et « allez, sois sympa, juste un petit coup! ».

Dans le fond, si je puis dire, je doute fortement que quiconque sache vraiment pourquoi placer du sperme dans un vagin semble si crucial au bonheur de l’humanité, surtout quand on ne veut pas d’enfant, et surtout à une époque ou le problème de la surpopulation mondiale devient quelque peu pressant.
Serait-ce pour le sport, peut-être, comme la chasse? Pour la beauté du geste? Pour sa haute technicité artistique, comme le triple boucle piqué en patinage artistique? Serait-ce parce qu’une société secrète verse à chaque homme 100 euros à chaque éjaculation ayant atteint le col d’un utérus?

Sans parler des hommes qui sont persuadés que plus c’est long, plus c’est bon, et qui refusent de vous croire quand vous commencez à protester parce que, « bon, ça finit par faire mal, là, et si on allait plutôt prendre un café, ce serait un peu plus distrayant, non!?! ».
Mais je m’égare.

Je crois qu’en matière de sexualité, nous faisons beaucoup de choses sans y penser, pour la simple raison que nous l’avons vu faire dans des films, à la valeur artistique plus ou moins douteuse, et parce que nous en sommes arrivés à la conclusion, à la croyance, que c’est donc ce qui se fait.
Alors on le fait. On y croit, dur comme fer, si je puis dire.
Et puis parfois, voir même assez souvent, c’est agréable, comme un bon petit verre de vin, ou comme une petite pointe de vitesse sur l’autoroute, alors on le refait, aussi souvent que possible.
On confond souvent plaisir avec « bon pour la santé ».
« Si j’en ai envie, c’est que c’est bon pour moi, quelque part, non? »
C’est le discours de l’ado de 15 ans pour justifier une envie de macdo et c’est aussi le discours de l’alcoolique qui s’ignore.
On ne sait jamais vraiment où se trouve ce « quelque part », un peu partout semble-t-il, et du coup il est là assez souvent, quelque part.
Il semble même que certains hommes, persuadés que les femmes sont d’éternelles malades que seul un pénis pourra guérir, pénètrent et éjaculent en parfaits bon samaritains de nature (si si). Cela pourrait venir de la théorie psychanalytique, selon laquelle la femme est un trou, un manque, un non-être, un quelque chose d’incomplet auquel il manquera toujours un phallus, la pauvre petite, la possession d’un phallus étant l’apanage exclusif des êtres de valeur. Cette « pauvre petite », il convient donc de la compléter aussi souvent que possible, par pur générosité d’âme, bien entendu. Le phallus, cet éternel couteau-suisse de l’arsenal thérapeutique psychanalytique. Pour le psychanalysé, un corps de femme, capable de fabriquer une vie en 9 mois puis de la nourrir pendant 6 mois à 2 ans en moyenne, c’est nul, ça ne vaut rien, par contre le phallus en action, voilà vraiment tout ce dont l’humanité à besoin, le seul truc qui ait une vraie valeur.

Ensuite, ce mêlent parfois à tout cela des discours plus ou moins ésotérico-spiritualistes sur les bienfaits énergético-spirituels de la pénétration sans capote, pénétration qui permettrait une meilleure connexion énergético-spirituelle entre les partenaires, ou quelque chose comme ça, les explications sont souvent assez floues.
Là, ce ne sont plus les bienfaits nutritionnels du sperme qui sont mis en avant mais ses bienfaits spirituels, si je puis dire.
Alors que, même en admettant que la pénétration d’un vagin par un pénis permettent de réaliser une sorte de mudra ultime…

Quelques exemples de mudras. Source: Australian Yoga Journal

Un mudra étant un geste ou une position qui permet de moduler la circulation de l’énergie du corps ainsi que l’état de conscience… Ce mudra « ultime » à deux corps (plutôt qu’à deux mains), ne devrait pas nécessiter de sperme pour « fonctionner », de la même façon que je n’ai aucun besoin d’avoir du sperme sur les mains pour que les mudra que je fais avec mes doigts puissent « fonctionner » et il s’agirait alors d’une pratique méditative, d’un travail spirituel, pas d’un truc qu’on fait vite fait pour le fun le samedi soir.
Si le sexe non-protégé a une quelconque utilité énergético-spirituelle, alors il devrait être pratiqué pour ainsi dire « religieusement », dans un cadre de pratique relativement strict, comme la pratique d’un art martial ou un peu comme la cérémonie du thé au Japon, il devrait être basé sur le plus parfait respect de la personne qu’on a en face de soi et sur une parfaite maîtrise de l’éjaculation.
Des techniques d’apprentissage de la rétention du sperme existent (en particulier dans le taoïsme)… Messieurs, si vous êtes motivés, bon courage! D’autant que la rétention, même atteinte, ne protégera toujours pas des maladies sexuellement transmissibles et certains diraient aussi qu’il suffit d’une toute petite goutte de sperme pour féconder un ovule…

Mais cette croyance que le sexe non-protégé est indispensable au bonheur énergético-spirituel de l’être humain reste avant tout une croyance. On en revient à une croyance religieuse. Il y a la croyance religieuse selon laquelle la masturbation est diabolique et il y a la croyance religieuse selon laquelle la pénétration vaginale sans capote est divine.
Le « devoir conjugal », le « 7ème ciel », tout ça tout ça… Au final, adeptes du tantrisme ou catho tradi, même combat.

Pourtant, personne n’a besoin de pénétration pour avoir un orgasme, pour aimer et être aimé, pour échanger tendresse, intimité, passion, fun, communication non-verbale peau-à-peau et plaisir avec un autre être humain adulte consentant.

Certains, mêmes certaines, me diront: « Oui mais c’est tellement bon! ».
Encore une fois, le plaisir peut-il tout justifier?
Parce qu’il y a un prix à payer, ce prix se nomme « effets secondaires des méthodes de contraception » (sans parler des effets secondaires d’une grossesse non désirée et d’une IVG encore moins désirée).

Les risques inhérents au sexe non-protégé sont nombreux et lourds de conséquences pour les deux partenaires en présence.

La réplique culte du Pr Malcolm, dans le film Jurassic Park.

– Aucun moyen de contraception n’est fiable à 100% (« la vie trouve toujours un chemin », voir plus bas le tableau de « l’indice de pearl » des moyens de contraceptions).
– Personne n’a besoin de pénétrer autrui/être pénétré par autrui pour avoir un orgasme. Savoir se masturber, c’est une compétence, c’est comme de savoir se faire à manger.
– Aucun moyen de contraception ne protège des maladies sexuellement transmissibles (même le préservatif n’est pas fiable à 100%) et les MST ne se résument pas qu’au VIH (mycoses, certaines co-infections de la maladie de Lyme, syphilis…).
– Les effets secondaires des méthodes de contraception subis par les femmes sont parfois lourds, voir invalidants, quand ils ne mènent pas carrément à la stérilité ou à la mort (non, je n’exagère pas): vaginite chronique, dépression, troubles cognitifs, hystérectomie, thrombose pouvant aller jusqu’au décès…
– La seule méthode de contraception « naturelle » qui existe est la symptothermie, ou méthode des indices combinés, ou Sensiplan (enseignée en école de médecine en Allemagne), qui implique pour la femme une excellente connaissance de son corps, de son cycle menstruel, et qui implique pendant la période de fertilité: soit des rapports protégés, soit de s’abstenir de pénétration vaginale. Cette méthode implique également de la part de l’homme d’avoir confiance en sa compagne et en sa capacité à se connaître elle-même. Et au cas où cette méthode de contraception viendrait à faillir (comme toute autre peut faillir), elle implique une solide confiance, de la part des partenaires, en leur capacité à assumer ensemble les conséquences de leurs actes pour les 50 ans à venir environ (puisqu’on reste parent jusqu’à notre mort).
– Cerise sur le gâteau: les hommes, parait-il, peuvent avoir un orgasme sans éjaculer. Alors, comme disent les British, « What the fuck?! » (traduction: « C’est quoi ce bordel?!) »? Pourquoi serait-ce uniquement aux femmes d’assumer la contraception et ses dangers, alors qu’en toute bonne logique, ce serait d’abord aux hommes de s’occuper du problème en amont, en apprenant à maîtriser leur éjaculation?
Si les hommes ont parfois un besoin physiologique d’éjaculer, il y a beaucoup d’endroits où ils peuvent le faire, ailleurs que dans le corps d’un autre être vivant.

Source: https://www.segoleine-audrain.fr/sensiplan/

Bien plus que de sperme, ce dont les femmes ont besoin avant tout, c’est que leur fertilité cesse d’être traitée comme une maladie.
Le ventre de la femme est le lieu de conception du truc le plus précieux qui soit sur cette planète: la vie. Ce ventre mérite le plus haut respect. On ne devrait lui faire courir aucun risque, jamais. Lui faire courir le moindre petit risque juste pour du « plaisir », c’est un peu comme de verser un bidon de glyphosate sur une touffe d’herbe, qu’on aurait pu arracher à la main, parce qu’on avait la flemme de se baisser, c’est comme de créer des centrales nucléaires pour éclairer des magasins la nuit, quand il n’y a personne dans les rues.
Avez-vous lu les listes des effets adverses qui figurent sur les notices des diverses méthodes de contraception? Avez-vous pris la peine d’écouter les femmes qui font part des effets secondaires qu’elles ont eu à en subir, ou bien avez-vous fait comme la plupart des médecins, en leur rétorquant: « C’est dans ta tête ma petite dame, va voir un psy! ».

Tout ces problèmes de santé, parfois graves, qui peuvent entraîner jusqu’au décès de la femme, tout ça pour le plaisir??
Le plaisir de qui, exactement?
Quand on est une jeune femme « moderne » pleine d’énergie, on répondra à cette question: « Pourquoi tout ça? Mais pour mon plaisir, pardi! c’est ma liberté d’avoir autant de sperme que je veux dans mon vagin parce que le sexe non-protégé, c’est ce qu’il y a de plus fun et de plus agréable et de moins prise de tête, j’adore ça, alors mon utérus, mon système hormonal et ma flore vaginale peuvent allez se faire voir, je prendrai autant de pilules qu’il me chante! ».
C’est le refrain classique de l’individualisme capitaliste qui estime que tout dans la nature (y compris son propre corps) doit être à son service, et qu’il peut en disposer à son aise, tant que c’est bon pour son petit plaisir ou son petit confort personnel du moment. Les conséquences à long terme, on s’en fout.
Et quelques années plus tard, après, 1, 2, 10 ou 20 ans de pilule, d’hormones de synthèse ou de stérilet, vous retrouvez ces femmes en train de se battre avec des problèmes d’infertilité, d’intoxication au cuivre, d’inflammation vaginale chronique, de préménopause qui arrive beaucoup trop tôt, etc… Quand il ne faut pas carrément leur enlever l’utérus parce que leur stérilet a malencontreusement migré au mauvais endroit ou parce que leur implant contraceptif cause des douleurs et qu’il n’est pas conçu pour pouvoir être explanté, quand toutes ces problématiques ne sont pas simplement « psychiatrisées », « psychosomatisées » pendant des années, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que, oups, non, finalement, ce n’était pas « dans leur tête », du tout.

A l’heure actuelle, à l’aube de mes 42 ans, avec tout mon bagage de connaissances en physiologie, j’en arrive à me demander si cette obsession de la sexualité, de la pénétration, du sexe non-protégé, ne serait pas un gros trouble obsessionnel compulsif à l’échelle planétaire.
Beaucoup de gens associent libido débridée et bonne santé. Pour moi désormais, je vois d’avantage ce type de libido hyperactive comme l’appétit déréglé d’une personne souffrant de boulimie ou d’hyperphagie. Un appétit débridé qui nous mène à manger tant et tant que notre santé en est compromise, eh bien ce n’est pas du tout un signe de bonne santé. Une libido si débridée qu’elle va jusqu’à mettre notre vie en danger, que ce soit à l’échelle individuelle ou planétaire (surpopulation), plus j’y réfléchis, plus je me dis qu’il y a un truc qui cloche.
Nos « appétits », nos « ressentis » nos envies peuvent être dénaturés et déréglés par de nombreuses choses. Une carence en zinc pourra avoir pour conséquence une hypochlorhydrie, qui pourra se traduire par un dégoût de la viande, dégoût que nous serons susceptible d’interpréter comme une absence de besoin de viande.
– Oh! Je n’ai pas envie de viande, donc je suis donc vegan de nature, en vrai?
– Non, en vrai, tu es juste mal nourri: tu manques de zinc, tes intestins sont inflammatoires, ton estomac ne sécrète pas assez d’acide chlorhydrique, tu as des problèmes d’assimilation!!
Actuellement, ce que j’estime être une libido saine, c’est un mélange de désir et de maîtrise. Une libido puissante ne devrait pas être difficile à maîtriser, puisqu’elle plongerait justement ses racines dans une forte vitalité, et ne pourrait s’accompagner que d’une puissante « force de caractère », qui devrait nous permettre de faire nos choix tranquillement en toute conscience, sans céder à aucune pression sociale, familiale, ou amoureuse.
A vrai dire, une libido saine ne devrait même pas nécessiter de maîtrise puisqu’elle serait avant tout calme, à la fois vivante et tranquille, non obsessionnelle, de la même façon qu’un maître d’art martiaux ne court pas dans tous les sens en quête d’ennemis à combattre.
Et pour les fans d’énergétique, quelque chose me dit que des envies de sexe débridées pourrait aussi être une façon de se « sustenter » sur le plan « énergétique », quand on a un mode de vie qui nous « pompe » beaucoup d’énergie par ailleurs: manque de lumière naturelle, surexposition aux lumières artificielles (écrans et autres), surexposition aux pollutions électromagnétiques en tous genres (wifi, smartphone, bluetooth…), manque de connexion à la terre (mise à la terre sur le plan électrique sur un vrai sol naturel), manque d’air pur, manque de nature généralisé, stress chronique sur le plan relationnel, professionnel, financier…, manque d’aliments de qualité (manque d’aliments locaux et de saison, manque de micro-nutriments essentiels…), manque de relations humaines enrichissantes sur le plan intellectuel, affectif et spirituel, vide spirituel… La « malbouffe sexuelle » ou la « boulimie » sexuelle seraient alors des tentatives de combler des manques dont on n’aurait parfois même pas conscience… Le sexe du partenaire serait en quelque sorte un « doudou » face aux stress multiples de nos modes de vie modernes complètement désaxés.
Cultiver la conscience, comme un jardin toujours plus grand, fertile et florissant serait alors autrement plus nourrissant que de s’en remettre au macdo!

Bref, il y a encore bien des choses que je peux questionner, mais quelques unes dont je suis sûre.
Ce dont je suis sûre, c’est qu’avoir un pénis et du sperme dans mon vagin, c’est risquer de compromettre ma santé.
Ce dont je suis sûre, c’est que j’ai d’avantage besoin d’être en bonne santé que d’avoir un pénis et du sperme dans mon vagin.
Ce dont je suis sûre c’est que j’ai besoin d’amour, de tendresse, de contact peau à peau avec d’autres êtres humains, de passion à l’occasion, et peut-être même de faire des « mudras à deux corps » de temps en temps, mais pas à n’importe quel prix.
J’ai aussi besoin que les hommes cessent de faire passer leur plaisir avant la santé des femmes, qu’ils s’informent sur la contraception, qu’ils ne tombent pas des nues quand on leur apprend que la pilule n’est pas fiable à 100% (oui, même quand elles est utilisée correctement), et qu’ils prennent leur responsabilité, soit en ne pratiquant la pénétration vaginale qu’avec des femmes ménopausées, soit en optant pour la vasectomie s’ils sont sûrs de ne pas ou de ne plus vouloir d’enfants.
J’ai aussi besoin que la médecins occidentaux se dépsychanalysent et qu’ils cessent de se croire omnipotents: qu’ils cessent de considérer la femme comme une éternelle malade, malade d’être fertile, malade de ne pas avoir de pénis. J’ai besoin qu’on cesse de croire que notre médecine est omnipotente, qu’on cesse de la croire infaillible et qu’on écoute enfin celles et ceux qui ont eu à en subir les conséquences.

 

Ref.:

https://symptothermie.com/
https://sympto.org
https://www.segoleine-audrain.fr/sensiplan/
https://www.lepoint.fr/dossiers/sante/pilule-attention-danger/
https://www.huffingtonpost.fr/2013/03/26/la-pilule-provoque-2500-accidents-20-deces-par-an-france-agence-du-medicament_n_2953634.html
https://coppertoxic.com/
https://www.westonaprice.org/health-topics/modern-diseases/copper-zinc-imbalance-unrecognized-consequence-of-plant-based-diets-and-a-contributor-to-chronic-fatigue/
http://www.malterinstitute.org/pdf/Copper_Toxicity_01a.pdf
http://affection.org/sante/asvc/www.igc.apc.org/avsc/french/diseases/fdprev.html
http://naturallynicole.com/copper-iud-not-safe-choice-birth-control/
https://www.gblawyers.com/paragard-iud-lawsuit/
https://www.jackkruse.com/

 

 

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Fatigue chronique, causes / solutions de base

Parfois, je fais des vidéos:

Description et liens:

Une sorte d’intro à la fatigue chronique, aux causes et solutions de bases. Il y a plusieurs façon d’aborder la fatigue chronique, appelée aussi parfois fatigue surrénalienne, plusieurs façon de l’expliquer, d’y remédier, j’essaye d’aller à l’essentiel, mon essentiel, tout du moins. Certains me diront « oh la la, tu ne parles même pas du repos!!! », mais si on se repose sur un matelas synthétique, on n’a pas fini d’avoir besoin de se reposer!!!

Quelques liens:

Association Non au mercure dentaire
Site du Dr Dieuzaide
Mes deux articles sur la chélation (protocole Cutler):
Le protocole de chélation Cutler – les bases
Les dangers de la chélation
Chaussures qui permettent la connexion à la terre: Connexion à la terre – Chaussures – EHS
Des vêtements en matière naturelles
Idées pour une literie en matériaux naturels: Sommeil au naturel, à la terre
Bonus: un site sur la toxicité au cuivre (dangers de la contraception et du végétalisme): https://coppertoxic.com/
Un article sur les inconvénients du végétalisme: Interview du Dr Chris Masterjohn

J’arrête la « naturo »!

Je pars m’installer dans le Morvan, près d’Autun.

J’ai une vieille ferme à « mettre en route », du bois à faire rentrer pour l’hiver, des ronces à estourbir, une cuisinière à bois dont je dois essayer d’évaluer le rendement, des artisans à contacter, des fenêtres à changer…

Je ne renouvelle pas mon assurance pro à la fin du mois (septembre 2018). Je dois garder les sous pour la plomberie, les fenêtres…
Douée comme je le suis en administratif, je ne sais même pas si j’ai le droit de pratiquer la naturo sans assurance pro!!!
Je garde mon statut d’autoentrepreneur (en dormance) pour le moment mais je ne ferai plus de consultation.
Je suis OK pour faire du « conseil d’ami » donc si vous avez des questions, je veux bien essayer d’y répondre, à titre perso, au titre de citoyenne passionnée par la santé au naturel.
Je suis aussi OK pour du troc de service, du troc de conseil… (si vous savez si c’est légal de pratiquer la naturo sans assurance pro??)… N’hésitez pas à me contacter, d’autant plus si vous pouvez passer me voir près d’Autun ou si vous habitez près d’Autun!!!!

carolinevigneron@hotmail.fr

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La neurodiversité est morte. Et maintenant ?

Traduction d’un article de Twilah Hiari, publié sur Mad In America, le 8 avril 2018: « Neurodiversity is dead. Now what? ».

Twilah Hiari est une blogueuse américaine de 42 ans qui se présente comme quelqu’un qui vit « avec le syndrome d’activation mastocytaire, le syndrome d’Ehler-Danlos, l’autisme et quelques autres troubles rigolos. »

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« J’ai tendance à apprécier les personnes autistes, mais je hais la pensée de groupe (1) autistique. J’ai été réprimandée, bannie, et empêchée d’accéder à des lieux de discussion réservés aux autistes sur le net à cause de mes écrits sur l’autisme. Le harcèlement que j’ai vécu dans des lieux de discussions réservés aux autistes rivalise avec – ou surpasse, celui que j’ai expérimenté dans des écoles ou des lieux de travail dominés par des personnes neurotypiques.

Le mouvement de la neurodiversité est habituellement défini comme un mouvement de promotion de l’idée que l’autisme, autant que les autres conditions neuropsychiatriques et neurodéveloppementales telles que la dyslexie et la dyscalculie, sont des variantes normales qui ont toujours existé parmi les êtres humains. Mais les partisans de la neurodiversité ne se contentent pas de faire cette allégation, ils réclament que ces différences soient acceptées telles quelles par la société plutôt que d’être sujettes à des traitements médicaux ou thérapeutiques.

En réalité, le mouvement de la neurodiversité est une campagne de relations publiques qui met l’accent sur les nombreuses qualités de certaines formes d’autisme – la créativité, une tolérance accrue à la répétition, une empathie accrue, une capacité supérieure à la moyenne à maîtriser certains sujets spécifiques, et une mémoire exceptionnelle – tout en effaçant ou en minimisant les expériences des autistes qui sont sévèrement handicapés. Le mouvement de la neurodiversité illustre parfaitement la pensée de groupe. Examinons six des problèmes de cette pensée de groupe de la neurodiversité qui vont tuer la neurodiversité.

1 – Une identité de groupe se construit par opposition à ceux qui ont des opinions différentes des vôtres. Cela signifie que les valeurs et les comportements doivent avoir des limites déterminées, et que ceux qui dépassent ces limites doivent être exclus du groupe. J’ai vu le mouvement de la neurodivsersité grandir en nombre et rétrécir en vision, étriqué dans un cadre oppressif de fausses croyances et par une soif de censure et d’exclusion.

Le cercle intérieur est composé des « bons » autistes, ceux qui marchent au rythme des directives de la neurodiversité. Ils donnent bonne allure à la condition et font la promotion de l’autisme en tant que façon de pensée différente. Le cercle extérieur ? Ce sont les « méchants », comme l’ancien ingénieur de Google, James Damore. D’après les articles que j’ai pu lire, il semble que toute possibilité de devenir membre du cercle intérieur des bons autistes lui ait été refusée parce qu’il a affirmé que les hommes et les femmes ont des capacités différentes parce qu’ils ont des différences biologiques. Ce qui est identifié comme de la misogynie lui interdit le statut de bon autiste. Le blogger et auteur autiste Jonathan Mitchell ? Expulsé du cercle intérieur parce qu’il est est pour la recherche d’un traitement de l’autisme. L’ironie de cette étroitesse de marge de manœuvre, fixée par un groupe marginalisé, serait drôle si elle n’était pas aussi tragique.

2 – Une des pierres angulaires du mouvement de la neurodiversité est l’affirmation que l’autisme est une condition purement génétique. Cette position n’est plus tenable face aux analyses statistiques et épidémiologiques.

« C’est comme si un interrupteur avait été actionné ». Ce sont les mots de mon médecin traitant pour décrire mon expérience de régression du syndrome d’Asperger à un autisme « de bas niveau » de niveau 3, à l’âge de 38 ans. En 2014, horrifiée et perplexe, elle a observé une longue série de réactions adverses à des médicaments me voler ma capacité à parler, à lire, à écrire, faire grimper en flèche ma sensibilité au bruit, et détruire les quelques habiletés sociales que j’avais gagnées durant les décennies précédentes. Pendant un long moment, j’ai dû arrêter de conduire et même de marcher seule, parce qu’après que mon cerveau ait changé, je me perdais dans le quartier où je vivais depuis 8 ans. Ma génétique n’avait pas changé. Ce qui avait changé, c’était mon exposition à des substances que mon corps ne pouvait pas métaboliser. Mon cerveau, mon système immunitaire et mon microbiome avaient été modifiés.

Mais je ne m’appuie pas seulement sur mon expérience personnelle pour conclure que l’autisme n’est pas seulement génétique. Quiconque a quelques notions de bases en médecine sait qu’aucun trouble monogénique connu, causé par des mutations d’une séquence d’un gêne unique, ne se manifeste de façon aussi variable que l’autisme. La recherche a été toute aussi incapable de lier clairement l’autisme a des origines polygéniques.

Je suis quelque peu accro aux webinaires de médecine et j’ai récemment apprécié une présentation de Craig Newschaffer, PhD, directeur du A.J. Drexel Autism Institute. Le webinaire, titré « Quatre choses à savoir sur les risques environnementaux de l’autisme », a conforté l’évidence. L’autisme est un trouble qui résulte de l’interaction entre des susceptibilités génétiques et des facteurs environnementaux. Ce n’est pas un sujet de débat. C’est un fait épidémiologique. Quels gênes et quels facteurs environnementaux, cela reste à l’étude.

3 – Une autre croyance fondatrice du mouvement de la neurodiversité, largement basée sur les écrits erronés de Steve Silberman, est que la prévalence de l’autisme a toujours été la même qu’aujourd’hui. Ce n’est clairement pas le cas. Dans Neurotribes, Silberman commet une erreur cruciale. Il combine la condition du Syndrome d’Asperger avec l’autisme. Silberman parvient à démontrer que le syndrome d’Asperger est une composante de l’humanité, tout du moins dans le monde Occidental, depuis très longtemps. Bien que les auteurs du DSM 5 les aient fondues en une seule condition, le syndrome d’Asperger d’une part – grosso modo l’autisme de niveau 1, et l’autisme de niveau 2 et 3 d’autre part, sont deux conditions différentes. La recherche a montré qu’il existe des différences au niveau de la connectivité des cerveaux des personnes avec ce qui était jadis appelé le syndrome d’Aspereger et les personnes autistes. Le syndrome d’Asperger existe depuis un certain temps. Il n’est pas forcément négatif ou handicapant. L’autisme, eh bien, c’est différent.

Ni un meilleur taux de diagnostic ni l’historique de l’institutionnalisation des autistes ne peut expliquer l’augmentation de la prévalence de l’autisme. Une étude du UC Davis montre une augmentation de 600-700% de cette prévalence entre 1990 et 2006. En 1975, il y avait 193 436 personnes dans les hôpitaux psychiatriques publics aux Etats-Unis (2). La population des Etats-Unis en 1975 était de 216 millions . Dans son webinaire, le Dr Newschaffer que la prévalence actuelle de l’autisme est actuellement de 1,5%. In 1975 cela aurait correspondu à 3.240.000 d’américains autistes. Mais entre 1975 et 1984, la prévalence de l’autisme n’était que de 4 pour 10.000 personnes. Je sais que des autistes n’étaient pas diagnostiqués dans les années 1970 et 80. Je suis née en 1975, je suis l’une d’entre eux – mais qu’il y ait plus de 3 millions de diagnostics manqués ou erronés, ainsi qu’aucune information concernant 3 millions de personnes présentant des comportements autistiques ? Je ne pense pas.

4 – Un autre problème avec le mouvement de la neurodiversité est son insistance à utiliser la dénomination « autiste » plutôt que la formulation « personne avec autisme » (3). Cela mène à demander à ce que les personnes avec autisme soient appelées « autistes », plutôt que, eh bien, des « personnes avec autisme ». La raison derrière cela est que, puisqu’il s’agit d’une condition qui affecte la neurologie d’une personne, l’autisme est vu comme une qualité première et durable qui façonne toute la façon d’expérimenter le monde. On ne porte pas l’autisme avec soi, l’autisme imprègne toute notre vie. J’ai tendance à utiliser le mot « autiste », parce que c’est moins lourd, plus succinct que « personne avec autisme ». Mon choix de langage n’est pas un acte politique.

On ne voit pas ce genre de sur-identification dans les autres conditions neurologiques. Les personnes avec la sclérose en plaque, l’épilepsie, ou Alzheimer ne s’impliquent pas dans des débats fastidieux sur la façon de se qualifier. Alors que la sclérose en plaque ou la maladie d’Alzheimer sont considérées comme très négatives,
certaines personnes épileptiques relatent des expériences spirituelles très intenses qui peuvent être interprétées comme positives, donc la campagne sur le thème de la dénomination ne repose pas uniquement sur les talents et limitations d’une conditions. Il y a quelque chose d’autre à l’œuvre et je pense que ce quelque chose d’autre est la vision trompeuse de l’autisme en tant que condition inévitable et exclusivement génétique.

Une fois que nous nous sommes acclimaté au fait que l’autisme n’est pas inévitable ou exclusivement génétique, une fois que nous l’avons assimilé, nous pouvons cesser de nous sur-identifier à lui. Cette sur-identification pose des frontières et des limites qui ne sont pas utiles. Si quelque chose est vu comme inévitable, il s’en suit que cela ne peut être modifié. Je suis parvenue à un niveau énorme de guérison depuis ma régression d’il y a quatre ans et je suis convaincue qu’avec d’avantage de temps, de soutien nutritionnel, de compléments alimentaires anti-inflammatoires, et un meilleur rétablissement de mon microbiome, je peux revenir à mon niveau de fonctionnement de base.

5 – « Mais si tu enlèves mon autisme, je ne serai plus moi ! », clament les partisans de la neurodiversité. Je leur réponds : « Oui, en effet, et non pas du tout et tout ça est ok ». Chaque être humain sur cette planète n’est ni plus ni moins qu’une collection de causes et de conditions. A chaque instant, ces causes et conditions aboutissent à certaines manifestations, pensées, comportements et expériences. Nous n’avons pas de « Moi » inhérent, indépendant, immuable en tant que tel. S’accrocher au concept erroné de l’existence inhérente du « moi », particulièrement si certains aspects de ce « moi » peuvent être blessants pour autrui ou causer des divisions entre les gens, est très destructeur.

6 – Le mouvement de la neurodiversité est au mieux culturellement biaisé, au pire raciste. Il est maintenant bien connu que l’autisme n’existait pas dans les communautés somaliennes jusqu’à ce que les somaliens émigrent dans les pays occidentaux. Il n’existe aucun mot en somalien pour dire « autisme ». Une étude montre un risque accru de recevoir un diagnostic d’autisme, et un risque accru d’avoir en comorbidité une déficience intellectuelle (appelé « retard mental » dans l’étude), parmi les enfants nés de mères américaines de couleur, ou étrangères, en comparaison avec des enfants nés de mères américaines blanches.

La façon dont se présente l’autisme parmi les communautés somaliennes et autres communautés de couleur sont habituellement plus handicapantes que les formes d’autisme trouvées parmi les communautés blanches. Je me suis souvent demandé à quel point mes origines africaines ont joué dans ma régression. Pourtant, je me suis faite attaquer par des partisans blancs de la neurodiversité simplement pour avoir suggéré que l’autisme peut varier en sévérité. Ils tiennent une posture quasi narcissique qui présume que toutes les expériences de l’autisme sont similaires à leur expérience de l’autisme. Cela ajoute de l’huile sur le feu aux dynamiques agressives de la pensée de groupe autistique.

J’ai lu des blogs d’autistes Asperger blancs qui affirment que la surcharge sensorielle est la seule cause d’effondrements (4) et d’auto-mutilation. J’ai des résultats d’analyses de laboratoire qui démontrent que j’ai vécu avec des degrés élevés d’inflammation et de stress oxydatif. Je sais que les effondrements et l’auto-mutilation peuvent être causés par des modifications cérébrales, même en l’absence de surstimulation. Lorsque les cytokines pro-inflammatoires sont activées dans mon cerveau, je peux être assise dans la paix et le silence et me sentir pourtant contrainte de me frapper la tête pour contrecarrer la douleur et la pression à l’intérieur de mon crâne.

Les partisans de la neurodiversité répondent à mon histoire avec l’une de ses options : 1.Me supprimer de la discussion en affirmant que des autistes comme moi n’existent pas. 2.Me dire que je vis quelque chose d’autre que de l’autisme. 3. Me dire que j’ai encore besoin de faire un travail d’acceptation pour m’accepter telle que je suis et que je ne dois rien faire pour guérir ce qui est clairement un cycle de mort cellulaire dans mon cerveau.

Ne vous en déplaise, personne dans le mouvement de la neurodiversité ne paye mes factures et personne d’autre que moi ne gère mes relations interpersonnelles brisées. Pourtant, ces autistes qui ne me connaissent pas, sur internet, se sentent le droit de me juger et de condamner mes efforts pour me guérir de cette condition profondément handicapante. Il est intéressant de comparer les normes et valeurs de la communauté autistiques avec les normes et valeurs d’autres communautés.

Dans les communautés de sourds, il est parfaitement acceptable que des adultes choisissent d’avoir des implants cochléaires ou des aides auditives. Il est aussi acceptable pour des personnes sourdes de rejeter ces appareils et de s’en remettre entièrement à la langue des signes. Les partisans de la neurodiversité n’offrent pas une latitude similaire aux adultes, pour qu’ils puissent choisir en toute autonomie comment ils souhaitent vivre leur autisme, s’ils veulent le vivre. La pensée de groupe règne.

Qu’est-ce qu’un mouvement doit faire lorsque ses fondations s’effondrent ? Est-ce que sur les t-shirts, représentant le cerveau arc-en-ciel de la neurodiversité, le texte va changer ? Est-ce qu’on va passer de « Célébrez la neurodiversité » à « Les neurotoxines, c’est super » ? Je vais arrêter d’être facétieuse pendant un moment et dire qu’il est temps pour nous, les autistes diagnostiqués, de faire les comptes. Nous devons accepter le fait que nous sommes les canaris dans la mine (5). Nos corps et nos cerveaux reflètent les conséquences humaines de la vie dans un monde toxique.

Le cerveau humain est si complexe que parfois il peut supporter une grande quantité de modifications environnementales et continuer à assurer la plupart de ses tâches essentielles. Certaines modifications du cerveau améliorent son fonctionnement, le dotent de certains dons, souvent de nature artistique ou mathématique. Ceux qui défendent la neurodiversité s’appuient sur ce fait pour promouvoir leur opinion.

Mais nous devons reconnaître que tous les cerveaux modifiés par l’environnement ne le sont pas en bien. Certains d’entre nous sont incapables d’effectuer les tâches essentielles d’une vie autonome. Certains d’entre nous sont enfermé dans un cercle vicieux de maladie et d’auto-mutilation, ils mordent les gens ou commettent d’autres types de violence sur autrui.

Je propose que les personnes autistes dépassent la pensée de groupe tyrannique. Nous devrions trouver un équilibre entre, d’une part la promotion de nos dons, de nos talents et d’autre part une franche acceptation de nos challenges causés par l’environnement. Nous devrions faire place à de plus larges perspectives. Nous devrions soutenir d’avantage la recherche sur les facteurs de risques environnementaux de l’autisme de façon à ce que les formes les plus handicapantes de l’autisme puissent être évitées. Nous devrions aussi soutenir la recherche de méthodes pour guérir les plus handicapés d’entre nous, ou pour quiconque parmi nous choisi la guérison. Nous devrions œuvrer à l’unité plutôt qu’à la division avec le reste de l’humanité, en mettant l’emphase sur notre humanité plutôt que sur notre autisme.

Nous sommes magnifiques, nous sommes complexes, nous méritons d’être aimés, et nous avons droit à l’intégration au sein de nos communautés, dans le monde du travail. Nous devons avancer en maintenant notre engagement pour la vérité et un dévouement pour notre bien-être et pour le bien-être de ceux avec qui nous interagissons. En accueillant la vérité, nous accueillons l’épanouissement, la maturité et l’harmonie. »

 

(1) : Pensée de groupe : concept sociologique plutôt péjoratif inventé par William H. Whyte, approfondis par I. Janis, qui en donna cette définition : « Un mode de pensée dont les gens usent lorsqu’ils sont profondément impliqués dans un groupe uni, quand le désir d’unanimité des membres outrepasse leur motivation à juger réalistement des solutions alternatives. »
(2) : https://www.madinamerica.com/2018/04/neurodiversity-dead-now-what/#fn-155254-1
(3) : « identity first language » plutôt que « person first language » – j’ignore comment traduire ces termes de façon « élégante » !! – à ma connaissance il n’existe aucun terme français équivalent – éventuellement on pourrait peut-être dire « la formulation identité-en priorité» plutôt que « la formulation personne-en priorité» ??? – ndlt.
(4) : « meltdowns ».
(5) : Ndlt : pour plus d’information sur la théorie du « canaris dans la mine », voir par exemple la publication de Olav Albert Christophersen (2012) « Should autism be considered a canary bird telling that Homo sapiensmay be on its way to extinction? », Microbial Ecology in Health and Disease, 23:1, DOI: 10.3402/mehd.v23i0.19008

 

Traiter la dépression, cultiver la joie de vivre

Pour traiter la dépression par des moyens naturels, je regroupe ici quelques conseils de base (et quelques références de base).
La dépression est ici considérée comme une  neuroinflammation, non comme une pathologie « psychiatrique ».
Quand vous avez une grippe carabinée, que vous ne voulez voir personne, que la lumière vous fait mal aux yeux, que tout ce que vous voulez c’est dormir et rester couché dans le noir, on n’appelle pas ça une dépression majeure, n’est-ce pas? Les symptômes cognitifs et « émotionnels/psy » de la grippe ressemblent à ceux de la dépression parce que, dans les deux cas, il y a « suractivation » du système immunitaire, avec présence d’une neurofinflammation.
Les conseils donnés ici sont globalement anti-inflammatoires (ils peuvent donc contribuer à traiter d’autres formes d’inflammation).
Les publications, articles et livres faisant référence aux liens entre dépression et inflammation sont très nombreux. Exemple dans Science & Avenir: Qui dit dépression, dit inflammation du cerveau ; dans Nature: Depression: the radical theory linking it to inflammation,…

1° Nutrition:
Pendant au moins 3 mois, tester un régime d’éviction du gluten, comportant autant d’aliments bio que possible.
Pour être sûr de bien faire les choses, viser une alimentation « sans céréales », et plus globalement une alimentation de type « paléo », avec aussi peu que possible d’aliments industriels.
On trouve des substances potentiellement pro-inflammatoires dans toutes les céréales (gluten, inhibiteurs d’alpha-amylase et de trypsine, lectines…).
Un régime d’éviction d’une semaine ou d’un mois seulement, ou bien un régime d’éviction fait « à moitié » (sans blé mais avec plein de maïs et d’avoine) est susceptible d’échouer à apporter une quelconque amélioration.
Pour manger à sa faim, il convient d’augmenter la consommation de fruits, de légumes, et de graisses de qualité (huile d’olive, de coco, de colza, toujours bio et de première pression à froid).
Eviter toutes les céréales (à l’exception d’un peu de riz): blé, orge, seigle, maïs, avoine, épeautre, petit-épeautre, kamut…
Eviter les laitages (à l’exception du beurre, de préférence bio et/ou au lait cru, et d’un peu de fromage de chèvre, de préférence bio au lait cru). En cas de maladie auto-immune = aucun laitage!
On remplace les calories des céréales par les calories des légumes et des graisses.
Eviter les légumineuses (soja, haricot rouge ou blanc, lentilles…), les fruits à coque (noix de cajou, noisettes, amandes…), qui contiennent aussi des « anti-nutriments » potentiellement pro-inflammatoires.
Remplacer les céréales par du sarrasin (en flocons, en farine, en craquottes…), des tubercules (pomme de terre, patate douce, betterave…)…
Maintenir une consommation raisonnable de viande de qualité.
Attention aux « sensibilités » et « intolérances » personnelles: certaines personnes ne tolèrent pas le riz et/ou le sarrasin et/ou les oeufs…
Ce ne sont pas les graisses qui font grossir mais l’insuline (hormone de stockage), qui est sécrétée lorsqu’on consomme des aliments à index glycémique élevé (aliments très transformés, très raffinés, riches en sucre, en lactose…:  pâtes, pain, glace, fast food, pâtisseries, soda, alcool…). Avoir une alimentation riche en graisses de qualité et relativement pauvre en glucides ne fera donc PAS grossir!!
Une telle alimentation « paléo » sans gluten n’est PAS dangereuse, elle est au contraire très saine!
Bibliogrpahie: Paléo Nutrition (Julien Venesson), Gluten Freedom (Pr Alessio Fasano), Ces glucides qui menacent notre cerveau & L’intestin au secours du cerveau (Dr Perlumtter), The Autism Revolution (Dr Martha Herbert), Gluten sensitivity presenting as neuropsychiatric disorder; Fondation québecoise de la maladie coeliaque et des autres maladies induites par le gluten

2° Contraception, pour les femmes:
Quasi toutes les méthodes de contraception, à l’exception du préservatif (masculin ou féminin) sont susceptibles d’avoir des effets pro-inflammatoires (avec perturbation de l’humeur, du comportement, fatigue…).
Le corps cherchera toujours plus ou moins à se débarrasser d’un corps étranger qui perturbe son fonctionnement et il générera pour cela une inflammation pour tenter d’évacuer l’éléments perturbateur et pour tenter de « nettoyer » la zone (l’inflammation peut être « de bas grade » et passer inaperçue).
Les dispositifs médicaux contraceptifs peuvent perturber le corps sur le plan biochimique (hormones de synthèse qui « surchargent » le foie, inflammation générée par le stérilet, perturbation de l’équilibre zinc-cuivre avec le stérilet en cuivre…).
Ils peuvent aussi perturber le corps sur le plan bioélectromagnétique: le corps est un ensemble de tissus plus ou moins conducteurs sur le plan électrique et la présence permanente d’éléments plastique (implants, stérilets…), qui sont des isolants électriques, de même que la présence d’éléments métalliques (conducteurs électriques), peuvent perturber  la circulation des flux électriques (influx nerveux).
Une méthode de contraception naturelle moderne, efficace lorsqu’elle est bien appliquée, c’est la symptothermie.
Quelques références: Copper Toxicity ; article sur le blog du Dr Bérengère Arnal, gynécologue: J’arrête la pilule ; Un article sur le lien entre pilule contraceptive et dépression …

3° Hygiène dentaire:
Les amalgames dentaires au mercure sont une source majeure d’intoxication aux métaux lourds. Tout élément « toxique » dans le corps est susceptible d’avoir des effets pro-inflammatoires. Certaines personnes éliminent ce genre de toxiques moins bien que la moyenne et les supporteront mal à court, moyen ou long terme (risque d’intoxication chronique). Les métaux lourds sont neurotoxiques. Ils peuvent fortement nuire à la santé cognitive!
Les métaux en bouche (amalgames, implants, couronnes…) peuvent générer un phénomène d’électrogalvanisme, autrement dit générer de l’électricité en bouche (phénomène mesurable!), ce qui entraîne, entre autre, une érosion des matériaux et une intoxication lente.
En cas de dépression (ou de toute autre pathologie neuro/psy), l’état de la bouche devrait être une des premières choses à évaluer et l’on devrait viser à l’assainir autant que possible, la rendre « hypotoxique », en s’adressant à un dentiste conscient de la nocivité des amalgames au mercure (la dépose des amalgames doit se faire de façon sécurisée, voir le site de l’association Non Au Mercure Dentaire). Une dépose d’amalgames faites sans précaution peut causer une intoxication sérieuse.
Quelques références: Association Non au mercure dentaire; site du Dr Dieuzaide ; sur le site du chirurgien-dentiste Thierry Meyer, l’article Pour une bouche sans métal ; Interview du Dr Catherine Rossi: « Energétique dentaire » ; sur le site du chirurgien-dentiste Frédéric Laborde, l’article « L’amalgame dentaire » ; sur le site ehs-mcs, l’article « Dépose des amalgames » …

4° Hygiène électromagnétique:
J’ai longtemps été très sceptique vis à vis de la question de l’électrohypersensibilité. Le premier danger en la matière c’est justement le déni! On croit qu’on ne peut pas être affecté par « ces choses là », qu’on est « au-dessus » de ça, que les histoires d’électrosensibilité, c’est de l’ésotérisme, un truc de loufoque…
Alors que la vie est un phénomène bioélectromagnétique. C’est une des propriétés intrinsèque de l’être vivant: être vivant, c’est être électrosensible, puisque la vie « fonctionne » à l’électricité et que le corps fonctionne à la fois comme une antenne et une dynamo.
La fatigue cognitive, les troubles de l’attention et de la mémoire, une fatigue persistante, chronique et « inexpliquée » sont des symptômes fréquents d’électrohypersensibilité.
Champs électromagnétiques:
Il est important d’éviter autant que possible tout ce qui est technologie sans fil (wifi, smartphone, bluetooth, antennes relais, téléphone sans fil…). Garder les ordinateurs, les tablettes et les téléphones portables en mode « avion » ou « hors-ligne » la plupart du temps, ne se servir du téléphone portable et de la « tablette » qu’en cas de nécessité (pas pour les loisirs!!!). Pour internet, utiliser un ordinateur connecté par câble ethernet à la box et bien désactiver le wifi sur la box ET sur l’ordinateur.
Eviter autant que possible les lieux publics avec wifi gratuit (gares, train, restaurants, bibliothèques…).
Passer du temps en pleine nature, dans des lieux peu pollués sur le plan électromagnétique. En ville, les parcs et jardins arborés peu fréquentés, ainsi que les vieilles églises désertes aux murs très épais font de bons lieux de « répis ».
Dans les logements, attention aussi à l’électricité: éloigner autant que possible le lit des câbles dans les murs, des prises électriques… Dans la chambre, débrancher et éloigner du lit tous les appareils électriques, au moins la nuit. Un logement situé à proximité d’une ligne à très haute tension ou d’un transformateur électrique sera susceptible de générer des problèmes divers (insomnie, céphalées, troubles immunitaires…).
Matériaux:
Attention aussi à tous les matériaux isolants électriques (plastique, synthétique…) qui génèrent de l’électricité statique au contact du corps humain (contact direct ou indirect, comme à travers du coton): moquette, plancher flottant, matelas, oreillers, couette, tissus des vêtements, mobilier, chaussures… Et attention aux matériaux conducteurs électriques (métal) qui font « antenne »: bijoux, implants, ressorts dans les matelas, fermetures éclairs…
Ces objets ont beau être « inertes » ils peuvent perturber notre fonctionnement électromagnétique.
Il vaut mieux préférer des vêtements, revêtements de sol, literie, mobilier et chaussures 100% naturels (cuir, bois, laine, coton…), c’est beaucoup plus « feng shui »!
Connexion à la terre:
Un pilier de la santé humaine! Très anti-inflammatoire, très anti-oxydant!!
Aussi important que de passer régulièrement au moins un peu de temps au soleil, au grand air…, aussi important que d’avoir une alimentation saine, de boire une eau propre…
Se mettre à la terre au moins un peu tous les jours, de préférence aussi souvent que possible, soit pieds nus dans l’herbe, soit en se baignant en eau-vive (au moins les pieds!), et/ou en marchant sur des sols naturels avec des chaussures à semelles plein cuir et en ayant chez soi de préférence des sols permettant une mise à la terre au moins partielle (carrelage, tomettes en terre cuite…).
Références (sites web): Rapport Bioinitiative 2012 ;  EHS-MCS ; The Earthing Institute ; liste de chaussures plein cuir ; liste de vêtements en tissus naturels.

5° Le repos, apprendre à prendre soin de soi:
On peut voir la dépression sous l’ angle de la neuroinflammation et on peut aussi la voir sous l’angle de l’épuisement.
De nos jours, on fait le distingo entre burn-out et dépression. En général, les cadres supérieurs, les gens qui gagnent bien leur vie, ont droit au « syndrome du burn-out » et les autres, les gens avec un faible salaire, les mères au foyer, les enfants…, eux, ont droit au diagnostic de dépression.
Pourtant, quand je lis les descriptions de ces deux problématiques, concrètement, dans les faits, je vois relativement peu de différence, en dehors du niveau de vie, du salaire, éventuellement du niveau socio-culturel. Je serai tentée de parler de médecine de classe.
Bref, pour moi, la dépression peut aussi être considérée comme un épuisement généralisé. On n’en peut plus. Ce n’est pas un problème de « mental », de « volonté ». C’est très difficile d’être motivé et de se « secouer » et de « penser positif » quand on a 8/6 de tension en permanence et qu’on a qu’une envie: dormir. Et non, ce n’est pas d’aller voir un psy qui va traiter notre hypotension chronique.
La fatigue peut être vue comme une conséquence de la dépression, ou bien comme sa cause.
De même, la grippe génère de la fatigue (parce que le corps est très occupé à combattre un virus)… ou bien elle en est la conséquence (on est épuisé, notre système immunitaire est dans les choux, donc les virus peuvent faire la fête!).
La dépression survient souvent suite à une longue période de stress chronique, de surmenage. Un enfant autiste est susceptible de tomber en dépression à 13 ans après avoir passé plusieurs années dans un système scolaire anti-inclusif, sans diagnostic ni accompagnement adapté, à souffrir dans un environnement hyper bruyant alors qu’il a une hyperacousie. Une mère de famille « au foyer » a beau ne pas avoir d’employeur, aucun salaire, elle est toute fois susceptible de travailler 15h par jour pour gérer une famille, un budget, le ménage, la cuisine, les courses, les démarches administratives, sa vie de couple, etc… Et plusieurs années de ce régime, sans aucune reconnaissance sociale, ça peut être épuisant (« tu ne « travailles » pas, donc tu ne « produis » rien, donc tu n’es pas grand chose » – mais, curieusement, si tu fais élever tes enfants par quelqu’un d’autre, là ça coûte très cher, mais bon bref).
Un remède indispensable à l’épuisement chronique consiste à nous reposer, à ralentir, à apprendre à nous connaitre et à poser nos limites.
Qu’est-ce qui est important? Qu’est-ce qui compte vraiment? Faire le repassage ou bien avoir une bonne nuit de sommeil? Est-ce qu’il est vraiment indispensable que ce tshirt soit repassé ou bien est-ce qu’on peut simplement le faire sécher sur un cintre et le porter tel quel? Est-ce que ce dîner chez ces gens qu’on n’aime pas est indispensable à mon bonheur ou bien est-ce que je ne ferais pas mieux de rester à la maison et de lire une histoire à mes enfants? Est-ce que j’ai besoin de discuter en ligne avec des gens que je ne rencontrerai jamais jusqu’à 3h du matin ou bien est-ce qu’il ne serait pas préférable que je me couche tôt pour aller faire une belle ballade au lever du soleil en forêt? Est-ce qu’il est indispensable à mon épanouissement personnel que je gagne 3000 euros par mois ou bien est-ce que je ne pourrais pas tout aussi bien me débrouiller avec 1500?
C’est là qu’un soutien psychologique (psychologue, psychothérapeute, de préférence compétents en thérapie cognitivo-comportementale, PAS un psychanalyste!) peut intervenir pour nous aider à mieux nous connaitre, à apprendre à reconnaître nos besoins, à nous affirmer et à poser nos limites. Apprendre à dire « non », apprendre à dire « stop », apprendre à dire à nos proches « va faire du vélo si ça te chante, moi je vais prendre un bon bain! ».

6° Hygiène relationnelle: 
La cause de l’épuisement et du stress chronique peut bien sûr être des relations conflictuelles, un deuil, la solitude…
Là encore, un soutien psychologique (psychologue ou psychothérapeute compétents en thérapie cognitivo-comportementale) sera indispensable à penser nos plaies. Une dépression s’accompagne de difficultés cognitives: on a du mal à y voir clair. Un observateur extérieur, aussi neutre que possible (donc PAS un psychanalyste!) pourra nous aider à démêler nos conflits familiaux, à faire nos deuils, à retrouver le chemin d’une vie sociale et familiale plus saine, plus épanouissante.

7° Activité physique, oxygénation:
En Occident, on a tendance à voir la dépression comme une maladie de l’esprit, du mental, une maladie des « hautes sphères » qui n’a rien à voir avec le corps.
En Occident, on a cette tendance à séparer le corps et l’esprit. Croire que le corps et l’esprit sont séparés, c’est une sorte de croyance schizophrène. Le corps et l’esprit sont les deux faces d’une même médaille. Ils fonctionnent ensemble.
On commence à savoir qu’un mode de vie sédentaire, « métro-boulot-dodo » est nocif à la santé… Mais en cas de dépression, quand on a jamais eu d’activité physique digne de ce nom auparavant, il peut être particulièrement difficile de « s’y mettre ».
Une activité physique douce et régulière est pourtant indispensable à la santé. Bouger permet de faire circuler les déchets métaboliques du corps, ceux que le corps génère naturellement à chaque seconde qui passe, puisque les cellules du corps mangent, respirent, et font aussi « pipi et caca », pour dire les choses très simplement! Une activité physique, même douce et modérée, permet de stimuler la circulation de la lymphe et soutient le transit intestinal. Passer nos journées assis ou couché favorise « l’encrassement », la congestion, la constipation…, et cela revient à vivre un peu dans une décharge: le corps s’étouffe dans ses déchets. Il sera difficile d’être tout guilleret dans une décharge!!!
L’activité physique soutien donc « l’élimination », la détox et favorise bien sûr l’oxygénation.
La respiration peut être réellement entravée par toute sorte de problématiques, comme la posture, qui peut elle-même être influencée par l’état de santé buccodentaire (amalgames dentaires au mercure, caries non soignées…). Il peut aussi être difficile de respirer à notre aise sur un sol ou des chaussures qui isolent de la terre sur le plan électrique, surtout lorsqu’on est dans un état de fatigue chronique. Ainsi le simple fait d’être sur du plancher flottant (en plastique) aura tendance à me couper le souffle, à me « couper » les jambes et comment pourrais-je envisager d’aller faire une belle ballade dans ces conditions… Pourtant, si je sors sur un sol naturel, pieds nus ou en chaussures plein cuir, je retrouve tout à coup mon souffle et ma force, sans avoir à faire aucun effort, autre que celui de sortir.
Ce sont des choses qu’on ne nous apprends pas à l’école, et pourtant, elles peuvent faire toute la différence!
Pour fonctionner de façon adéquate, le corps, le cerveau, « l’esprit » ont grand besoin d’oxygène. Que ce soit en faisant un yoga très doux, très lent, ou du qi-gong, en dansant dans notre salon sur notre chanson préférée ou en faisant simplement le tour d’un parc, ou bien encore en faisant un peu de ménage, bouger est indispensable à la vie!
Référence: n’importe quel livre d’anatomie-physiologie, comme le Marieb! Et les références du paragraphe sur l’hygiène électromagnétique et l’hygiène dentaire!

8° Compléments alimentaires:
Les compléments alimentaires ne peuvent en aucun cas traiter à eux seuls une dépression chronique. Ils peuvent toute fois être des soutiens intéressants, ponctuellement ou sur le long terme.
Quelques uns ont été étudiés pour leur effets anti-inflammatoire et/ou anxiolytique et/ou antidépresseurs:
– Oméga 3 (ex: ceux du labo Madre labs, via iherb). Attention, les Oméga 3 sont des fluidifiants sanguins, on devrait éviter de les prendre en continu (sauf si prescription médicale).
– Magnésium: magnésium glycinate ou bisglycinate ou citrate ou malate (selon sensibilité/tolérance personnelle). Ex: magnésium bisglycinate de Now Foods, via iherb.
– Plantes médicinales: cacao (cacao cru bio ou chocolat noir bio à 70% de cacao ou +), rhodiola (Rhodiola rosea), safran (Crocus sativus), millepertuis (Hypericum perforatum), passiflore (Passiflora incarnata), kava kava (Peper methysticum)… On trouve des plantes en gélules de qualité via ABC de La Nature ; plantes à tisane/en poudre en vrac de qualité sur lHerboristerie du Valmont. Attention à la provenance des plantes médicinales: en France, la plupart des produits de phytothérapie vendus en pharmacie sont malheureusement de mauvaise qualité et s’ils sont de qualité, ils sont d’un prix prohibitifs. Certains sites de vente en ligne peuvent être d’un bien meilleur rapport qualité/prix.
Références: voir le site PubMed (pour trouver des publications sur une plante médicinale, faire une recherche avec son nom latin!)! Sur le site de la Fondation Fondamental: les oméga 3, sur Psychomedia: le magnésium

Conclusion:
Toutes ces « techniques » et conseils, appliqués isolément (soit l’un soit l’autre) pourront tous avoir des effets bénéfiques sur l’humeur mais ils ne fonctionneront de façon optimum, en synergie, que s’ils sont tous mis en place petit à petit, progressivement (il est bien sûr impossible de tout changer dans nos vies en un jour!!).
J’ai beau avoir une alimentation anti-inflammatoire, une hygiène relationnelle correcte, prendre des compléments alimentaires, avoir fait enlever mes amalgames au mercure, mon stérilet… Si je dois passer un mois dans une maison où les sols empêchent la mise à la terre sur le plan électrique et où il y a du wifi, je vais vite m’épuiser et dépérir. Quelques heures après mon arrivée dans ce genre de lieu, je commence déjà à avoir envie de manger plein de chocolat et de boire plein de café (des « stimulants » pour « tenir » le coup). Plus les jours vont passer et plus je vais avoir envie de passer mon temps à boire du café en grignotant du chocolat, plus je vais avoir de troubles du sommeil, plus je vais avoir de mal à maintenir mon hygiène de vie, à faire mon yoga tous les matins… Au bout d’une semaine, je vais commencer à avoir envie d’ajouter du rhum à mon café ou du whisky à mon cacao (ou l’inverse), pour « secouer le cocotier » tellement je me sentirai désespérément lobotomisée… Et au final au bout d’un mois, je me serai transformée en zombie gothique!
Nous sommes beaucoup plus influencés par notre environnement que nous le croyons. Nous sommes tous plus ou moins des « éponges » et plus l’éponge se gorge d’éléments qui nuisent à la vie, plus elle dépérit!
Cultiver la joie de vivre, c’est cultiver tout ce qui est propice à la vie, en soi et autour de soi!
Bon épanouissement!

 

 

Constipation – trucs et astuces

La médecine allopathique considère qu’il y a constipation lorsqu’il y a moins de 3 selles par semaines.
La naturopathie hygiéniste estime qu’on devrait avoir autant de selles que de repas (3 repas par jour = 3 selles/jour, des selles « moulées », marron foncé, d’aspect « normal »). De ce point de vue-là, une seule selle par jour est déjà le signe d’un transit relativement lent, qui pourrait bénéficier d’un soutien.
Voici donc quelques trucs et astuces de bases pour soutenir le transit au quotidien.
En cas de constipation persistante, il convient bien entendu de consulter un médecin! La constipation peut être un symptôme d’hypothyroïdie, de diabète, de dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale), de mégacôlon, d’une augmentation de la progestérone chez la femme (pendant la grossesse, fluctuations mensuelles…)…, elle peut être un effet secondaire de certains médicaments, d’une utilisation chronique de laxatifs… Et elle peut être un signe précurseur d’une appendicite.

Manger des fruits et légumes: 5 portions par jour, comme préconisé par les pouvoirs publics, est un strict minimum, ou bien ce devrait être 5 portions très généreuses.
Exemple: au déjeuner, environ une salade, pas juste 3-4 feuilles de salade mais une salade entière!
Pour la collation de milieu d’après-midi (goûter): un smoothie à la banane, préparé non pas avec une banane mais avec 2-3 grandes bananes bien mûres (et un peu d’eau)!
Le soir, une poêlée de légumes verts, c’est à dire l’équivalent d’une grande assiette bombée de légumes!

Limiter la consommation des aliments « constipants »: particulièrement les céréales (pâtes, pain, biscuits, pizza…) et pommes de terre.
Si l’alimentation ressemble à un régime sans résidus, basé sur la viande et les aliments à base de farine de blé, il y aura forcément une tendance à la constipation.

Hydratation : à moins que l’on pratique un sport de façon intensive, et/ou qu’il fasse très chaud, des apports copieux en fruits et légumes couvrent une bonne partie de nos besoins en eau.
Inutile de se « noyer » sous des litres d’eau: 1L-1,5L environ devrait suffire.

Sport: le corps a besoin de mouvement pour fonctionner correctement. Une vie sédentaire,  dépourvue d’activité physique, passée essentiellement en position assise, sera propice à un ralentissement du transit.
Bouger, avoir un minimum d’activité physique au quotidien, est indispensable pour soutenir le péristaltisme, c’est à dire le mouvement des intestins qui permet aux matières de transiter, plutôt que de stagner!

Café, boissons chaudes: le petit café du matin peut aider à stimuler le transit, parfois le simple fait de boire 20cl d’eau chaude au lever peut suffire aussi.

Huile d’olive: une à deux cuillère à café (ou une cuillère à soupe) d’huile d’olive (bio!), à jeun, au lever, le matin. C’est un remède de « grand-mère » relativement efficace. Ingérer de l’huile stimule la production de bile, qui va avoir un léger effet laxatif naturel.

Jus de légumes lactofermenté: parfois un simple jus de légumes frais, fait maison à l’extracteur de jus peut être efficace (30cl/jour environ), mais un jus de légumes lacto-fermenté, même pasteurisé, comme ceux qu’on trouve en magasin bio, pourra être plus efficace (1, 2, 3… verres/jour).

Pruneaux réhydraté: laisser tremper quelques pruneaux dans un verre d’eau toute une nuit et les consommer au petit-déjeuner.

Plantes pour le foie et la vésicule biliaire: les plantes qu’on appelle cholérétiques et cholagogues stimulent la production de bile, qui agit comme un léger laxatif naturel.
Le plus simple peut être de prendre une ampoule buvable d’extrait de radis noir au lever, le matin à jeun, mélangé avec un peu d’eau ou de jus de pomme (attendre au moins 10-20 minutes avant de manger). On peut faire des cures d’extrait de radis noir d’une durée d’une ou deux semaines de temps en temps, ou bien pendant quelques jours d’affilés en fonction des besoins mais on évitera d’en prendre en continue.
Si l’on ne trouve pas d’extrait de radis noir pur (magasin bio, boutiques web), on peut opter pour des mélanges de type radis noir et artichaut ou radis noir, artichaut et chardon-marie. Santarome et Dietaroma sont les marques que je préfère.

On peut aussi opter pour une tisane de fleurs de lavande un peu « corsée »: environ 2 cuillères à soupe (10g) de fleurs de lavande séchée dans une casserole, avec 50cl d’eau froide, un couvercle, porter doucement à ébullition et couper le feu lorsque l’eau commence à bouillir. Laisser infuser au moins 20 minutes.
Quelques autres plantes cholérétiques et/ou cholagogues: achilléee mille-feuille, pissenlit, romarin, fenouil, chicorée, menthe verte, menthe poivrée, mélisse…

Triphala: c’est un remède ayurvédique, un mélange de trois petits fruits séchés et réduis en poudre. Ces fruits sont très astringents, un peu amers et acides. L’astringence est un goût qu’on retrouve par exemple dans les vins rouges très « tanniques », riches en tannins.
Le triphala est un laxatif doux qu’il est possible de consommer tous les jours afin de réguler le transit (on adapte la dose au jour le jour, en fonction de l’état du transit).
Il peut être considéré comme un « super aliment qui vient remplacer les principes amers et astringents qu’on trouve dans les fruits et légumes sauvages (comme la prunelle) et qui manquent à nos fruits et légumes modernes, fruits et légumes qui ont été sélectionnés pour être aussi « doux » en bouche que possible.
Ces principes amers et astringents ont des propriétés médicinales à dose modérée.

Les trois fruits qui composent le triphala: amalaki, haritaki et bibhitaki.

Le plus économique est d’en acheter en poudre « en vrac » par paquet de 200 ou 500g par exemple (le site BuyWholeFoodsOnline vend des produits de qualité). Mais prendre la poudre seule, juste avec une gorgée d’eau peut être un peu rude pour les papilles! On peut alors tenter de mélanger le triphala avec un peu de miel afin d’obtenir une pâte un peu plus douce à avaler. En Ayurveda, on recommande aussi parfois de mélanger le triphala à du ghee (beurre clarifié).
On peut aussi l’acheter sous forme de gélules, soit investir dans une petite machine à gélules, pour faire nos propres gélules à partir de poudre de plante en vrac (on trouve « the capsule machine » sur le site luckyvitamin pour environ 16 euros, ou sur le site français ABC de la Nature).

Compléments alimentaires:
– magnésium citrate ou glycinate : 100 à 150mg, 1 à 3 fois par jour.
– vitamine C: environ 1g, 3 fois/jour (il existe des contre-indications à la vitamine C, comme par exemple en cas de lithiases oxaliques).
– probiotiques: certaines souches de bactéries conviennent à certaines personnes, pas à d’autres, en fonction de la flore intestinale. A chacun de faire ses propres essais s’il le souhaite!
– ox bile (bile de taureau): c’est un ancien remède de médecine traditionnelle chinoise, mis au « goût du jour » sous forme de gélules. Une gélule de 125mg par jour, prise en même temps qu’un repas contenant des graisses peut suffire à soutenir la digestion des graisses et le transit.

Lavements: en dernier recours, en cas de constipation persistante chronique et lorsque tout le reste a échoué à traiter le problème, on peut s’en remettre au lavement. C’est aussi ce qu’on appelle un « remède de grand-mère » tombée en désuétude, il est pourtant efficace et sans dangers, tant qu’on respecte certaines précautions d’usage et certaines contre-indications (en cas d’opération chirurgicale récente des intestins, voir avec le médecin).
La plupart des gens ne savent plus comment on est sensé faire un lavement, cela s’apprend! Voir un de mes vieux articles sur le sujet: « Les lavements« .
On trouve des poches à lavement dans certaines pharmacie ou sur des boutiques web.

La connexion à la terre: Il s’agit de la mise à la terre du corps sur la plan électrique, mise à la terre qui survient lorsqu’on entre en contact « physique » avec le sol, en marchant pieds nus dans l’herbe ou sur la plupart des sols naturels, en se baignant en eau vive, en dormant sur un tapis de mise à la terre, en faisant un « câlin » à un arbre (les arbres vivants sont des prise de terre vivantes)…

Deux études cliniques ont montré que la connexion à la terre améliore la variabilité de la fréquence cardiaque, autrement dit qu’elle améliore le fonctionnement du nerf vague (voir http://earthinginstitute.net/research/).
Le nerf vague intervient largement dans la régulation de la digestion et du péristaltisme.
Ainsi, la connexion à la terre, via son effet régulateur sur le nerf vague (entre autre) pourrait être le traitement de base de la constipation, ou, pour le dire autrement, la vie hors-sol, sur des isolants électriques sols qui nous isolent de la terre sur le plan électrique, pourrait être une des causes de la constipation, au même titre qu’une alimentation trop pauvre en fruit et légumes!

 

Les dangers de la chélation

— Si vous disposez d’autres informations « inquiétantes » sur la chélation, n’hésitez pas à me les transmettre, je les étudierai soigneusement. —

« La chélation, c’est dangereux, c’est un scandale d’en faire la promotion, ce genre d’article devrait être interdit, ce genre d’article devrait être dénoncé, etc… ».
C’est le genre de réactions auquel on s’expose en France, en 2018, en particulier dans le milieu de l’autisme, lorsqu’on aborde le sujet de la chélation des métaux lourds et du protocole Cutler.

En France, parler d’intoxication aux métaux lourds et de chélation est plus subversif que de parler de sexe ou de prostitution.
Plusieurs livres ont pourtant été publiés sur le sujet, écrit par des auteurs français (comme Françoise Cambayrac, Sophie Benarroch, le Dr Jean-Pierre Willem…), mais il n’y a peut-être plus grand monde pour lire des livres, dans ce pays? Et puis peut-être que ces livres mériteraient le bûcher, eux aussi?
Mais que fait la police!?!
De nos jours, le « grand public » considère souvent qu’écrire un livre, c’est juste « pour se faire du fric »… Les gens qui ne lisent jamais aucun livre sont ceux qui « savent » (comment ils savent, on ne sait pas, mais ils « savent ») et ceux qui lisent sont des naïfs qui croient n’importe quoi. Va comprendre…
En France, se faire intoxiquer aux métaux lourds sous surveillance médicale (ex: via le mercure des « plombages » dentaires), c’est facile, c’est légal, c’est remboursé par la Sécurité Sociale, et donc c’est « bien ».
Vouloir se désintoxiquer, c’est « pas prouvé », c’est « n’importe quoi », c’est potentiellement dangereux, et donc c’est « mal » et ça doit être « dénoncé ».
Peut-être faudrait-il inventer une nouvelle Gestapo?…

Bon, et si on faisait plutôt le choix de se détendre un peu et de respirer à fond pendant quelques minutes? Et si on prenait le temps de s’informer et de réfléchir, plutôt que de paniquer et de courir faire des signalements aux services sociaux?
Le magnésium bisglycinate (de chez Now Foods ou Doctor’s Best) aide bien à rester relativement zen…

Pour ceux qui souhaiteraient « creuser » la piste du lien entre autisme et métaux lourds, je leur recommande vivement de commencer par lire la publication suivante: Safety and efficacy of oral DMSA therapy for children with autism spectrum disorders: Part B – Behavioral results :
« Overall, both one and seven rounds of DMSA therapy seems to be reasonably safe in children with ASD who have high urinary excretion of toxic metals, and possibly helpful in reducing some of the symptoms of autism in those children. ».
C’est une publication qui explique que des éléments de preuves justifient de penser que les autistes pourraient avoir des difficultés à éliminer les métaux lourds et pourraient donc être d’avantage impactés par eux tout au long de leur vie (un métaux lourds dans le corps est toxique, fait des dégâts, entrave le fonctionnement du métabolisme, c’est tout sauf une substance inerte).
Voir aussi d’autres articles sur les métaux lourds et la chélation en fin d’article.

Bref, quels sont les arguments des détracteurs du protocole Cutler ?
Leurs peurs sont-elles fondées ?

— — —

Rappel des bases du protocole Cutler :

Des mini-doses de chélateurs sont utilisées sur le long terme, pendant en moyenne un an ou deux, pour permettre au corps de se détoxifier de ses stocks de métaux lourds, en douceur, lentement mais sûrement.
Eh oui, on peut avoir des « stocks » de métaux lourds: les métaux lourds sont présents un peu partout dans notre environnement (de source naturelle et industrielle), on les ingère de différentes façons (voie orale, respiratoire, transmission mère-enfant…)…


Image extraite de Current approaches of the management of mercury poisoning: need of the hour

… et certaines personnes éliminent moins bien les toxiques que d’autres (on peut sécréter plus ou moins d’antioxydants détoxifiants comme le glutathion, la mélatonine, l’acide alpha-lipoïque…, et ce pour des raisons de polymorphisme génétique). A dose équivalente, une personne peut s’intoxiquer et une autre pas; une intoxication n’est pas forcément aiguë: elle peut être chronique, de la même façon qu’une inflammation peut être « de bas grade » ou « à bas bruit » (sans symptômes inflammatoires classiques).

Dans le protocole Cutler, on chélate en faisant des « tours » de chélation : on prend un chélateur pendant environ 3 jours d’affilé, puis on arrête pendant 3-4 jours, puis on reprend un chélateur pendant environ 3 jours, puis on arrête 3-4 jours, etc… Et on alterne ainsi toujours temps de chélation / temps de repos.
On prend les chélateurs en respectant leur « demi-vie » (notion de pharmacocinétique) de façon à maintenir un taux stable de chélateur dans le sang pendant le tour de chélation, de façon à réduire le phénomène de redistribution.
On parle de « mini-dose » dans le protocole Cutler, par opposition aux doses bien plus élevées utilisées habituellement par les médecins chélateurs ou dans les centres anti-poisons.
Les centre anti-poisons utilisent un protocole adapté à des intoxications aiguës, à traiter en urgence. Le protocole Cutler est d’avantage adapté à des cas d’intoxication chronique, à utiliser chez les personnes dont les capacités d’élimination/détox sont inférieures à la moyenne.
On prend des anti-oyxdants, des minéraux, pendant toute la durée de la chélation, de façon à compenser l’éventuelle perte de minéraux pouvant être provoquée par les chélateurs et pour soutenir le corps dans son effort de détoxification.

Pour + de détails, voir l’article sur les bases du protocole Cutler.

Les chélateurs utilisés:
DMPS (2,3-Dimercaptopropane sulfonate sodium)
DMSA (meso-2,3-dimercaptosuccinic acid )
ALA (Acide Alpha Lipoïque)

Le seul chélateur considéré comme « indispensable » dans le protocole est l’ALA, qui est un anti-oxydant que le corps produit naturellement en de très faibles quantités et qu’on trouve aussi en vente libre en France sous forme de compléments alimentaires (en pharmacie, parapharmacie, sur le net…; on peut donc l’acheter librement, même à l’étranger via internet).
En principe, on peut donc chélater sans utiliser le DMSA ou le DMPS. Ces deux chélateurs sont toute fois recommandés dans le protocole, au moins pendant les premiers mois, de façon à chélater les métaux lourds qui se trouvent dans le milieu extra-cellulaire (dans le sang et la lymphe), avant de passer à l’ALA qui est sensé chélater les métaux lourds présents à la fois dans le milieu extra-cellulaire et dans le milieu intra-cellulaire, donc y compris dans le cerveau.

La raison de cela, d’après Cutler, c’est qu’il est préférable de détoxifier le sang et la lymphe avec le DMSA et/ou le DMPS de façon à réduire les risques de déplacer les métaux qui s’y trouvent vers le cerveau avec l’ALA. L’ALA pourrait en effet transporter les métaux aussi bien hors du cerveau que vers lui, en passant la barrière hémato-encéphalique dans les deux sens. Moins il y a de métaux dans le sang et la lymphe, moins il y a de risques de déplacer les métaux vers le cerveau.
D’un point de vue pharmacologique, toxicologique, le protocole est donc… Logique! Sensé et prudent.

Ce que disent des chercheurs français sur la chélation par DMSA et DMPS:

Dans l’article  « Intoxication au mercure », par L. Bensefa-Colas (Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, service de pathologies professionnelles, groupe hospitalier Cochin Saint Vincent de Paul), P. Andujar (Inserm, Université Paris 12, Faculté de Médecine, Créteil), A. Descatha (Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, Unité de pathologie professionnelle, hôpital Raymond Point Carré, Garches) ; publié dans La revue de médecine interne
Volume 32, n° 7, pages 416-424 (juillet 2011), Doi : 10.1016/j.revmed.2009.08.024) :
« Le traitement par DMPS ou par DMSA ont montré une efficacité supérieure aux traitements par BAL ou par D-pénicillamine (DPA) lors d’intoxication mercurielle chez l’enfant et chez l’adulte, le DMPS supérieur au DMSA [76]. Par ailleurs, ces deux agents chélateurs ne semblent pas mobiliser le mercure accumulé dans le cerveau, réduisant le risque d’intoxication pouvant secondairement être induite par la mobilisation du mercure vers le compartiment sanguin [77]. Le BAL, bien qu’actif lors des intoxications aiguës aux dérivés inorganiques, n’a pas montré son efficacité dans les intoxications chroniques, et peut même aggraver l’encéphalopathie liée à l’intoxication au MeHg  [2, 13]. Le DMPS et le DMSA sont les deux agents chélateurs à privilégier lors des intoxications aiguës ou chroniques s’accompagnant de signes cliniques. L’usage de BAL tend à se restreindre et n’est employée dans certains pays que lorsqu’il est le seul agent chélateur commercialisé [77]. En effet, seul le DMSA est commercialisé en France uniquement sous forme per os [par voie orale], posant une difficulté de prise en charge en réanimation. A ce jour, aucune donnée concernant l’évaluation du traitement chélateur lors de l’intoxication foetoplacentaire n’est disponible [77]. »

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Les critiques:

« Il y a eu 30 décès par chélation »:
Bien sûr, quand on lit ça, tout de suite, ça fait peur.
D’où sort ce chiffre? D’une publication de 2008 – Why the NIH Trial to Assess Chelation Therapy (TACT) Should Be Abandoned, qui critique en détail le protocole d’une étude en cours à l’époque (la « TACT »), un protocole basé sur des injections d’un chélateur du calcium: le sodium EDTA.
L’article fait bien mention de 30 décès ayant fait suite à des injections de sodium EDTA (« IV disodium EDTA »):

Le « hic », c’est que le sodium EDTA est un chélateur du calcium, qui n’est pas un métaux lourds.
Alors que lorsqu’on parle communément de « chélation », on ne parle PAS de chélation du calcium, on parle de chélation des métaux lourds.
La confusion des deux sujets – chélation du calcium/chélation des métaux lourds, vient du fait que le nom du sodium EDTA ressemble beaucoup à celui du calcium-sodium EDTA, qui lui est bien un chélateur de métaux lourds.

Donc cet article fait bien référence à des décès survenu suite à des injections d’un chélateur du calcium, mais PAS suite à des injections d’un chélateur des métaux lourds.
Faire référence à cet article pour critiquer la « chélation », cela revient donc à essayer de comparer des poires et des scoubidous.
Par ailleurs, si l’on cherche à critiquer le protocole Cutler, on ne peut pas non plus s’appuyer sur des articles faisant référence au calcium-sodium EDTA, puisqu’il n’est pas utilisé dans le protocole
On ne peut pas non plus s’appuyer sur des articles faisant référence à des injections intraveineuses de chélateurs, puisque les injections de chélateurs sont interdites dans le protocole Cutler.

DMPS et Syndrome de Steven-Johnson:
Dans certains articles, il est mentionné que le DMPS pourrait provoquer un Syndrome de Steven-Johnson. Cette information provient d’une étude de cas (Référence: https://doi.org/10.1080/15563650701779687qui mentionne la survenue de ce syndrome chez un enfant de 11 ans, après deux semaines de thérapie au DMPS. Ce syndrome a disparu progressivement après l’arrêt de la thérapie. Cette thérapie consistait à une prise de 200mg de DMPS par voie orale, 3 fois par jour, tous les jours. Soit 4 200mg de DMPS/semaine.

Dans le protocole Cutler, le dosage est très inférieur!! La dose de départ pour un adulte est d’environ 12mg, 3 fois/jour, 3 jours/semaine au maximum (c’est un « round » ou « tour de chélation » qui sera répété pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois), et on augmente progressivement le dosage jusqu’à 25 à 50mg maximum pour un adulte, soit environ 450mg/semaine maximum (à raison de 50mg, 3 fois/jour, pendant un tour de chélation de 3 jours).

Les dosages préconisés dans le protocole Cutler pour le DMPS sont donc environ 10 fois inférieurs à ceux mis en cause dans cette étude de cas.

Plus on augmente les doses de n’importe quel médicaments, plus on augmente les risques d’effets adverses. C’est vrai pour le DMPS autant que pour l’aspirine.
Le protocole Cutler préconise des mini-doses justement pour réduire ces risques d’effets adverses.
C’est la même prudence qui amène à vendre l’aspirine par dose de 500mg ou 1 gramme maximum : de façon à minimiser les risques d’effets adverses.

Chélation, erreur médicale et décès:
Il est parfois rapporté dans certains articles (comme celui de Spectrum News) qu’une chélation est un procédé dangereux potentiellement mortel.
On cite en général l’exemple d’un garçon autiste de 5 ans décédé lors d’une « chélation » en 2005. Il s’agit d’un décès survenu suite à l’injection d’une forme inappropriée d’EDTA. La forme communément utilisée est le calcium edetate de sodium (ou « caclium sodium EDTA »), qui est un chélateur du plomb, or la forme injectée dans ce cas présent était le sodium edetate (ou « sodium EDTA »), qui est un chélateur du calcium (Référence: Pediatric fatality secondary to EDTA chelation).

Or, d’une part, dans le protocole Cutler, l’utilisation d’EDTA est fortement déconseillée, ainsi que les injections de chélateurs par intraveineuse, jugées justement potentiellement trop violentes.

D’autre part, ici, la problématique réelle n’est pas le chélateur mais l’erreur médicale (le titre de l’article est trompeur): le décès est la conséquence de la confusion entre deux produits dont les noms se ressemblent.
Comment juger des effets d’une chélation lorsque le produit injecté n’est pas le bon?

 

DMSA et dommages cognitifs:
Dans un article de Spectrum News, il est fait mention de l’annulation d’une étude clinique qui prévoyait d’évaluer l’efficacité du protocole Cutler pour le traitement de l’autisme.
Cet étude aurait été annulée suite à la publication des résultats inquiétants  d’une autre étude sur le DMSA: « Succimer Chelation Improves Learning, Attention, and Arousal Regulation in Lead-Exposed Rats but Produces Lasting Cognitive Impairment in the Absence of Lead Exposure« .
Les doses de DMSA utilisées dans cette étude étaient de 50mg/kg de poids/jour durant une semaine, puis de 25mg/kg de poids/jour pendant la deuxième et la troisième semaine. Ce traitement a été administré à deux groupes de rats: l’un qui avait été exposé au plomb, l’autre qui n’y avait pas été exposé.
Les rats intoxiqués au plomb ayant reçu le DMSA virent leurs capacités d’apprentissage et leur attention améliorées, alors que les rats qui n’avaient pas été intoxiqués et qui reçurent le DMSA virent leurs capacités d’apprentissage impactées négativement sur le long terme, peut-être à cause de l’effet chélateur du DMSA vis à vis d’autres métaux et minéraux (entre autre le zinc).
Le dosage utilisé dans cette étude revient à donner 3500mg de DMSA/jour à un adulte de 70kg pendant la première semaine, soit 24 500mg/semaine (soit 24,5 grammes), puis 1750mg de DMSA/jour pendant les deuxième et troisième semaine (soit 12,25 grammes/semaine).
Le protocole Cutler, bien que d’une durée beaucoup plus longue, utilise des doses très largement inférieures, de l’ordre de 230-1250mg/semaine en moyenne pour un adulte.
Exemple d’un « tour » de chélation: 12,5mg de DMSA, pris toutes les 3h, pendant 72h = 25 doses = 312,5mg.
Le protocole recommande de monter en dose progressivement au fil des mois jusqu’à 25 à 50mg de DMSA par dose, pour un adulte, soit 1250mg/tour de chélation au maximum.
Le protocole prévient aussi les risques de pertes de minéraux essentiels en préconisant la prise de magnésium et de zinc tout au long de la chélation.

Encore une fois, comment peut-on se permettre de décrier un protocole qui utilise des mini-doses de chélateur en se basant sur une étude qui utilise des macro-doses??
Ce genre de jugement expéditif mènerait à interdire l’aspirine, au prétexte qu’une dose de 500mg d’aspirine/kg de poids peut être létale.

 

« La chélation, c’est illégal »:
En résumé, en France:
L’acide Alpha-lipoïque est en vente libre et il peut être commandé via internet, en France comme à l’étranger.
Le DMSA ne peut être acheté à l’étranger via internet que par des personnes disposant d’une prescription hospitalière. L’achat de DMSA sans ordonnance est illégal.
L’achat de DMPS est illégal.

Acide Alpha-Lipoïque (ALA):
Dans le protocole Cutler, l’acide alpha-lipoïque est considéré comme le seul chélateur indispensable à la chélation du mercure.
En France, l’ALA est un complément alimentaire en vente libre en parapharmacie.
On peut donc commander de l’ALA en France comme à l’étranger via internet, puisque c’est un produit autorisé en France.
Les personnes qui prétendent que le protocole Cutler est « illégal » sont donc dans l’erreur puisqu’il est possible de chélater en utilisant uniquement de l’ALA, en toute légalité.
Attention toutefois, puisque les produits vendus en parapharmacie françaises ou sur les boutiques en ligne sont trop fortement dosés par rapport aux doses préconisées dans le protocole.
Si l’on achète des gélules de 100 ou 200mg d’ALA, il conviendra de les diluer dans du jus d’orange, de façon à pouvoir les diviser plus facilement (exemple: 100mg d’ALA dans 50cl de jus d’orange permet d’obtenir 5 doses de 20mg d’ALA pour 10cl de jus d’orange), et de conserver la bouteille de jus d’orange au frais (24h au maximum). Ou bien on pourra investir dans une petite machine à gélules et des gélules vides, afin de pouvoir réaliser soi-même des gélules correctement dosées pour le protocole (voir par exemple « the capsule machine » sur le site ABC de la Nature ou sur le site Just Ingredients). Il existe des vidéos sur youtube qui montre comment réaliser soi-même ses propres gélules. Procéder ainsi, en « splittant » (divisant) des capsules fortement dosées est l’option la plus économique.

DMSA:
En France, le DMSA, aussi surnommé « Succimer », bénéficie d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) hospitalière, c’est à dire qu’il ne peut être délivré que sur prescription au sein d’un hôpital, il est commercialisé sous le nom de « Succicaptal », en gélules de 100 ou 200mg (Référence : pdf de la HAS).
« Depuis 1997, le DMSA est disponible en France avec une Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement des intoxications au plomb, sans mention spécifique de niveau de plombémie à considérer. Il existe en gélules dosées à 200 mg (Succicaptal®). C’est un produit à délivrance exclusivement hospitalière. » (Référence: « Plomb dans l’environnement, quels risques pour la santé?«  Chapitre 10 : Diagnostic et traitement de l’intoxication chez l’enfant ; Inserm, 1999).

L’AMM concerne donc uniquement une utilisation hospitalière. Cela signifie que le DMSA, en France, sous la forme « Succicaptal », ne peut pas être vendu sans ordonnance à des particuliers.
Il est autorisé de commander des médicaments à l’étranger sur internet uniquement lorsqu’on dispose d’une prescription médicale.
Mais sans prescription, l’achat de médicament est interdit.
D’après les services de la douane, le particulier qui achète des médicaments à l’étranger via internet, sans prescritpion, s’expose à la saisie des produits et à une amende; le montant de l’amende serait laissée à l’appréciation de l’ANSM (info recueillie au près des services de la douane, tel: 08 11 20 44 44 – juillet 2018).
Sources:
Médicament Info
ANSM 

DMPS :
Le DMPS, lui, ne dispose pas d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France.
Même dans les hôpitaux, les médecins n’ont donc pas le droit de s’en servir.
Un particulier n’a donc légalement pas le droit d’en acheter.
D’après les services de la douane, le particulier qui achète des médicaments ne disposant pas d’AMM s’expose à la saisie des produits et à une amende; le montant de l’amende serait laissée à l’appréciation de l’ANSM (info recueillie au près des services de la douane, tel: 08 11 20 44 44 – juillet 2018).
Sources:
Médicament Info
ANSM 

Absence d’autorisation de mise sur le marcher = danger?
Est-ce que tous les dispositifs médicaux disposent bien d’une AMM?
Est-ce qu’un médicament ne disposant pas d’une AMM est forcément dangereux?
Est-ce qu’une AMM est synonyme d’absence de danger?

S’il faut une AMM pour tout ce qui touche à la santé du citoyen, ceux qui s’insurgent contre l’utilisation du DMPS parce qu’il ne dispose pas d’une AMM devraient donc aussi s’inquiéter de l’absence d’AMM pour les amalgames dentaires au mercure, alors qu’ils sont utilisés tous les jours par de nombreux dentistes :
« S’ils étaient soumis avant leur mise sur le marché à des études toxicologiques, comme le sont les médicaments et les pesticides, jamais les amalgames n’obtiendraient leur AMM: le mercure inorganique, sous ses différentes espèces chimiques, est en effet neurotoxique, néphrotoxique, immunotoxique, mais aussi génotoxique et perturbateur endocrinien. Certaines espèces chimiques du mercure sont classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), c’est-à-dire dangereuses pour notre génome et la reproduction. Ses propriétés et sa capacité à s’accumuler dans l’organisme tout au long de la vie, notamment dans le cerveau, expliquent qu’on l’ait peu à peu interdit dans une majorité de produits et procédés industriels.
(…)  les plombages sont de loin les principaux contributeurs à la charge corporelle en mercure, qu’ils sont soupçonnés d’être impliqués dans la survenue de maladies neurologiques dont la maladie d’Alzheimer, des pathologies auto-immunes, des malformations de la descendance etc.
(…) L’expertise de Biois met en lumière des données accablantes pour la France. Alors que les autres pays européens en ont fortement réduit l’usage, la France détient le triste record de la plus forte consommation de mercure dentaire: 17 tonnes sont placées chaque année dans la bouche des Français –un tiers du volume utilisé au niveau européen! »
(Référence: « Amalgames dentaires: un dossier plombé par les conflits d’intérêts », Mediapart, 26 mars 2012)
Le livre de Françoise Cambeyrac, « Vérités sur les maladies émergentes » est aussi une bonne source d’information sur la problématique des amalgames dentaires et de l’intoxication aux métaux lourds.

Ceci dit, revenons-en au DMPS, qui ne dispose pas d’une AMM en France. Pourquoi pas d’AMM?
Tout d’abord, qu’est-ce que le DMPS ?: « Le 2,3-dimercaptopropan-1-sufonate de sodium ou DMPS est un chélateur capable de complexer certains métaux lourds dont le mercure. Dans plusieurs pays européens, il est utilisé lors de  thérapie dite « par chélation » afin de traiter les intoxications chroniques ou aigües notamment au mercure. Lors de ce traitement, le chélateur DMPS est soit injecté par intraveineuse, soit ingéré par voie orale. Cette thérapie par chélation est un procédé controversé.
Produit par la société pharmaceutique Heyl, le DMPS est utilisé notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse. Il n’est pas utilisé en France, n’y disposant pas d’une autorisation de mise sur le marché. »
(extrait d’un devoir surveillé, sur le blog de la classe de prépa Physique-Chimie Et Science de l’Ingénieur du Lycée Jean-Daudet, La Rochelle).

Dans le livre « A la recherche de ma santé perdue » (Edition du Moment, 2015), l’auteure Sophie Benarrosh explique que le DMPS est bien utilisé dans d’autres pays que la France, comme les Pays-Bas (des médecins chélateurs français sont susceptible de se procurer ce produit là-bas et de s’en servir en France) et que si ce produit n’est pas vendu en France, c’est parce que le laboratoire qui le fabrique n’a tout simplement pas fait de demande d’autorisation de mise sur le marché, au prétexte que le marché serait très restreint, donc pas rentable.
Puisque la plupart des français ignorent tout de l’intoxication chronique aux métaux lourds, ils ne peuvent pas avoir l’idée de vouloir faire une chélation, et donc, forcément, il n’y a pas de marché pour les chélateurs !

Bien entendu, tout médicament reste potentiellement dangereux, même ceux en vente libre comme l’aspirine ou le paracétamol mais si le DMPS n’est pas vendu en France, ce serait donc pour une question de marché, de coût, de rentabilité, pas à cause de la dangerosité potentielle de ce médicament.

Enfin, des médicaments comme l’aspirine disposent d’une AMM, ils sont même en vente libre et pourtant ils sont bel et bien dangereux!
Certaines personnes sont allergiques à l’aspirine et il est possible de mourir d’une overdose d’aspirine, même lorsqu’on n’y est pas allergique.
Le fait que telle ou telle substance puisse causer des allergies, ou bien qu’une substance soit toxique au-delà d’une certaine dose, ne peut suffire à justifier de son interdiction, sans cela il faudrait interdire beaucoup de choses, y compris l’alcool, le tabac, les fraises et les cacahuètes!

Donc, si j’utilise mon cerveau pour réfléchir à la question de l’AMM et du danger des médicaments, je constate que l’existence ou l’absence d’une AMM n’est une garantie de rien du tout.
Ce qui me protège, c’est avant tout mon discernement et le niveau d’information auquel j’ai accès.
Plus je suis informée, plus je connais les risques, moins je cours de risque, quelque soit la substance concernée.

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Pour aller plus loin, un peu de philosophie: Loi, éthique, responsabilité et désobéissance civile…

Le travail d’un naturopathe est avant tout de responsabiliser les gens, de les encourager à réfléchir par eux-même et à prendre leur santé en main.
Votre corps, votre santé, votre responsabilité, vos choix.
Ainsi, il ne me revient pas de dire aux gens ce qu’il doivent faire, je me dois « juste » de les encourager à utiliser leur cerveau, quitte à « digresser » ici quelque peu le temps de ce paragraphe plus philosophique que naturopathique.

Beaucoup de gens pensent que la loi est toujours morale, toujours synonyme de vérité.
A une époque pas si lointaine, il était légal d’avoir des esclaves et les femmes n’avaient pas le droit de vote. C’était la loi, il fallait la respecter et ceux qui la critiquaient étaient considérés par la majorité comme de dangereux révolutionnaires.
Aujourd’hui, beaucoup de gens oublient l’histoire et pensent encore et toujours que ce qui est légal est juste et bon, que ce qui est illégal est mauvais, quasi diabolique, et que ceux qui remettent en question les lois ne sont que de dangereux anarchistes.
C’est une forme de religion, de dogmatisme, de croyance naïve d’associer systématiquement légalité avec justice, justesse, cohérence, vérité. Désolée, mais ça revient un peu à croire au Père Noël.

La loi est en effet loin de se baser systématiquement sur la science, et elle peut être parfois foncièrement aberrante (pour rester polie).
L’un des meilleurs exemples que je connaisse est la loi sur la prostitution (loi d’avril 2016): en France un travailleur du sexe a le droit d’avoir un site web et d’afficher ses tarifs, il a le droit de vendre des services sexuels (le délit de racolage a été supprimé) mais personne n’a le droit de l’embaucher.
Pour faire une comparaison, c’est comme d’être boulanger, d’avoir une boulangerie, de faire du pain tous les jours, d’afficher les prix dans la vitrine, tout cela dans le plus parfait respect de la loi, dans un pays où personne n’aurait le droit d’acheter du pain. Et bien sûr, si quelqu’un vous achetait du pain en toute illégalité, un pain que vous auriez fabriqué en toute légalité, vous seriez tenu de déclarer vos revenus, alors qu’ils ne seraient pas sensés exister (oui, vous pouvez relire cette phrase plusieurs fois, je comprends que ce soit difficile à comprendre…, à vrai dire c’est tellement absurde que c’en est parfaitement incompréhensible!)!! Voilà le genre d’absurdité qu’on trouve dans la loi française en 2018!!
Est-ce que cela inspire confiance dans les fonctions cognitives de nos parlementaires?!
La législation qui régit l’achat du DMSA et du DMPS me parait tout aussi absurde, pour qui sait lire la littérature scientifique sur le DMSA et le DMPS: il font parti des chélateurs les plus sûrs, les plus efficaces, les mieux tolérés.
Et certains médecins « chélateurs » français contournent d’ailleurs la loi et vont acheter ces produits à l’étranger pour pouvoir en donner à leur patients en France.
A mon sens, ces chélateurs devraient à minima disposer d’une AMM officinale, de façon à en faciliter la prescription par des médecins toxicologues dûment formés, hors services hospitaliers (de façon à « démocratiser » la chélation, qu’elle ne soit plus réservée uniquement aux cas d’intoxications les plus aiguës).
En France, des citoyens prennent leur responsabilité, font fonctionner leur cerveau, lisent les publications scientifiques et font le choix de la désobéissance civile en achetant des mini-doses de DMPS et de DMSA à l’étranger via internet.
Ils prennent le risque de voir ces produits saisis par la douane, ils prennent le risque de se voir infligé une amende. C’est leur choix, leur responsabilité.

Ce choix relève également du droit à disposer de notre corps comme nous l’entendons. Personnellement, je n’ai aucune envie que ce soit vous, mon père ou ma mère ou un député qui décide de ce que je mets dans mon corps, ou pas. C’est mon corps, je suis une adulte, je considère que c’est donc ma responsabilité et mon droit de le gérer comme je l’entends.
Je décide pour moi, vous décidez pour vous, ou tout du moins j’estime à titre personnel que nous devrions pouvoir le faire.
A partir de là, ce qui réduit les risques de « dérives », c’est la diffusion d’une information de qualité, c’est d’informer les gens, non pas à coup de titres sensationnalistes basés sur des informations détournées ou mal comprises, mais en leur donnant des faits.

« La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes, et par l’effet du respect qu’ils lui témoignent les gens les mieux intentionnés se font chaque
jour les commis de l’injustice. (…) Je ne suis pas né pour qu’on me force. Je veux respirer à ma guise. »Henry David Thoreau, « La désobéissance civile ».

 

Conclusion :
Si l’on souhaite s’informer sur la chélation, il convient d’éviter de se fier aveuglément à des articles aux titres sensationnalistes. Il convient de remonter aux sources de l’information et d’apprendre à l’analyser un minimum avant d’en tirer des conclusions.
Et si vous disposez d’autres informations inquiétantes sur la chélation, n’hésitez pas à me les transmettre, je les étudierai soigneusement.

 

Pour s’informer via des sources officielles :

En français :

La HAS sur le Succicaptal (DMSA)

Via l’Inserm:
– « Plomb dans l’environnement, quels risques pour la santé ? », par un groupe d’experts et auteurs, 1999.
« Neurotoxicité des produits industriels et développement cérébral »,  par Dominique Labie, 2007.
– « Intoxication au mercure », par L. Bensefa-Colas, P. Andujar, A. Descatha, 2011.

Via le site du Centre Antipoisons belge:
Intoxication au plomb

Via le site de l’Organisation Mondiale de la Santé:
–  Oral chelation therapy for patients with lead poisoning
Review of Succimer for treatment of lead poisoning

Publications dans des revues à comité de lecture :

Safety and efficacy of oral DMSA therapy for children with autism spectrum disorders: Part A – Medical results :
« Overall, there is a substantial body of research that suggests mercury and other toxic metals could be involved in the etiology of some cases of autism, although the autism-thimerosal link remains controversial. There is also more general evidence to suggest that lead, mercury, and other toxins can impair child development at levels commonly encountered by most of the US population . There is some evidence to suggest that the use of DMSA therapy to remove toxic metals may be helpful in normalizing the porphyrin-heme pathway, and possibly helpful in improving some of the symptoms of autism. »

Safety and efficacy of oral DMSA therapy for children with autism spectrum disorders: Part B – Behavioral results :
« Overall, both one and seven rounds of DMSA therapy seems to be reasonably safe in children with ASD who have high urinary excretion of toxic metals, and possibly helpful in reducing some of the symptoms of autism in those children. »

Mercury Toxicity and Treatment: A Review of the Literature

Current approaches of the management of mercury poisoning: need of the hour

Safety and Efficacy of Meso-2,3-Dimercaptosuccinic Acid (DMSA) in Children with Elevated Blood Lead Concentrations

Use of 2,3-dimercaptopropane-1-sulfonate in treatment of lead poisoning in children.

Chelation: Harnessing and Enhancing Heavy Metal Detoxification—A Review

Lead induced oxidative damage and its response to combined administration of α-lipoic acid and succimers in rats

Mercury toxicity and antioxidants: Part 1: role of glutathione and alpha-lipoic acid in the treatment of mercury toxicity.

The role of thiols, dithiols, nutritional factors and interacting ligands in the toxicology of mercury