Sauce de salade

Quoi de plus simple qu’une salade?

Souvent servie en simple accompagnement, ou bien en entrée, elle peut constituer un plat à part entière, à condition de la rendre particulièrement « généreuse »: non seulement en consommant tout un saladier de salade plutôt que quelques feuilles qui se courent après, et en l’accompagnant de beaucoup de sauce de qualité. La salade deviendra alors un plat satisfaisant, tant sur le plan gustatif que calorique ou micro-nutritionnel, et elle pourra remplacer une grosse poêlée de légumes, une ratatouille, une soupe.

Mais ce plat qui parait si simple pour certains, peut être très compliqué à réaliser pour d’autres.
Il faut acheter la salade, la laver, l’éplucher au besoin, et puis la sauce peut être aussi compliquée à réaliser pour quelqu’un qui n’a jamais appris.
D’où l’apparition, dans les supermarchés, des salades pré-lavées et pré-coupées en sachets, et des sauces en bouteilles.
Rien que le choix de la moutarde, peut être cornélien. Par exemple, la moutarde douce que j’utilise ici ne se trouve pas partout. On ne peut l’acheter que dans certains magasins bio. On pourra bien sûr la remplacer par une autre moutarde douce, mais attention si l’on utilise de la moutarde forte: à moins qu’on aime les plats très épicés, il faudra en mettre moins et la texture finale sera donc moins onctueuse, à moins de compenser en ajoutant une cuillère à café de purée de sésame.
Certains simplifieront en arrosant simplement leurs « feuilles vertes » d’huile d’olive, mais il faut avouer que cela manque un peu de fun, de goût, de plaisir!

Ingrédients pour 1 à 2 personnes:


1 bonne cuillère à soupe de moutarde douce BIO ou une bonne cuillère à café de moutarde forte.
6 cuillères à soupe d’huile de colza BIO (ou d’huile d’olive BIO)
2 cuillères à soupe d’eau (ou de vinaigre, pour ceux qui aiment les plats acides).
1 salade de taille moyenne BIO.

On peut bien entendu adapter les quantités à la taille de la salade, à la taille du saladier!

Commencer par mettre la moutarde dans le saladier:

Ajouter progressivement l’huile, remuer énergiquement avec la fourchette.
Après avoir ajouter environ 5 cuillère à soupe d’huile, en remuant bien, on obtient ce genre de texture:

Ajouter une cuillère à soupe d’eau pour lier et obtenir ce genre de résultat:

Ajouter encore une cuillère à soupe d’huile, puis une cuillère à soupe d’eau, autant pour « lier » que pour « allonger » un peu la sauce (la rendre plus liquide):

Attention, parfois il arrive que la sauce « tourne », qu’on échoue à la « lier » correctement (le corps gras se dissocie du reste et forme de petites gouttelettes). Ce n’est pas grave! Elle reste parfaitement comestible, ce n’est que la texture et l’aspect qui ne seront pas au top. Il se peut que ce soit un problème de température ambiante, de différence de température entre les ingrédients… A vrai dire, je ne sais pas!

Ajouter la salade.

Remuer jusqu’à ce que chaque feuille soit napée de cette sauce onctueuse!

Bon appétit!

Nerf vague, connexion à la terre et autisme

Article adapté d’un article du Earthing Institute :

La connexion à la terre peut aider les nourrissons prématurés… Et elle peut vous aider vous aussi!
Connectez-vous!

La prise de terre d’un réseau électrique, correctement reliée à une prise de terre, est une prise « neutre ». Elle ne délivre aucun courant! Elle permet de se connecter à la terre.
petit topo sur la prise de terre  —

Connexion à la terre au naturel!

Au cours d’une étude clinique récente, des chercheurs ont constatés que
1° l’environnement électrique d’un service de néonatalogie a un effet négatif sur le système nerveux autonome des prématurés.
2° connecter les bébés à la terre produit chez eux une amélioration immédiate du fonctionnement du système nerveux autonome, système indispensable à la régulation de la réponse à l’inflammation et au stress. La connexion à la terre pourrait donc réduire les risques de développer des pathologies néonatales chez les prématurés (et autres pathologies variées chez les êtres humains en général!).
Les bébés ont été « mis à la terre » via des patchs de connexion, reliés à la prise de terre de l’hôpital (attention! les prises de terre des prises des habitations ne sont pas toujours réellement connectées à la terre! Il existe des testeurs pour évaluer la qualité des prises et un électricien peut faire un bilan précis d’un réseau).


Patch earthing 

Les chercheurs, de l’unité de soin intensif néonatal de l’Hôpital Universitaire pour enfants de l’Etat de Pennsylvanie, ont publié les résultats de leur recherche dans la revue Neonatology en juin 2017.

La connexion à la terre a augmenté la variabilité de la fréquence cardiaque, ce qui indique une amélioration de la transmission synaptique vagale, autrement dit: le fonctionnement du nerf vague a été amélioré.

Le nerf vague, qui relie le tronc cérébral de l’encéphale (cerveau du « haut ») à l’intestin (système nerveux entérique ou cerveau du « bas »), est le principal nerf du système nerveux parasympathique, l’une des trois branches du système nerveux autonome (les autres branches du système nerveux autonome sont le système nerveux sympathique et le système nerveux entérique).
La variabilité de la fréquence cardiaque des 20 bébés de cette étude a systématiquement été améliorée durant le temps de connexion à la terre, temps allant de 20 à 40 minutes. Cette amélioration disparaissait systématiquement lorsque la connexion à la terre était coupée.

Une étude réalisée en 2011 avait déjà démontré que la connexion à la terre améliore la variabilité de la fréquence cardiaque chez les adultes et permet de passer d’un état de surfonctionnement du système nerveux sympathique (le système « lutte ou fuite »), à un état dominé par le système nerveux parasympathique (propice au repos et à la régénération). En d’autres termes, la connexion à la terre permet de se calmer, de déstresser, d’aller mieux!

Petit topo sur le nerf vague  —

Le nerf vague joue un rôle capital dans le « réflexe anti-inflammatoire », un mécanisme qui contrôle la réponse immunitaire et l’inflammation en cas d’infection ou de blessure. L’activité du nerf vague peut inhiber une production excessive de substance pro-inflammatoires. Dans le cas des bébés prématurés, la connexion à la terre pourrait donc avoir un effet protecteur, entre autre vis à vis de l’entérocolite nécrosante qui touche 5 à 10% des prématurés.

Jusque là, les études sur la connexion à la terre (« earthing » ou « grounding », en anglais) avaient mené à l’hypothèse selon laquelle ce sont les électrons provenant de la terre qui ont un effet anti-inflammatoire et anti-oxydant sur le corps. Le fait que la connexion à la terre améliore le fonctionnement du nerf vague propose un autre mécanisme d’action de la connexion à la terre.

Il est aussi intéressant de noter qu’un mauvais fonctionnement du nerf vague est associé à l’autisme. Sur les groupes de discussion consacrés à l’approche « biomédicale » des TED/TSA, on a récemment commencé à parler de la stimulation du nerf vague comme traitement des comorbidités liés à l’autisme (épilepsie, trouble du comportement, troubles du sommeil, troubles gastro-intestinaux, troubles de l’humeur…). Et justement, des témoignages indiquent que la connexion à la terre pourrait réduire certaines de ces comorbidités, comme il l’est mentionné dans le livre Connectez-vous à la terre!

Topo en anglais sur le lien entre le dysfonctionnement du nerf vague et l’autisme —
— Article en français sur l’efficacité de la stimulation du nerf vague dans le traitement de l’épilepsie —

Et vous, avez-vous des prises de terre correctement reliées à la terre dans votre logement? Si les prises ne sont pas correctement reliées à une prise de terre, cela peut générer une pollution électrique et avoir un effet nocif sur la santé (voir cet article, celui-ci, ou celui-là).
Quand on habite en appartement, c’est via la prise de terre que l’on peut se connecter à la terre, grâce à des dispositifs de connexion à la terre (tapis, draps, patch…; voir les boutiques en ligne navoti-shop.com, groundology.fr, equilibrauk.com…).
Marchez vous parfois pieds nus dans l’herbe? Si vous avez un jardin, jardinez-vous pieds nus? Est-ce qu’il vous arrive de vous allonger dans l’herbe, à même le sol ou sur une serviette en coton, plutôt que sur un matelas en mousse synthétique? Faites-vous des « câlins » aux arbres, qui sont de très grandes prises de terre vivantes?!
Avez-vous des sols « isolants » électriques chez vous, comme du lino, du parquet flottant posé sur un isolant plastique, ou de la moquette synthétique, c’est à dire des sols qui vous coupent de la connexion à la terre? Ou bien avez-vous des sols en carrelage ou terra cota, posés directement sur une dalle en béton, sols qui permettent d’être un minimum connecté à la terre?

Articles sur la connexion à la terre:
Liste des publications scientifiques en anglais
Des articles en français 

 

 

Mini cours de nutrition

Comment bien manger?
Comment améliorer votre santé grâce à votre alimentation?
Où trouver de l’information de qualité sur la nutrition?

Il y a bien sûr la partie « Nutrition » de mon mémoire 😉 !… Mais pas que!

L’association Kousmine France propose un article récapitulatif de qualité sur les bases de l’alimentation « vivante » : L’alimentation vivante: le cru, avec une liste d’aliments « vivants », vivement recommandés… Et non, une alimentation « crue », ce n’est pas que de la salade et des carottes rappées! C’est aussi du saumon fumé, du saucisson, des fruits secs…, et des huiles végétales de qualité (de première pression à froid, bio)!

Une alimentation en partie « crue », à 10, 20, 50 ou 80%, sera toujours meilleure qu’une alimentation complètement dépourvue d’aliments « vivants ». On peut envisager des repas « 100% cru », ou bien des journées « 100% cru », tout en gardant une proportion d’aliments cuits le reste du temps.

Exemple de menu 100% cru (ou presque):
– Une salade verte, avec sa sauce moutarde (1/2, voir 1 grosse salade entière par personne, sauce moutarde généreuse: à base d’huile de colza bio, en comptant environ 4 à 5 cuillères à soupe d’huile par personne)
– 1 ou 2 tranches de saumon fumé, éventuellement accompagné de beurre cru bio pour ceux qui tolère les laitages
– 1 ou 2 carreaux de chocolat noir cru à 70-80% de cacao, ou du chocolat noir classique (non cru), ou quelques dés de gingembre confit (le sucre dans lequel le gingembre a été confit n’est pas de qualité crue).

Troubles psychiatriques et micronutrition

Extraits d’une présentation de Michael Berk : « Liens entre les dysfonctionnements inflammatoires dans les troubles de l’humeur et les troubles psychotiques : biomarqueurs et traitements innovants », présentation donnée le 8 juillet 2016, à l’hôpital Albert Chenevier, à l’occasion du Gut Brain Symposium (Symposium Intestin-Cerveau) co-organisé par la Fondation FondaMental et l’Inra.
La vidéo est en anglais non-sous-titrée, j’en ai traduit uniquement quelques extraits mentionnant la nutrition.

Intro: « Je vais vous parler de la façon dont on va développer de nouvelles thérapies pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques. C’est une quête que nous menons depuis une dizaine d’années. Nous nous sommes particulièrement intéressés aux marqueurs du stress oxydatif et de l’inflammation en tant que cibles pour le développement de nouvelles thérapies.
Pour une question de temps, je ne vais pas m’aventurer très en détail dans les neurosciences pour expliquer pourquoi le stress oxydatif et l’inflammation. Je vais juste poser ça sur la table comme donnée établie: le stress oxydatif et l’inflammation font parti de la physiopathologie de ces troubles. Cela a très bien été démontré par [les intervenants précédents].

A partir de la 11ème minute:
Présentation de la N-Acetylcystéine (NAC), précurseur du glutathion, l’antioxydant le plus puissant synthétisé par le corps humain afin de combattre le stress oxydatif (la NAC est en vente libre en pharmacie sous forme de « Mucomyst » – qui contient beaucoup d’additifs, ou en parapharmacie ou boutique en ligne, sous forme de N-Acetylcystéine, avec ou sans additifs – ndlt).

« Nous nous intéressons à la NAC depuis une dizaine d’années (…) et nous sommes en mesure de montrer un nombre significatif d’effets de la NAC sur la dépression, les troubles bipolaires et les symptômes négatifs de la schizophrénie. »

Présentation des résultats probants d’une étude sur l’efficacité de la NAC dans le traitement de la dépression.

Présentation des résultats d’une étude sur l’efficacité de la NAC dans le traitement de la schizophrénie et des troubles bipolaires: effet positif sur la mémoire de travail.
« La mémoire de travail » [mémoire à court terme] serait une cible « pastique » dans les troubles psychiatriques. »

Présentation d’une étude sur l’efficacité de la NAC dans le traitement du tabagisme: la NAC permet à une personne sur 2 d’arrêter de fumer.

NAC et autisme: pas d’effet notoire.

Mithocondries et troubles psychiatriques:
« Nous pensons que les troubles bipolaires sont un trouble mitochondrial. Les troubles bipolaires sont un trouble de l’énergie : en phase maniaque, vous en avez trop, quand vous êtes déprimés vous en manquez. C’est un état dépendant de la dérégulation de la biogénèse de la mitochondrie. »
[pour schématiser: les mitochondries génèrent l’énergie à l’intérieur de la cellule, mieux les mitochondries se régénèrent et se multiplient, plus on dispose d’énergie, moins elles se régénèrent et se multiplient, moins on a d’énergie. Quelques uns des principaux facteurs qui influencent le renouvellement (biogénèse) ou la perte de mitochondries: la nutrition, les hormones, la température, le stress, l’activité physique – ndlt]

Exemple de nutriments qui peuvent soutenir le fonctionnement de la mitocondrie: Coenzyme Q10, resvératrol, l-carnitine, NAC, vitamine E, vitamine B3 (nicotinamide), etc…
Mickael Burck et ses collègues ne pensent pas que l’un de ses éléments à lui tout seul puisse suffire à améliorer le fonctionnement des mitochondries. Ils sont à la recherche d’un cocktail qui puisse booster la biogénèse mitochondriale et ils ont commencé à en tester un:
Recette du cocktail, à retrouver aussi dans cette publication :

NAC 2000mg;
acetyl l-carnitine 1000mg;
ubiquinone (Co-Q10) 200mg;
acide alpha lipoique(ALA) 150mg;
magnesium 64mg (sous forme de magnesium orotate 500mg);
calcium ascorbate dihydrate 242mg (soit 200mg d’acide ascorbique/vitamine C);
cholecalciferol 12,5microgrammes (soit 500UI de vitamine D3);
alpha-tocopherol 40,32mg (soit 60UI de vitamine E naturelle);
retinyl palmitate 900microgrammesER (?) (soit 3000UI de vitamine A);
thiamine hydrochloride (vitamine B1) 100mg;
riboflavine (vitamine B2) 100mg;
nicotinamide (vitamine PP ou B3) 200mg;
calcium pentothenate 100mg (soit 90mg d’acide pantothenique/vitamine B5);
pyridoxine hydrochloride 100mg (soit 82,2mg de pyridoxine/vitamine B6);
acide folique (B9) 800microgrammes;
biotine (vitamine H ou B8) 600microgrammes;
cyanocobalamine (vitamine B12) 800microgrammes

Les résultats du test clinique sont en cours d’analyse.

— Fin de la prise de note —

Exemples de « cocktail » de vitamines B, qui font parti du cocktail cité par Michael Berk:
B Complex #12, Thorne
Best B Complex, Doctor’s Best 

NAC, Doctor’s Best

 

Vidéos de la Fondation FondaMental

Youtube peut être un merveilleux lieu d’apprentissage, en voici un exemple ici avec la chaîne Youtube de la Fondation FondaMental.

La Fondation FondaMental, fondation française qui oeuvre dans le domaine de la recherche en psychiatrie, qui est à l’origine des Centres Experts FondaMental, spécialisés dans le diagnostic et le suivi de patients (Centre Expert Autisme de Haut Niveau, Schizophrénie, Dépression résistante et Troubles bipolaires), oeuvre aussi à la diffusion d’information de qualité sur ce qu’elle appelle encore, toute fois, les maladies « mentales »…

Oui, j’écris « mentales » entre guillemets, car il me semble qu’il y aurait à discuter de la légitimité du terme « mental », lorsque l’on constate que les chercheurs qui s’expriment sur cette chaîne Youtube font surtout de la recherche en neurologie, en génétique, en immunologie, voir même en gastro-entérologie (microbiote…)… La Fondation FondaMental nous parle aussi d’autisme, qui est un trouble du développement, du neurodéveloppement, et non un trouble « mental »…
Bref.

Voici quelques unes des « playlists » de cette chaîne Youtube (les vidéos s’enchaînent les unes à la suite des autres, pour accéder à la liste des vidéos, il faut cliquer sur la petite icône en haut à gauche de la vidéo):

Autisme:

Recherche sur l’autisme:

Le Gut Brain Symposium, en English pour les English speaking:

Acide folinique (B9) et autisme

Traduction d’une Interview du Dr Richard Frye, qui a mené un essai clinique sur l’efficacité de l’acide folinique pour le traitement des troubles autistiques, interview réalisée par « N Of One: Autism Research Foundation« , en octobre 2016.
Cet article a été précédemment publié sur mon ancien blog, le 24 novembre 2016 :
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Préambule, 24 novembre 2016:
Il y a quelques semaines, des articles en français sur le sujet ont circulé sur les réseaux sociaux, particulièrement celui du magasine Top Santé, qui a fait une énorme erreur de traduction dans son article, en traduisant « folinic acid » par « acide folique » (au lieu de « acide folinique »). Et bien sûr, une fois qu’un magasine de l’envergure de Top Santé fait circuler une telle erreur, elle devient soudain vérité pour certains (on notera au passage que Top Santé classe cet article sur l’autisme dans sa rubrique « Psycho »).
Cette interview fait le point, entre autre, sur la différence entre acide folinique et acide folique. Elle fait référence à cette publication: « Folinic acid improves verbal communication in children with autism and language impairment: a randomized double-blind placebo-controlled trial » – RE Frye, J Slattery, L Delhey, B Furgerson, T Strickland, M Tippett, A Sailey, R Wynne, S Rose, S Melnyk, S Jill James, JM Sequeira and EV Quadros – Molecular Psychiatry advance online publication, 18 October 2016; doi:10.1038/mp.2016.168

Où trouver de l’acide folinique?
Exemple d’un complément alimentaire contenant de l’acide folinique en fin d’article.
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Interview du Dr Frye:
« Le Dr Richard Frye (MD, PhD) est le directeur de la recherche sur l’autisme à l’Institut de Recherche de l’Hôpital pour enfants de l’Arkansas. Il est aussi un neuropédiatre qui donne des consultations à la clinique « Arkansas Children’s Autism Multi-specialty clinic » (voir la fiche de présentation du Dr Frye sur le site de l’hôpital pour enfants de l’Arkansas).

Le Dr Frye et ses collègues ont récemment publié les résultats d’une étude, ayant duré plusieurs années, qui démontre que l’acide folinique améliore le langage chez les autistes, ainsi que certains autres symptômes des troubles autistiques.
La fondation « N of One: Research Foundation » travaille étroitement avec le Dr Frye depuis des années et a collaboré avec lui pour co-sponsoriser la première conférence sur l’autisme et le microbiome en 2014 (voir le site web de la conférence). Nous avons récemment contacté le Dr Frye pour discuter de ses dernières recherches.

Question: Bonjour Dr Frye, et merci de nous répondre. Pouvez-vous donner un bref synopsis de l’essai sur l’acide folinique que vous venez de terminer?
Richard Frye: L’essai était un essai en double-aveugle et contre placebo, pour déterminer si l’acide folinique, un genre particulier de folate, pouvait améliorer les symptômes majeurs et les comorbidités de l’autisme. C’était un essai en « double aveugle », si bien que ni les parents ni l’équipe de chercheurs ne savaient quels enfants recevaient la capsule d’acide folinique ou le placebo.
Avant que les enfants ne reçoivent l’acide folinique ou le placebo, la sévérité des symptômes relatifs à leur autisme a été évaluée. Nos travaux précédents nous laissaient penser que l’acide folinique aurait le plus d’impact positif sur la communication verbale, aussi nous avons recruté des enfants qui avaient un déficit de langage et nous avons mesuré leurs aptitudes à la communication verbale de façon très détaillée, en utilisant des tests standardisés validés, avant tout traitement. Après 12 semaines avec soit l’acide folinique, soit le placebo, nous avons répété les mêmes évaluations de la même façon, pour déterminer s’il y avait un changement.

Q: Qu’avez-vous vu?
RF: Nous avons découvert que les enfants qui avaient reçu l’acide folinique montraient des améliorations plus importantes en communication verbale et dans d’autres comportements tels que l’autonomie au quotidien, l’irritabilité, les comportements stéréotypés, et l’hyperactivité, comparé aux enfants ayant reçu le placebo. Les résultats démontraient un bénéfice clinique significatif, mais mes collaborateurs et moi recommandons de prendre ces résultats avec prudence et ils doivent être répliqués par une étude de plus grande envergure avant d’en tirer des conclusions.

Q: Qu’est-ce que ces résultats ont de significatif?
RF: Premièrement, le traitement adresse les symptômes qui sont au coeur de l’autisme [ndlt/note de la la traductrice: « triade » autistique], pas seulement des comportements ou des problématiques médicales associés à l’autisme [ndlt: comorbidités]. Deuxièmement, ce traitement cible une anomalie clé, qui pourrait être un mécanisme biologique de base à l’origine du développement des symptômes de l’autisme. Cela signifie que ce traitement pourrait réparer la biologie sous-jacente, ce qui réduirait les symptômes. Cela pourrait être une percée médicale significative dans ce domaine. Troisièmement, nous avons obtenu ces résultats avec de l’acide folinique, une vitamine très bien tolérée et considérée comme un traitement sûr. L’acde folinique a été utilisé en oncologie pédiatrique depuis les années 1950, pour atténuer les effets adverses du methotrexate, utilisé en chimiothérapie. Donc le traitement que nous donnons est étudié depuis longtemps et son profil de sécurité est bien connu. Cela contraste avec beaucoup de traitements courants utilisés pour les enfants autistes, et dont les profils de sécurité sont moins bien connus [ndlt: neuroleptiques, stimulants…], moins étudiés, et qui peuvent provoquer des effets adverses parfois sévères.

Q: Qu’est-ce que l’acide folinique?
RF: l’acide folinique est une forme de folate, qui est aussi appelé vitamine B9. Les folates sont un genre de vitamine qui est nécessaire pour que de nombreux systèmes de base de notre corps fonctionnent correctement. Beaucoup de gens connaissent l’acide folique, qui est la forme oxydée de folate utilisée dans les vitamines prénatales, et qui est aussi ajoutée dans certains aliments et qu’on trouve facilement en pharmacie et parapharmacie. L’acide folinique que nous avons utilisé dans cette étude est une forme réduite [l’inverse d’oxydé] de folate, similaire aux sources naturelles de folates qu’on trouve dans les aliments, et qui peut pénétrer dans le cerveau via une voie différente de celle de l’acide folique, et qui peut agir sur d’autres « obstacles » biologiques qui ont été retrouvés chez les autistes.

Q: Qu’est-ce qui vous a amené à tester l’acide folinique?
RF: il y a un trouble appelé Déficit Cérébral en Folate (DCF) qui a été découvert il y a tout juste un peu plus de 10 ans. Comme de plus en plus de personnes sont diagnostiquées, il est clair que beaucoup d’entre elles ont des symptômes retrouvés dans l’autisme. Ce trouble (DCF) est causé, dans certains cas, par des auto-anticorps anti-récepteur alpha des folates (AAARAF) qui bloquent le transport du folate vers le cerveau.
Cette découverte du DCF nous a amené, un collègue et moi, à tester des enfants autistes pour voir s’ils avaient aussi des AAARAF dans leur sang. Nous avons découvert qu’il y avait une très forte prévalence d’enfants autistes avec des AAARAF dans le sang, et que certains avaient un faible taux de folate dans leur système nerveux central, tout comme les enfants avec la DCF. Cela m’a donc amené à me demander si l’acide folinique ne pourrait pas aider certains enfants autistes ayant aussi des AAARAF.
Nos essais préliminaires suggéraient que l’acide folinique aidait effectivement certains enfants. Cela a ouvert la voie à mon équipe de l’Arkansas Children’s Hospital pour faire ce qui est appelé un essai en double aveugle et contre placebo. Ce type d’essai est considéré comme le nec plus ultra en médecine. Nous avons été très précautionneux dans le design de l’essai, et tous les enfants autistes n’étaient pas éligibles à y participer, il n’y a qu’un sous-groupe particulier qui répondait aux critères de sélection. C’est une chose importante à retenir, puisque ces découvertes ont été faites dans une population soigneusement sélectionnée, nous ne pouvons donc pas encore généraliser ces résultats à tous les autistes du spectre de l’autisme. Cet essai nous donne une idée du sous-groupe d’autistes qui a le plus de chance de répondre favorablement à ce traitement.

Q: Vous avez pris des mesures inhabituelles pour vous assurer que personnes ne pourrait deviner qui prenait le traitement ou le placebo. Pouvez-vous nous les décrire et nous les expliquer?
RF: C’est vraiment important de s’assurer que personne ne peut faire la différence entre les capsules contenant l’acide folinique et celles contenant le placebo. De façon à pouvoir maîtriser cette variable importante, j’ai demandé au fabriquant de faire de son mieux pour fournir des capsules identiques. Comme étape supplémentaire et spécifique à cet essai, nous avons demandé à différents groupes de personnes (scientifiques, techniciens…) s’ils pouvaient distinguer une différence. Ils ne le pouvaient pas. Je remercie mon équipe d’avoir eu cette idée, parce que je n’ai jamais vu cela dans un autre essai clinique et au final cela nous rend encore plus confiant dans le fait que cet essai est bien en aveugle.

Q: Quels sont les effets secondaires qu’on peut voir avec l’acide folinique?
RF: dans l’ensemble, l’acide folinique a été bien toléré et nous n’avons pas vu de différences significatives dans les effets adverses reportés dans les différents groupes d’enfants ayant reçu l’acide folinique ou le placebo. Dans notre étude précédente, nous avions observé que quelques patients qui prenaient des médicaments anti-psychotiques semblaient plus irritables quand ils prenaient de l’acide folinique, aussi nous avons décidé d’exclure de la sélection les enfants prenant des anti-psychotiques. Nous avons aussi exclu de la sélection les enfants très irritables, juste pour un maximum de sécurité. Bien que nos observations précédentes n’aient été faites que sur quelques patients, d’avantage de recherches est nécessaire pour voir si les patients prenant des antipsychotiques deviennent en général plus irritables en prenant de l’acide folinique.
De plus, autant dans ma pratique que dans cet essai, nous avons commencé par donner la demi-dose du traitement pendant les deux premières semaines, parce que nous savons que certains enfants peuvent devenir plus hyperactifs en début de traitement. Cela tend à être temporaire et à disparaître au bout de quelques semaines. Il est intéressant de noter que dans l’ensemble, l’attention et l’hyperactivité semblait s’améliorer au bout de 12 semaines de traitement avec l’acide folinique.
A la clinique, je constate aussi que des enfants qui prennent des formes d’acide folinique du commerce (non-combinée?), peuvent avoir des douleurs gastriques, de l’hyperactivité, ou de l’irritabilité. C’est ma conviction que cela peut être dû à une réaction ou à une sensibilité aux additifs de ces formes de médicaments, quoi que nous avons besoin d’étudier ça plus en détail. Dans notre première étude, nous avons utilisé une marque d’acide folinique qui était en tablette, et non une forme (combinée?) en capsule. Nous avons vu d’avantage d’irritabilité dans cette première étude que dans la plus récente. C’est pour cette raison que cette étude utilise une forme (combinée?) d’acide folinique, sans additifs (sans colorants, sans lait…).

[détail de la forme d’acide folinique utilisée: « sel de calcium de l’acide folinique », aussi appelée « sel de calcium de l’acide 5-formyl tétrahydrofolique », ou « leucovorin calcique » ; 2mg/kg de poids/jour, maximum 50mg/jour, divisé en 2 doses égales, pour 2 prises/jour, la moitié de la dose seulement étant donnée durant les 2 premières semaines, garantie sans colorant, sans lait, capsules végétariennes, produites par Lee Silsby Compounding Pharmacy –
(« International Nonproprietary Name: DL folinic acid calcium salt; United States Adopted Name: leucovorin calcium) was 2 mg kg−1 per day (maximum 50 mg per day) in two equally divided doses with half of the target dose given during the first 2 weeks. Dye-free, milk-product-free, vegetarian capsules were provided in three strengths (5, 10 and 25 mg) by Lee Silsby Compounding Pharmacy (Cleveland Heights, OH, USA). Certificate of analysis was provided for each capsule strength by an independent analytical service (Eagle Analytical Services, Houston, TX, USA) for each batch of capsules produced. In all cases, potency was at least 99%. »]

Q: Vous dites que le problème biologique que vous traitez est un taux faible de folate dans le cerveau, mais la seule façon de dépister ce problème est par le biais d’une ponction lombaire, une procédure douloureuse, invasive et coûteuse. Pensez-vous qu’il est nécessaire de dépister ce problème ou bien est-il possible de prendre de la Leucovorine (acide folinique) « pour voir »?
RF: c’est la raison pour laquelle je suis fan des biomarqueurs AAARAF. Notre étude démontre que ce biomarqueur peut aider à prédire qui répondra au traitement, rendant la ponction lombaire inutile, au moins dans la plupart des cas. Mon équipe et moi sommes impatients de démarrer une nouvelle étude de plus grande envergure dans laquelle nous pourrons étudier d’autres biomarqueurs de façon à rendre la prédiction plus fiable. C’est ma conviction, en tant que médecin, qu’il y aura des cas compliqués pour lesquels certains praticiens, y compris moi, pourront penser qu’une ponction lombaire est nécessaire, mais heureusement, nous pouvons limiter le nombre d’enfants nécessitant cette procédure.

Q: Comment peut-on faire tester les AAARAF? Est-ce un test que tout médecin peut prescrire?
RF: les AAARAF peuvent être mesurés par certains laboratoires comme Ilia Neurosciences avec le test FRAT (Folate Receptor Antibody Test).

Q: Avez-vous vu des améliorations chez les enfants qui n’avaient pas les AAARAF?
RF: Absolument. Un marqueur prédictif signifie simplement qu’il peut identifier les enfants qui ont statistiquement plus de probabilités de répondre favorablement au traitement. Mais nous voyons aussi des enfants négatifs aux AAARAF qui vont mieux avec un traitement d’acide folinique. Il y a de nombreuses raisons biologiques, scientifiques, médicales pour lesquelles un enfant peut répondre positivement à l’acide folinique en l’absence d’AAARAF. Pour chaque patient, il est préférable de discuter des bénéfices et des risques d’un traitement d’acide folinique avec un médecin qui a une bonne compréhension de la science et de la littérature médicale, de façon à déterminer si un enfant qui est négatif aux AAARAF pourrait bénéficier d’un essai thérapeutique d’acide folinique.

Q: A la fondation « N of One » nous insistons sur la recherche qui s’appuie sur des études de cas [ndlt: étude détaillé du cas d’un seul patient] et qui s’en sert pour faire des liens entre différentes problématiques qui semblent sans rapport de prime abord. Y a-t-il eu un cas en particulier qui vous a permis d’avancer dans votre recherche?
RF: Oui, en effet. Nous avons fait la connexion entre le Déficit Cérébral en Folate (DCF) , les AAARAF et l’autisme en grande partie grâce à un patient en particulier. Il y a environ 7 ans, j’ai reçu à ma clinique pour l’autisme un patient avec une variété de symptômes qui semblaient aussi correspondre au DCF. Les analyses montrèrent en effet un taux bas de folate cérébral et lorsque nous l’avons traité avec de l’acide folinique, nous avons vu de nombreuses améliorations de ses symptômes d’autisme. C’est cette expérience qui nous a menée à nous interroger sur la possibilité que le DCF et les AAAFAR soient des facteurs présents chez d’autres autistes.

Q: Y a-t-il autre chose que vous souhaitez ajouter?
RF: Sur un plan personnel, j’aimerais remercier John Rodakis et la « N of One: Autism Research Foundation » pour leurs efforts pour soutenir la recherche médicale dans le domaine de l’autisme, pour leur travail pour transmettre le message au public, particulièrement aux parents qui ont besoin d’information parce qu’ils ont des enfants qui ont besoin d’aide. C’est cet effort citoyen qui porte ses fruits et c’est un plaisir de pouvoir prendre le temps de faire cet interview.
– – –
Exemple de complément alimentaire qui contient de l’acide folinique:
B Complex #12, Thorne Research

Petits gâteaux sans gluten

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Le sarrasin n’est pas une céréale, il est donc naturellement sans gluten.
Attention, certaines personnes peuvent être sensibles ou allergiques aux oeufs ou aux laitages, cette recettes est adaptable et peut devenir « sans caséine » et/ou « 100% végétale ».

Ingrédients, pour une dizaine de petits gâteaux:

200g de farine de sarrasin bio
150g de beurre nature ou demi-sel bio
70g de sucre « complet » ou roux/brun bio
2 oeufs bio
1/3 de cuillère à café de bicarbonate de soude

Version végétale, sans caséine:
Remplacer le beurre par de l’huile d’olive.
Remplacer les œufs par une banane écrasée en purée (à la fourchette) ou environ 100g de compote de pomme.
Il existe encore d’autres alternatives aux oeufs, voir par exemple cet article d’Antigone XI.

Graisses:
Opter pour du beurre salé apporte un petit goût « galette bretonne » à ces gâteaux.
On peut varier le type de graisse utilisée: beurre doux, huile de coco, huile d’olive, beurre de cacao… Opter toujours pour des huiles végétales de première pression à froid bio, et qui conviennent à la cuisson (éviter l’huile de colza, par exemple).
On peut aussi mélanger différents types de beurres/huiles ou opter pour des gâteaux 100% huile d’olive (non, ils ne sentiront pas l’huile d’olive!).
Les graisses saturées, qui figent à température ambiante (beurre, huile de coco ou beurre de cacao) auront tendance à donner une texture plus riche que les huiles végétales fluides, avec un effet « sablé ».
On peut aussi réduire la quantité de graisse, jusqu’à 80-100g, pour une texture un peu plus friable, un peu plus sèche, mais plus « light » (mais personnellement je ne recommande pas les « régimes light », pas du tout !!).

Moules:
L’idéal est d’utiliser de petits ramequins ou cassolettes à crème brûlée en céramique, porcelaine, argile…: les matériaux « naturels » sont les plus sûrs, ils ne risquent pas de relarguer des substances toxiques pendant la cuisson (aluminium…). Perso, j’avoue, pour le moment, je fais avec ce que j’ai: j’utilise en priorité mes ramequins en céramique, et je complète avec une plaque de cuisson qui contient de l’aluminium (shame!), plaque que je beurre et farine copieusement.

Préparation:
Faire préchauffer le four thermostat 5 ou 150°.
Dans un saladier, avec une fourchette, battre ensemble le sucre et les œufs.
Ajouter le beurre (préalablement fondu au bain-marie) et mélanger.
Ajouter la farine et le bicarbonate de soude, mélanger bien, jusqu’à obtenir une pâte homogène.
Beurrer ou huiler les ramequins et/ou la plaque à tartelettes. Répartir équitablement la pâte dans les moules.
Enfourner!

Cuisson: environ 10-15 minutes thermostat 5 ou 150°, en fonction de la taille des moules. Plus les moules sont petits, plus les gâteaux cuisent vite! Les gâteaux auront aussi tendance à cuire plus vite dans un moule en métal, ils seront aussi légèrement plus secs.
Les gâteaux sont cuits lorsqu’on peut les piquer avec la pointe d’un couteau et que la lame en ressort sèche.

Pense-bête: pour éviter de tout faire brûler en laissant vos gâteaux au four trop longtemps, utiliser un minuteur ou l’alarme de votre téléphone portable!

On peut transformer ces gâteaux natures en ajoutant des épices, des morceaux de pommes, du cacao, des morceaux de noix, des pépites de chocolat…, comme pour des cookies.

Et j’avoue, j’aime beaucoup la version « double-gras », tartinée d’huile de coco:

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