Les dangers de la chélation

« La chélation, c’est dangereux, c’est un scandale d’en faire la promotion, ce genre d’article devrait être interdit, ce genre d’article devrait être dénoncé, etc… ».
C’est le genre de réactions auquel on s’expose en France, en particulier dans le milieu de l’autisme, lorsqu’on aborde le sujet de la chélation des métaux lourds et du protocole Cutler.
En France, parler de chélation est plus subversif que de parler de sexe ou de prostitution.

Quels sont les arguments des détracteurs du protocole Cutler ?
Leurs peurs sont-elles fondées ?

Rappel des bases du protocole Cutler : des micro-doses de chélateurs sont utilisées sur le long terme, pendant en moyenne un an ou deux, pour permettre au corps de se détoxifier de ses stocks de métaux lourds, en douceur, lentement mais sûrement.
On chélate en faisant des « tours » de chélation : on prend un chélateur pendant environ 3 jours d’affilé, puis on arrête pendant 3-4 jours, puis on reprend un chélateur pendant environ 3 jours, puis on arrête 3-4 jours, etc… Et on alterne ainsi toujours temps de chélation / temps de repos.
On prend les chélateurs en respectant leur « demi-vie » de façon à maintenir un taux stable de chélateur dans le sang, de façon à réduire le phénomène de redistribution pendant le tour de chélation.
On parle de « micro-dose » dans le protocole Cutler, par opposition aux doses bien plus élevées utilisées habituellement par les médecins chélateurs.
On prend des anti-oyxdants, des minéraux, pendant toute la durée de la chélation, de façon à compenser l’éventuelle perte de minéraux pouvant être provoquée par les chélateurs et pour soutenir le corps dans son effort de détoxification.

Pour + de détails, voir l’article sur les bases du protocole Cutler.

Les chélateurs utilisés:
DMPS (2,3-Dimercaptopropane sulfonate sodium)
DMSA (meso-2,3-dimercaptosuccinic acid )
ALA (Acide Alpha Lipoïque)

Le seul chélateur considéré comme « indispensable » dans le protocole est l’ALA, qui est en vente libre en France (en pharmacie, parapharmacie, sur le net…).
En principe, on peut donc chélater sans utiliser le DMSA ou le DMPS. Ces deux chélateurs sont toute fois recommandés dans le protocole, au moins pendant les premiers mois, de façon à chélater les métaux lourds qui se trouvent dans le milieu extra-cellulaire (dans le sang et la lymphe), avant de passer à l’ALA qui est sensé chélater les métaux lourds présents dans le cerveau.

La raison de cela, d’après Cutler, c’est qu’il est préférable de « nettoyer » le sang et la lymphe avec le DMSA et/ou le DMPS de façon à réduire les risques de déplacer les métaux qui s’y trouvent vers le cerveau avec l’ALA. L’ALA pourrait en effet transporter les métaux aussi bien hors du cerveau que vers lui, en passant la barrière hémato-encéphalique dans les deux sens. Moins il y a de métaux dans le sang et la lymphe, moins il y a de risques de déplacer les métaux vers le cerveau.

Ce que disent des chercheurs français sur la chélation par DMSA et DMPS, dans l’article  « Intoxication au mercure », par L. Bensefa-Colas (Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, service de pathologies professionnelles, groupe hospitalier Cochin Saint Vincent de Paul), P. Andujar (Inserm, Université Paris 12, Faculté de Médecine, Créteil), A. Descatha (Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, Unité de pathologie professionnelle, hôpital Raymond Point Carré, Garches) ; publié dans La revue de médecine interne
Volume 32, n° 7, pages 416-424 (juillet 2011), Doi : 10.1016/j.revmed.2009.08.024) :
« Le traitement par DMPS ou par DMSA ont montré une efficacité supérieure aux traitements par BAL ou par D-pénicillamine (DPA) lors d’intoxication mercurielle chez l’enfant et chez l’adulte, le DMPS supérieur au DMSA [76]. Par ailleurs, ces deux agents chélateurs ne semblent pas mobiliser le mercure accumulé dans le cerveau, réduisant le risque d’intoxication pouvant secondairement être induite par la mobilisation du mercure vers le compartiment sanguin [77]. Le BAL, bien qu’actif lors des intoxications aiguës aux dérivés inorganiques, n’a pas montré son efficacité dans les intoxications chroniques, et peut même aggraver l’encéphalopathie liée à l’intoxication au MeHg  [2, 13]. Le DMPS et le DMSA sont les deux agents chélateurs à privilégier lors des intoxications aiguës ou chroniques s’accompagnant de signes cliniques. L’usage de BAL tend à se restreindre et n’est employée dans certains pays que lorsqu’il est le seul agent chélateur commercialisé [77]. En effet, seul le DMSA est commercialisé en France uniquement sous forme per os [par voie orale], posant une difficulté de prise en charge en réanimation. A ce jour, aucune donnée concernant l’évaluation du traitement chélateur lors de l’intoxication foetoplacentaire n’est disponible [77]. »

 

DMSA et législation française:
Le DMSA, aussi surnommé « Succimer », bénéficie d’une AMM, il est commercialisé sous le nom de « Succicaptal », en gélules de 100 ou 200mg (Référence : pdf de la HAS).
« Depuis 1997, le DMSA est disponible en France avec une Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement des intoxications au plomb, sans mention spécifique de niveau de plombémie à considérer. Il existe en gélules dosées à 200 mg (Succicaptal®). C’est un produit à délivrance exclusivement hospitalière. » (Référence: « Plomb dans l’environnement, quels risques pour la santé?«  Chapitre 10 : Diagnostic et traitement de l’intoxication chez l’enfant ; Inserm, 1999).

L’AMM concerne donc uniquement une utilisation hospitalière. Cela signifie que le DMSA, en France, sous la forme « Succicaptal », ne peut pas être vendu sans ordonnance à des particuliers.
Par contre, à ma connaissance, il n’existe aucune interdiction d’acheter du DMSA ailleurs qu’en France.
Ce qui n’est pas interdit est permis !


DMPS et législation française :

Le DMPS, lui, ne dispose pas d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France.
Les détracteurs du protocole Cutler en déduisent donc que c’est illégal, et que donc c’est dangereux (soit c’est une substance illégale parce qu’elle est dangereuse soit c’est dangereux parce que c’est illégal, soit les deux).

Cependant, s’il y  a bien une absence d’autorisation de mise sur le marché pour le DMPS, à ma connaissance, il n’y a pas non plus d’interdiction d’en acheter !
En France, ce qui n’est pas interdit est permis !

S’il faut une AMM pour tout ce qui touche à la santé du citoyen, ceux qui s’insurgent que le DMPS ne dispose pas d’une AMM devraient donc aussi s’inquiéter de l’absence d’AMM pour les amalgames dentaires au mercure, alors qu’ils sont utilisés tous les jours par de nombreux dentistes :
« S’ils étaient soumis avant leur mise sur le marché à des études toxicologiques, comme le sont les médicaments et les pesticides, jamais les amalgames n’obtiendraient leur AMM: le mercure inorganique, sous ses différentes espèces chimiques, est en effet neurotoxique, néphrotoxique, immunotoxique, mais aussi génotoxique et perturbateur endocrinien. Certaines espèces chimiques du mercure sont classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), c’est-à-dire dangereuses pour notre génome et la reproduction. Ses propriétés et sa capacité à s’accumuler dans l’organisme tout au long de la vie, notamment dans le cerveau, expliquent qu’on l’ait peu à peu interdit dans une majorité de produits et procédés industriels.
(…)  les plombages sont de loin les principaux contributeurs à la charge corporelle en mercure, qu’ils sont soupçonnés d’être impliqués dans la survenue de maladies neurologiques dont la maladie d’Alzheimer, des pathologies auto-immunes, des malformations de la descendance etc.
(…) L’expertise de Biois met en lumière des données accablantes pour la France. Alors que les autres pays européens en ont fortement réduit l’usage, la France détient le triste record de la plus forte consommation de mercure dentaire: 17 tonnes sont placées chaque année dans la bouche des Français –un tiers du volume utilisé au niveau européen! »
(Référence: « Amalgames dentaires: un dossier plombé par les conflits d’intérêts », Mediapart, 26 mars 2012)
Le livre de Françoise Cambeyrac, « Vérités sur les maladies émergentes » est aussi une bonne source d’information sur la problématique des amalgames dentaires et de l’intoxication aux métaux lourds.

Ceci dit, revenons-en au DMPS !
Qu’est-ce que le DMPS ?: « Le 2,3-dimercaptopropan-1-sufonate de sodium ou DMPS est un chélateur capable de complexer certains métaux lourds dont le mercure. Dans plusieurs pays européens, il est utilisé lors de  thérapie dite « par chélation » afin de traiter les intoxications chroniques ou aigües notamment au mercure. Lors de ce traitement, le chélateur DMPS est soit injecté par intraveineuse, soit ingéré par voie orale. Cette thérapie par chélation est un procédé controversé.
Produit par la société pharmaceutique Heyl, le DMPS est utilisé notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse. Il n’est pas utilisé en France, n’y disposant pas d’une autorisation de mise sur le marché. »
(extrait d’un devoir surveillé, sur le blog de la classe de prépa Physique-Chimie Et Science de l’Ingénieur du Lycée Jean-Daudet, La Rochelle).

Dans le livre « A la recherche de ma santé perdue » (Edition du Moment, 2015), l’auteure Sophie Benarrosh explique que le DMPS est bien utilisé dans d’autres pays que la France, comme les Pays-Bas (des médecins chélateurs français sont susceptible de se procurer ce produit là-bas et de s’en servir en France) et que si ce produit n’est pas vendu en France, c’est parce que le laboratoire qui le fabrique n’a tout simplement pas fait de demande d’autorisation de mise sur le marché, au prétexte que le marché serait très restreint, donc pas rentable.
Puisque la plupart des français ignorent tout de l’intoxication chronique aux métaux lourds, ils ne peuvent pas avoir l’idée de vouloir faire une chélation, et donc, forcément, il n’y a pas de marché pour les chélateurs !

Bien entendu, tout médicament reste potentiellement dangereux, même ceux en vente libre comme l’aspirine ou le paracétamol mais si le DMPS n’est pas vendu en France, c’est pour une question de marché, de coût, de rentabilité, pas à cause de la dangerosité potentielle de ce médicament.

 

DMPS et Syndrome de Steven-Johnson:
Dans certains articles, il est mentionné que le DMPS pourrait provoquer un Syndrome de Steven-Johnson. Cette information provient d’une étude de cas (Référence: https://doi.org/10.1080/15563650701779687qui mentionne la survenue de ce syndrome chez un enfant de 11 ans, après deux semaines de thérapie au DMPS. Ce syndrome a disparu progressivement après l’arrêt de la thérapie. Cette thérapie consistait à une prise de 200mg de DMPS par voie orale, 3 fois par jour, tous les jours. Soit 4 200mg de DMPS/semaine.

Dans le protocole Cutler, le dosage est très inférieur!! La dose de départ pour un adulte est d’environ 12mg, 3 fois/jour, 3 jours/semaine au maximum (c’est un « round » ou « tour de chélation » qui sera répété pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois), et on augmente progressivement le dosage jusqu’à 25 à 50mg maximum pour un adulte, soit environ 450mg/semaine (à raison de 50mg, 3 fois/jour, pendant un tour de chélation de 3 jours).

Les dosages préconisés dans le protocole Cutler pour le DMPS sont donc environ 10 fois inférieurs à ceux mis en cause dans cette étude de cas.

Plus on augmente les doses de n’importe quel médicaments, plus on augmente les risques d’effets adverses. C’est vrai pour le DMPS autant que pour l’aspirine.
Le protocole Cutler préconise des micro-doses justement pour réduire ces risques d’effets adverses.
C’est la même prudence qui amène à vendre l’aspirine par dose de 500mg ou 1 gramme maximum : de façon à minimiser les risques d’effets adverses.

 

Chélation, erreur médicale et décès:
Il est parfois rapporté dans certains articles (comme celui de Spectrum News) qu’une chélation est un procédé dangereux potentiellement mortel.
On cite en général l’exemple d’un garçon autiste de 5 ans décédé lors d’une chélation en 2005. Il s’agit d’un décès survenu suite à l’injection d’une forme inappropriée d’EDTA. La forme communément utilisée est le calcium edetate de sodium, qui est un chélateur du plomb, or la forme injectée dans ce cas présent était le sodium edetate, qui est un chélateur du calcium (Référence: « Pediatric fatality secondary to EDTA chelation« ).

Or, d’une part, dans le protocole Cutler, l’utilisation d’EDTA est fortement déconseillée, ainsi que les injections de chélateurs, jugées justement potentiellement trop violentes.

D’autre part, ici, la problématique réelle n’est pas le chélateur mais l’erreur médicale: le décès est la conséquence de la confusion entre deux produits dont les noms se ressemblent.
Comment juger des effets d’une chélation lorsque le produit injecté n’est pas le bon?

 

DMSA et dommages cognitifs:
Dans un article de Spectrum News, il est fait mention de l’annulation d’une étude clinique qui prévoyait d’évaluer l’efficacité du protocole Cutler pour le traitement de l’autisme.
Cet étude aurait été annulée suite à la publication des résultats inquiétants  d’une autre étude sur le DMSA: « Succimer Chelation Improves Learning, Attention, and Arousal Regulation in Lead-Exposed Rats but Produces Lasting Cognitive Impairment in the Absence of Lead Exposure« .
Les doses de DMSA utilisées dans cette étude étaient de 50mg/kg de poids/jour durant une semaine, puis de 25mg/kg de poids/jour pendant la deuxième et la troisième semaine. Ce traitement a été administré à deux groupes de rats: l’un qui avait été exposé au plomb, l’autre qui n’y avait pas été exposé.
Les rats intoxiqués au plomb ayant reçu le DMSA virent leurs capacités d’apprentissage et leur attention améliorées, alors que les rats qui n’avaient pas été intoxiqués et qui reçurent le DMSA virent leurs capacités d’apprentissage impactées négativement sur le long terme, peut-être à cause de l’effet chélateur du DMSA vis à vis d’autres métaux et minéraux (entre autre le zinc).
Le dosage utilisé dans cette étude revient à donner 3500mg de DMSA/jour à un adulte de 70kg pendant la première semaine, soit 24 500mg/semaine (soit 24,5 grammes), puis 1750mg de DMSA/jour pendant les deuxième et troisième semaine (soit 12,25 grammes/semaine).
Le protocole Cutler, bien que d’une durée beaucoup plus longue, utilise des doses très largement inférieures, de l’ordre de 230-1250mg/semaine en moyenne pour un adulte.
Exemple d’un « tour » de chélation: 12,5mg de DMSA, pris toutes les 3h, pendant 72h = 25 doses = 312,5mg.
Le protocole recommande de monter progressivement jusqu’à 25 à 50mg de DMSA par dose, pour un adulte, soit 1250mg/tour de chélation au maximum.
Le protocole prévient aussi les risques de pertes de minéraux essentiels en préconisant la prise de magnésium et de zinc tout au long de la chélation.

Encore une fois, comment peut-on se permettre de décrier un protocole qui utilise des micro-doses de chélateur en se basant sur une étude qui utilise des macro-doses??
Ce genre de jugement expéditif mènerait à interdire l’aspirine, au prétexte qu’une dose de 500mg d’aspirine/kg de poids peut être létale.

 

Conclusion :
Si l’on souhaite s’informer sur la chélation, il convient d’éviter de se fier aveuglément à des articles aux titres sensationnalistes. Il convient de remonter aux sources de l’information et d’apprendre à l’analyser un minimum avant d’en tirer des conclusions.

 

Pour s’informer via des sources officielles :

En français :

La HAS sur le Succicaptal (DMSA)

Via l’Inserm:
– « Plomb dans l’environnement, quels risques pour la santé ? », par un groupe d’experts et auteurs, 1999.
« Neurotoxicité des produits industriels et développement cérébral », , par Dominique Labie, 2007.
– « Intoxication au mercure », par L. Bensefa-Colas, P. Andujar, A. Descatha, 2011.

Via le site du Centre Antipoisons belge:
Intoxication au plomb

Via le site de l’Organisation Mondiale de la Santé:
–  Oral chelation therapy for patients with lead poisoning
Review of Succimer for treatment of lead poisoning

Publications dans des revues à comité de lecture :

Safety and efficacy of oral DMSA therapy for children with autism spectrum disorders: Part A – Medical results :
« Overall, there is a substantial body of research that suggests mercury and other toxic metals could be involved in the etiology of some cases of autism, although the autism-thimerosal link remains controversial. There is also more general evidence to suggest that lead, mercury, and other toxins can impair child development at levels commonly encountered by most of the US population . There is some evidence to suggest that the use of DMSA therapy to remove toxic metals may be helpful in normalizing the porphyrin-heme pathway, and possibly helpful in improving some of the symptoms of autism. »

Safety and efficacy of oral DMSA therapy for children with autism spectrum disorders: Part B – Behavioral results :
« Overall, both one and seven rounds of DMSA therapy seems to be reasonably safe in children with ASD who have high urinary excretion of toxic metals, and possibly helpful in reducing some of the symptoms of autism in those children. »

Mercury Toxicity and Treatment: A Review of the Literature

Safety and Efficacy of Meso-2,3-Dimercaptosuccinic Acid (DMSA) in Children with Elevated Blood Lead Concentrations

Use of 2,3-dimercaptopropane-1-sulfonate in treatment of lead poisoning in children.

Chelation: Harnessing and Enhancing Heavy Metal Detoxification—A Review

Lead induced oxidative damage and its response to combined administration of α-lipoic acid and succimers in rats

Mercury toxicity and antioxidants: Part 1: role of glutathione and alpha-lipoic acid in the treatment of mercury toxicity.

The role of thiols, dithiols, nutritional factors and interacting ligands in the toxicology of mercury

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Témoignage d’une ex-accompagnante sexuelle

Texte écrit en juillet 2016, à la demande de Marcel Nuss – fondateur de l’association APPAS, paru dans l’ouvrage collectif « Handicaps et accompagnement à la vie affective, sensuelle et sexuelle » (Ed. Chronique Sociale).
Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

 

Connexion à la terre – chaussures – EHS

Voici une liste de chaussures plein cuir et de chaussons en matières naturelles pour ceux qui souhaitent pratiquer la connexion à la terre aussi souvent que possible – qu’ils soient électrohypersensibles (EHS) ou pas, et/ou ceux qui sont sensibles aux propriétés électromagnétiques des isolants électriques/ matières synthétiques.
Bien sûr, marcher avec de telles chaussures sur de l’asphalte ou tout autre revêtement de sol synthétique/isolant électrique (lino, moquette, plancher flottant…) peut sembler absurde, mais – quelque soit le revêtement de sol, le simple fait de porter du « plastique » sur soi peut affecter les plus sensibles. Et quand on est en ville, même si la majeure partie des sols est recouverte d’asphalte, certains parcs, même de tout petits bouts de pelouse permettent de grappiller quelques moments de mise à la terre.

La connexion à la terre, qu’est-ce que c’est? Quelques articles sur le sujet:
Sur le site du Dr Mercola
Sur le site Sain et naturel
Nerf vague, connexion à la terre et autisme
Les études menées sur la connexion à la terre, via le Earthing Institute
Les recommandations de Matteo Tavera pour vivre « connecté » (un des pionniers du bio en France, co-fondateur du label Nature & Progrès), dans son livre « Mission Sacrée » (voir la 28ème lettre pour les recommandations pratiques).

Les semelles plein cuir sont souvent équipée d’un « patin » anti-dérapant au niveau du talon. Cela ne gêne pas trop, tant que le reste de la semelle extérieure est bien entièrement en cuir.

Pour les personnes électrohypersensibles en particulier, attention aux chaussures qui comportent beaucoup d’éléments en métal (boucles, clous…) qui peuvent faire « antenne »!!
Pour les personnes sensibles aux propriétés électromagnétiques des isolants électriques/matériaux synthétiques: attention aux bottines élastiquées, plus faciles à enfiler: tous les élastiques (ceux des chaussons de danse en cuir, etc…), comme tout les matériaux synthétique/isolants électriques, peuvent affecter les personnes très sensibles (moins bon équilibre, moins bonne coordination, jambes qui faiblissent, sensation d’oppression, perte de force musculaire…). Voir le site du Dr Dieuzaide pour plus d’info sur le sujet.

Il existe des chaussures avec des semelles particulièrement conductrices: les Earthrunners. A l’heure actuelle, je ne les recommanderai pas puisque leur semelle est en synthétique et en métal, mais elles peuvent être une bonne alternative pour les vegans. Elles conviennent aux adeptes de la course à pied minimaliste, on doit donc pouvoir faire de longues promenades avec!

Et pour aller avec les chaussures, sur la boutique Chaussettes Nature, on trouve des chaussettes 100% coton, réellement 100% coton (sans élasthanne).

Les « low cost », pour les petits budgets:
Dans les friperies, les boutiques Emmaüs, Croix Rouge, Bazar Sans Frontière…, les magasins de vêtements « vintage », sur les vides greniers, les brocantes, et sur les sites comme Ebay ou Leboncoin, en cherchant bien, on peut trouver des chaussures plein cuir d’occasion à prix abordables.
Attention, surtout en cas d’achat sur le net, à bien s’assurer que la semelle extérieure est en cuir et que la chaussure n’a pas été ressemelée avec un patin en synthétique/caoutchouc.
Marques à rechercher plus particulièrement: sandalles Tropeziennes, chaussures Made In Romans, bottes et bottines Mexicana, Sendra…

Tropéziennes:
Sandalles pour les beaux jours. Elles ne sont pas « tous terrains », il vaut mieux leur éviter les sols trop inégaux (pentes raides, en particulier), qui risquent de mettre à mal la solidité des lanières. Elles permettent tout de même de longues promenades sur les chemins de campagne.
Celles qui semblent les plus faciles à trouver et les moins chères sont celles de la marque Mr Belarbi , mais elles sont pour les femmes uniquement. Attention, certaines ont une semelles entièrement synthétique!

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Tropéziennes par Mr Belarbi, environ 50 euros.

Pour les hommes, je n’ai trouvé que certaines Rondini ou quelques unes des sandales proposées par La Botte Gardiane, beaucoup plus chères (attention, certaines ont des semelles en « crèpe », c’est à dire en caoutchouc qui empêche la connexion à la terre).

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Franciscaines, par Rondini.

Made In Romans: Quelques unes des chaussures de cette marque sont « plein cuir ».
On peut commander en ligne, quelques boutiques en France les distribuent (voir le site de la marque pour les adresses) et le magasin d’usine est situé à Romans sur Isère.
On trouve des modèles pour hommes et pour femmes.
J’ai acheté une paire de bottines « classique » qui semble tailler un peu petit mais il est possible que le cuir se fasse à l’usage et se distende.

Made in Romans
Made In Romans


Santiags:

Attention! Les acheter neuves revient vraiment cher! J’ai acheté les miennes dans une boutique de vêtements « vintage » un peu chic, à Annecy (la boutique a fermé en juin 2017).
Quelques marques: Mexicana, Sendra…

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Bottines Mexicana.

Chaussures classiques:
Vaste choix de chaussures assez « chic », sur le site ShoePassion, collections homme et femme.
Plus confidentiel, pour femmes seulement, la boutique Etsy Julia Bo Shoes ou les petites merveilles « Western » de la marque Oak Tree Farm.

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Sur ShoePassion

Chaussures médiévales:
Certains sites proposent des reconstitutions de chaussures et vêtements médiévaux, de fabrication artisanale. Voir les sites d’Armstreet, Boutique Médiévale (attention, certains modèles sont en simili cuir et/ou à semelles synthétique), Historisch Schuche, OttomanShoes.

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Sur la Boutique Médiévale

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Sur Historisch Schuche, une sandale à 45 euros!

Chaussures « ethniques » traditionnelles:
Jutti hindoues, babouches…
Pour le moment, j’ai échoué à en trouver sans coussinet de rembourrage (glissé entre la semelle intérieure et la semelle extérieure). Ces coussinets pourraient être en synthétique, la matière utilisée n’est jamais précisée, donc je me méfie. Je ne désespère pas d’arriver à en trouver qui soient « réellement » 100% cuir un jour prochain!

 

Chaussons: 

Trouver des chaussons en cuir pour bébé est assez facile, par contre pour adultes, il faut chercher plus!

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Laine et cuir, mouton, via La Petite Boutique, 18 euros!

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Via Les Trois Moutons 

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Les bambouchas, mes préférés, très roudoudou! 20 euros, via only-mouton.fr

Chaussures personnalisables Soft Star:


Site web Soft Star (bien choisir l’option « leather sole »!!!).

Tong Earthing


Tong avec semelles conductrices via Groundology

Mocassins et autres chaussures earthing:


Pour femmes, hommes, enfants, via le site The Earthing Store

Les chaussures Pluggz, plusieurs modèles pour hommes et femmes:


Les « Zeus », pour hommes.

Si vous connaissez d’autres chaussures et chaussons en matières naturelles, n’hésitez pas à me les signaler!
carolinevigneron@hotmail.fr

 

 

Acide folinique (B9) et autisme

Traduction d’une Interview du Dr Richard Frye, qui a mené un essai clinique sur l’efficacité de l’acide folinique pour le traitement des troubles autistiques, interview réalisée par « N Of One: Autism Research Foundation« , en octobre 2016.
Cet article a été précédemment publié sur mon ancien blog, le 24 novembre 2016 :
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Préambule, 24 novembre 2016:
Il y a quelques semaines, des articles en français sur le sujet ont circulé sur les réseaux sociaux, particulièrement celui du magasine Top Santé, qui a fait une énorme erreur de traduction dans son article, en traduisant « folinic acid » par « acide folique » (au lieu de « acide folinique »). Et bien sûr, une fois qu’un magasine de l’envergure de Top Santé fait circuler une telle erreur, elle devient soudain vérité pour certains (on notera au passage que Top Santé classe cet article sur l’autisme dans sa rubrique « Psycho »).
Cette interview fait le point, entre autre, sur la différence entre acide folinique et acide folique. Elle fait référence à cette publication: « Folinic acid improves verbal communication in children with autism and language impairment: a randomized double-blind placebo-controlled trial » – RE Frye, J Slattery, L Delhey, B Furgerson, T Strickland, M Tippett, A Sailey, R Wynne, S Rose, S Melnyk, S Jill James, JM Sequeira and EV Quadros – Molecular Psychiatry advance online publication, 18 October 2016; doi:10.1038/mp.2016.168

Où trouver de l’acide folinique?
Exemple d’un complément alimentaire contenant de l’acide folinique en fin d’article.
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Interview du Dr Frye:
« Le Dr Richard Frye (MD, PhD) est le directeur de la recherche sur l’autisme à l’Institut de Recherche de l’Hôpital pour enfants de l’Arkansas. Il est aussi un neuropédiatre qui donne des consultations à la clinique « Arkansas Children’s Autism Multi-specialty clinic » (voir la fiche de présentation du Dr Frye sur le site de l’hôpital pour enfants de l’Arkansas).

Le Dr Frye et ses collègues ont récemment publié les résultats d’une étude, ayant duré plusieurs années, qui démontre que l’acide folinique améliore le langage chez les autistes, ainsi que certains autres symptômes des troubles autistiques.
La fondation « N of One: Research Foundation » travaille étroitement avec le Dr Frye depuis des années et a collaboré avec lui pour co-sponsoriser la première conférence sur l’autisme et le microbiome en 2014 (voir le site web de la conférence). Nous avons récemment contacté le Dr Frye pour discuter de ses dernières recherches.

Question: Bonjour Dr Frye, et merci de nous répondre. Pouvez-vous donner un bref synopsis de l’essai sur l’acide folinique que vous venez de terminer?
Richard Frye: L’essai était un essai en double-aveugle et contre placebo, pour déterminer si l’acide folinique, un genre particulier de folate, pouvait améliorer les symptômes majeurs et les comorbidités de l’autisme. C’était un essai en « double aveugle », si bien que ni les parents ni l’équipe de chercheurs ne savaient quels enfants recevaient la capsule d’acide folinique ou le placebo.
Avant que les enfants ne reçoivent l’acide folinique ou le placebo, la sévérité des symptômes relatifs à leur autisme a été évaluée. Nos travaux précédents nous laissaient penser que l’acide folinique aurait le plus d’impact positif sur la communication verbale, aussi nous avons recruté des enfants qui avaient un déficit de langage et nous avons mesuré leurs aptitudes à la communication verbale de façon très détaillée, en utilisant des tests standardisés validés, avant tout traitement. Après 12 semaines avec soit l’acide folinique, soit le placebo, nous avons répété les mêmes évaluations de la même façon, pour déterminer s’il y avait un changement.

Q: Qu’avez-vous vu?
RF: Nous avons découvert que les enfants qui avaient reçu l’acide folinique montraient des améliorations plus importantes en communication verbale et dans d’autres comportements tels que l’autonomie au quotidien, l’irritabilité, les comportements stéréotypés, et l’hyperactivité, comparé aux enfants ayant reçu le placebo. Les résultats démontraient un bénéfice clinique significatif, mais mes collaborateurs et moi recommandons de prendre ces résultats avec prudence et ils doivent être répliqués par une étude de plus grande envergure avant d’en tirer des conclusions.

Q: Qu’est-ce que ces résultats ont de significatif?
RF: Premièrement, le traitement adresse les symptômes qui sont au coeur de l’autisme [ndlt/note de la la traductrice: « triade » autistique], pas seulement des comportements ou des problématiques médicales associés à l’autisme [ndlt: comorbidités]. Deuxièmement, ce traitement cible une anomalie clé, qui pourrait être un mécanisme biologique de base à l’origine du développement des symptômes de l’autisme. Cela signifie que ce traitement pourrait réparer la biologie sous-jacente, ce qui réduirait les symptômes. Cela pourrait être une percée médicale significative dans ce domaine. Troisièmement, nous avons obtenu ces résultats avec de l’acide folinique, une vitamine très bien tolérée et considérée comme un traitement sûr. L’acde folinique a été utilisé en oncologie pédiatrique depuis les années 1950, pour atténuer les effets adverses du methotrexate, utilisé en chimiothérapie. Donc le traitement que nous donnons est étudié depuis longtemps et son profil de sécurité est bien connu. Cela contraste avec beaucoup de traitements courants utilisés pour les enfants autistes, et dont les profils de sécurité sont moins bien connus [ndlt: neuroleptiques, stimulants…], moins étudiés, et qui peuvent provoquer des effets adverses parfois sévères.

Q: Qu’est-ce que l’acide folinique?
RF: l’acide folinique est une forme de folate, qui est aussi appelé vitamine B9. Les folates sont un genre de vitamine qui est nécessaire pour que de nombreux systèmes de base de notre corps fonctionnent correctement. Beaucoup de gens connaissent l’acide folique, qui est la forme oxydée de folate utilisée dans les vitamines prénatales, et qui est aussi ajoutée dans certains aliments et qu’on trouve facilement en pharmacie et parapharmacie. L’acide folinique que nous avons utilisé dans cette étude est une forme réduite [l’inverse d’oxydé] de folate, similaire aux sources naturelles de folates qu’on trouve dans les aliments, et qui peut pénétrer dans le cerveau via une voie différente de celle de l’acide folique, et qui peut agir sur d’autres « obstacles » biologiques qui ont été retrouvés chez les autistes.

Q: Qu’est-ce qui vous a amené à tester l’acide folinique?
RF: il y a un trouble appelé Déficit Cérébral en Folate (DCF) qui a été découvert il y a tout juste un peu plus de 10 ans. Comme de plus en plus de personnes sont diagnostiquées, il est clair que beaucoup d’entre elles ont des symptômes retrouvés dans l’autisme. Ce trouble (DCF) est causé, dans certains cas, par des auto-anticorps anti-récepteur alpha des folates (AAARAF) qui bloquent le transport du folate vers le cerveau.
Cette découverte du DCF nous a amené, un collègue et moi, à tester des enfants autistes pour voir s’ils avaient aussi des AAARAF dans leur sang. Nous avons découvert qu’il y avait une très forte prévalence d’enfants autistes avec des AAARAF dans le sang, et que certains avaient un faible taux de folate dans leur système nerveux central, tout comme les enfants avec la DCF. Cela m’a donc amené à me demander si l’acide folinique ne pourrait pas aider certains enfants autistes ayant aussi des AAARAF.
Nos essais préliminaires suggéraient que l’acide folinique aidait effectivement certains enfants. Cela a ouvert la voie à mon équipe de l’Arkansas Children’s Hospital pour faire ce qui est appelé un essai en double aveugle et contre placebo. Ce type d’essai est considéré comme le nec plus ultra en médecine. Nous avons été très précautionneux dans le design de l’essai, et tous les enfants autistes n’étaient pas éligibles à y participer, il n’y a qu’un sous-groupe particulier qui répondait aux critères de sélection. C’est une chose importante à retenir, puisque ces découvertes ont été faites dans une population soigneusement sélectionnée, nous ne pouvons donc pas encore généraliser ces résultats à tous les autistes du spectre de l’autisme. Cet essai nous donne une idée du sous-groupe d’autistes qui a le plus de chance de répondre favorablement à ce traitement.

Q: Vous avez pris des mesures inhabituelles pour vous assurer que personnes ne pourrait deviner qui prenait le traitement ou le placebo. Pouvez-vous nous les décrire et nous les expliquer?
RF: C’est vraiment important de s’assurer que personne ne peut faire la différence entre les capsules contenant l’acide folinique et celles contenant le placebo. De façon à pouvoir maîtriser cette variable importante, j’ai demandé au fabriquant de faire de son mieux pour fournir des capsules identiques. Comme étape supplémentaire et spécifique à cet essai, nous avons demandé à différents groupes de personnes (scientifiques, techniciens…) s’ils pouvaient distinguer une différence. Ils ne le pouvaient pas. Je remercie mon équipe d’avoir eu cette idée, parce que je n’ai jamais vu cela dans un autre essai clinique et au final cela nous rend encore plus confiant dans le fait que cet essai est bien en aveugle.

Q: Quels sont les effets secondaires qu’on peut voir avec l’acide folinique?
RF: dans l’ensemble, l’acide folinique a été bien toléré et nous n’avons pas vu de différences significatives dans les effets adverses reportés dans les différents groupes d’enfants ayant reçu l’acide folinique ou le placebo. Dans notre étude précédente, nous avions observé que quelques patients qui prenaient des médicaments anti-psychotiques semblaient plus irritables quand ils prenaient de l’acide folinique, aussi nous avons décidé d’exclure de la sélection les enfants prenant des anti-psychotiques. Nous avons aussi exclu de la sélection les enfants très irritables, juste pour un maximum de sécurité. Bien que nos observations précédentes n’aient été faites que sur quelques patients, d’avantage de recherches est nécessaire pour voir si les patients prenant des antipsychotiques deviennent en général plus irritables en prenant de l’acide folinique.
De plus, autant dans ma pratique que dans cet essai, nous avons commencé par donner la demi-dose du traitement pendant les deux premières semaines, parce que nous savons que certains enfants peuvent devenir plus hyperactifs en début de traitement. Cela tend à être temporaire et à disparaître au bout de quelques semaines. Il est intéressant de noter que dans l’ensemble, l’attention et l’hyperactivité semblait s’améliorer au bout de 12 semaines de traitement avec l’acide folinique.
A la clinique, je constate aussi que des enfants qui prennent des formes d’acide folinique du commerce (non-combinée?), peuvent avoir des douleurs gastriques, de l’hyperactivité, ou de l’irritabilité. C’est ma conviction que cela peut être dû à une réaction ou à une sensibilité aux additifs de ces formes de médicaments, quoi que nous avons besoin d’étudier ça plus en détail. Dans notre première étude, nous avons utilisé une marque d’acide folinique qui était en tablette, et non une forme (combinée?) en capsule. Nous avons vu d’avantage d’irritabilité dans cette première étude que dans la plus récente. C’est pour cette raison que cette étude utilise une forme (combinée?) d’acide folinique, sans additifs (sans colorants, sans lait…).

[détail de la forme d’acide folinique utilisée: « sel de calcium de l’acide folinique », aussi appelée « sel de calcium de l’acide 5-formyl tétrahydrofolique », ou « leucovorin calcique » ; 2mg/kg de poids/jour, maximum 50mg/jour, divisé en 2 doses égales, pour 2 prises/jour, la moitié de la dose seulement étant donnée durant les 2 premières semaines, garantie sans colorant, sans lait, capsules végétariennes, produites par Lee Silsby Compounding Pharmacy –
(« International Nonproprietary Name: DL folinic acid calcium salt; United States Adopted Name: leucovorin calcium) was 2 mg kg−1 per day (maximum 50 mg per day) in two equally divided doses with half of the target dose given during the first 2 weeks. Dye-free, milk-product-free, vegetarian capsules were provided in three strengths (5, 10 and 25 mg) by Lee Silsby Compounding Pharmacy (Cleveland Heights, OH, USA). Certificate of analysis was provided for each capsule strength by an independent analytical service (Eagle Analytical Services, Houston, TX, USA) for each batch of capsules produced. In all cases, potency was at least 99%. »]

Q: Vous dites que le problème biologique que vous traitez est un taux faible de folate dans le cerveau, mais la seule façon de dépister ce problème est par le biais d’une ponction lombaire, une procédure douloureuse, invasive et coûteuse. Pensez-vous qu’il est nécessaire de dépister ce problème ou bien est-il possible de prendre de la Leucovorine (acide folinique) « pour voir »?
RF: c’est la raison pour laquelle je suis fan des biomarqueurs AAARAF. Notre étude démontre que ce biomarqueur peut aider à prédire qui répondra au traitement, rendant la ponction lombaire inutile, au moins dans la plupart des cas. Mon équipe et moi sommes impatients de démarrer une nouvelle étude de plus grande envergure dans laquelle nous pourrons étudier d’autres biomarqueurs de façon à rendre la prédiction plus fiable. C’est ma conviction, en tant que médecin, qu’il y aura des cas compliqués pour lesquels certains praticiens, y compris moi, pourront penser qu’une ponction lombaire est nécessaire, mais heureusement, nous pouvons limiter le nombre d’enfants nécessitant cette procédure.

Q: Comment peut-on faire tester les AAARAF? Est-ce un test que tout médecin peut prescrire?
RF: les AAARAF peuvent être mesurés par certains laboratoires comme Ilia Neurosciences avec le test FRAT (Folate Receptor Antibody Test).

Q: Avez-vous vu des améliorations chez les enfants qui n’avaient pas les AAARAF?
RF: Absolument. Un marqueur prédictif signifie simplement qu’il peut identifier les enfants qui ont statistiquement plus de probabilités de répondre favorablement au traitement. Mais nous voyons aussi des enfants négatifs aux AAARAF qui vont mieux avec un traitement d’acide folinique. Il y a de nombreuses raisons biologiques, scientifiques, médicales pour lesquelles un enfant peut répondre positivement à l’acide folinique en l’absence d’AAARAF. Pour chaque patient, il est préférable de discuter des bénéfices et des risques d’un traitement d’acide folinique avec un médecin qui a une bonne compréhension de la science et de la littérature médicale, de façon à déterminer si un enfant qui est négatif aux AAARAF pourrait bénéficier d’un essai thérapeutique d’acide folinique.

Q: A la fondation « N of One » nous insistons sur la recherche qui s’appuie sur des études de cas [ndlt: étude détaillé du cas d’un seul patient] et qui s’en sert pour faire des liens entre différentes problématiques qui semblent sans rapport de prime abord. Y a-t-il eu un cas en particulier qui vous a permis d’avancer dans votre recherche?
RF: Oui, en effet. Nous avons fait la connexion entre le Déficit Cérébral en Folate (DCF) , les AAARAF et l’autisme en grande partie grâce à un patient en particulier. Il y a environ 7 ans, j’ai reçu à ma clinique pour l’autisme un patient avec une variété de symptômes qui semblaient aussi correspondre au DCF. Les analyses montrèrent en effet un taux bas de folate cérébral et lorsque nous l’avons traité avec de l’acide folinique, nous avons vu de nombreuses améliorations de ses symptômes d’autisme. C’est cette expérience qui nous a menée à nous interroger sur la possibilité que le DCF et les AAAFAR soient des facteurs présents chez d’autres autistes.

Q: Y a-t-il autre chose que vous souhaitez ajouter?
RF: Sur un plan personnel, j’aimerais remercier John Rodakis et la « N of One: Autism Research Foundation » pour leurs efforts pour soutenir la recherche médicale dans le domaine de l’autisme, pour leur travail pour transmettre le message au public, particulièrement aux parents qui ont besoin d’information parce qu’ils ont des enfants qui ont besoin d’aide. C’est cet effort citoyen qui porte ses fruits et c’est un plaisir de pouvoir prendre le temps de faire cet interview.
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Exemple de complément alimentaire qui contient de l’acide folinique:
B Complex #12, Thorne Research

Un test sanguin prédit l’autisme, implications thérapeutiques et préventives

Je propose dans cet article une traduction d’un article de Lisa Ackerman, fondatrice de l’association américaine Talk About Curing Autism.

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« Tous nos enfants ont tant de potentiel.
Les enfants autistes peuvent aller mieux et atteindre leur plein potentiel. »
Traduction d’un extrait d’interview de Lisa Ackerman, fondatrice de Talk About Curing Autism (TACA).

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Prologue personnel:

Je suis convaincue qu’il existe un terrain d’entente entre les pro-traitements de l’autisme – qui voient l’autisme comme une maladie qui semble concerner essentiellement des « enfants », et les pro-neurodiversité (dont je fais partie), qui considèrent l’autisme comme une expression de la diversité humaine.
Pour moi, il est capital de donner à chacun la possibilité de se développer au mieux de ses capacités. Je pense que les « pro-traitement » et les « pro-neurodiversité » peuvent se rejoindre sur un tel objectif: le plein épanouissement de l’être humain.

Une « prise en charge » nutritionnelle, entre autre, est l’un des moyens qui permettent d’améliorer la santé (physique et psychologique) et d’optimiser le développement d’un être humain, qu’il soit autiste ou pas.
TACA préconise ce genre de « traitement », et chercher à avoir une alimentation saine me semble simplement relever du plus pur bon sens, pour tout un chacun. Aucun être vivant ne peut se développer, ni fonctionner ex-nihilo. Il suffit d’avoir quelques bases en nutrition pour le comprendre et, malheureusement, ces bases semblent manquer à beaucoup de médecins, de parents, comme à beaucoup d’autistes Asperger ayant pourtant fait de « hautes » études.

L’autisme est un trouble du développement. Ce n’est pas quelque chose qui arrive, tout à coup, à un moment donné et ne bouge plus d’un iota par la suite.
Le développement de l’être humain commence au moment de la conception et dure environ 25 à 30 ans. Durant un tel laps de temps, beaucoup de choses peuvent influencer ce développement, négativement ou positivement, et beaucoup de ces choses sont ce qu’on appelle des facteurs « environnementaux » sur lesquels nous avons prise, comme la nutrition, la qualité de l’air, de l’eau, le temps passé au soleil, l’activité physique, etc…
C’est un point de vue que je trouve particulièrement « empowering », comme disent les anglosaxons, c’est à dire responsabilisant et valorisant: oui, tout un chacun a les moyens d’améliorer sa santé et d’aller vers son plein épanouissement.
Les conseils en hygiène de vie diffusées par les organismes tels que TACA, ou le Autism Research Institute peuvent contribuer à notre épanouissement à tous… Et oui à « tous »: qu’on soit autiste ou pas!

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Traduction de l’article « A blood test that predicts #autism has implications for treatment and prevention » (21 mars 2017) :

Un test sanguin qui prédit l’autisme a des implications en matière de traitement et de prévention

Une étude récente a démontré qu’une analyse de sang pourrait permettre de différencier les enfants ayant un Trouble du Spectre Autistique (TSA) des enfants ayant un développement normal. Cette étude examine le métabolisme monocarbonné et les voies métaboliques qui lui sont associées [« métabolisme monocarbonné » = voie de métabolisation des folates et de la méthionine, voir par exemple le schéma sur ce pdf sur le site de l’inserm, page 398 ; ndlt]. Ces voies sont de la plus haute importance dans les TSA et sont essentielles à de nombreux processus majeurs à l’intérieur de nos cellules, comme la méthylation – qui régule l’expression des gênes ou leur mise sous silence, la production de précurseurs du matériel génétique et la production du principal antioxydant dans notre corps, le glutathion.

Cette nouvelle n’en est pas vraiment une, quoi que le potentiel prédictif de cet ensemble de données soit intrigant. Il y a plus de dix ans, le Dr Jill James avait démontré que les enfants ayant un TSA ont un métabolisme monocarbonné anormal, et que ces marqueurs métaboliques caractérisent un endophénotype (sous-groupe) d’enfants ayant un TSA. Qui plus est, le Dr James avait démontré que plusieurs variantes fréquentes au niveau des gènes fournissant les instructions pour la synthèse des protéines et les enzymes résultent en un risque accru de développer un TSA, ces variantes interagissant de façon complexe. Ce qui suggère que plusieurs défauts dans ces voies métaboliques peuvent accroître le risque de développer un TSA.

Les marqueurs métaboliques qui figurent dans cette étude sont liés au stress oxydatif – une découverte qui a été vérifiée à de maintes reprises. Le stress oxydatif est le processus par lequel une partie de nos cellules est endommagée par des molécules toxiques. Des études ont montré que des éléments clés de la cellule, tels que des protéines qui servent aux mécanismes enzymatiques, les graisses qui sont essentielles à la construction de la membrane de la cellule et à sa structure, le matériel génétique qui encode les instructions cellulaires, sont tous endommagés par le stress oxydatif chez les enfants ayant un TSA. Des marqueurs de dommages causés par le stress oxydatif ont été trouvé à différents endroits chez les enfants ayant un TSA, entre autre dans les cellules immunitaires et dans le cerveau. De plus, ce stress oxydatif a été associé à l’inflammation chez les enfants ayant un TSA. De plus, nous avons démontré que le stress oxydatif peut avoir un effet négatif sur le fonctionnement des mitochondries chez les enfants ayant un TSA. Ainsi, le stress oxydatif représente une cause potentielle de mécanismes biochimiques anormaux et de traits comportementaux décrits chez certains individus autistes.

Identifier des anomalies métaboliques a cela de merveilleux que ces anomalies sont potentiellement traitables. D’après des observations de cliniciens, le Dr Jill Jamies a démontré qu’un traitement simple et sûr d’injections de Methyl-B12 [methylcobalamine, une forme de vitamine B12, ndlt] trois fois par semaine et une supplémentation quotidienne en acide folinique [une forme de vitamine B9 DIFFERENTE de l’acide folique!! – ndlt] pouvaient améliorer ces anomalies métaboliques. Après cela, notre groupe de recherche à l’Arkansas Children’s Research Institute (ACRI) démontra que ces améliorations étaient associées à des améliorations du développement et du comportement. Le Dr Robert Hendren de l’université de Californie, San Francisco (UCSF) a ensuite confirmé ces découvertes dans le cadre d’une étude en double aveugle contre placebo en utilisant de la mehtyl-B12 chez des personnes autistes.

Notre équipe de recherche à l’ACRI a récemment démontré l’importance des folates, un nutriment clé du métabolisme mono-carbonné, dans le traitement des TSA, dans plusieurs études. Il y a plusieurs années, le Dr Dan Rossignol et moi-même avons démontré que de nombreux enfants ayant un TSA, potentiellement 75% d’entre eux, ont un problème au niveau du transport des folates à l’intérieur du cerveau à cause d’auto-anticorps anti-récepteurs alpha des folates. D’autres études ont suggéré que les enfants ayant ce problème pourraient avoir des caractéristiques cliniques communes et que ces auto-anticorps pourraient affecter le développement de la thyroïde. Récemment, notre équipe de recherche a démontré que les enfants ayant ce problème de transport des folates peuvent répondre à une forme réduite de folate connue sous le nom d’acide folinique (ou leucovorine calcique), sans effets adverses mesurables. Notre groupe à l’ACRI a aussi récemment montré qu’une supplémentation en folate influence positivement le fonctionnement des mitochondries.

Il est intéressant de noter que certaines anomalies et traitements associés aux TSA sont aussi retrouvés durant la période prénatale. Par exemple, le Dr James a démontré que l’une des variantes génétiques trouvées chez les enfants autistes prédispose également les enfants à développer un TSA si cette variantes est présente chez leur mère. Il est aussi à noter que les anticorps anti-récepteur alpha des folates sont liés à des troubles congénitaux quand on les trouve chez la mère, et un modèle animal développé récemment démontre que ces anticorps chez les mères des rats provoque des comportements autistiques chez leurs petits, alors qu’une supplémentation en folate durant la gestation réduit le risque de développer un TSA.

Une autre étude présentée à l’International Meeting For Autism Research par le Dr M. Daniele Fallin (PhD), du Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, a bénéficié d’une bonne presse. Cette étude montre qu’un taux de folate trop élevé dans le sang des mères est lié au développement d’un TSA chez leurs enfants. Cela a laissé penser que les folates causent les TSA. Cependant, c’est là qu’il est important de comprendre l’importance de la différence entre les folates oxydés et les folates réduits. L’acide folique, le type de folate utilisé pour enrichir l’alimentation, et qu’on trouve dans la plupart des vitamines pré-natales, est une forme de folate oxydée. Pour que le corps puisse utiliser cette forme de folate, il doit la métaboliser en une forme réduite (bénéfique). Plusieurs des anomalies identifiées chez les enfants ayant un TSA et chez leur mère concerne des blocages dans le métabolisme des folates, qui empêchent la forme oxydée, comme l’acide folique, d’être métabolisée et transportée à l’intérieur de la cellule. Ainsi, il serait logique de s’attendre à ce que les enfant avec un TSA et leur mère aient un taux trop élevé d’acide folique, puisqu’il n’est pas métabolisé et qu’il entre difficilement dans la cellule. Ainsi, un taux trop élevé d’acide folique dans le sang est probablement un marqueur d’une anomalie du métabolisme des folates, et non pas sa cause. Puisque cette étude du Dr Fallin et de ses collègues n’a pas été examinée par un comité de lecture et qu’elle n’a pas été publiée, on ignore si ces découvertes ont été prises en compte.

Cette nouvelle étude fait avancer la science médicale et démontre le potentiel d’une meilleure compréhension des processus biologiques soutenant les TSA, démontre qu’une analyse statistique précise peut augurer du futur, en utilisant une approche à plusieurs variables afin de comprendre un processus pathologique multifactoriel. Bien que ces premiers résultats soient passionnants et très convaincants, l’étude doit être répliquée avec un échantillon bien plus large d’enfants ayant un TSA, avant que des généralisations puissent en être tirées. Cette publication d’Howson et al. met au devant de la scène le champ de recherche des anomalies métaboliques dans les TSA qui s’est développé depuis quelques dizaines d’années, et elle montre que nous progressons dans la compréhension de la physiopathologie des TSA. Cela pourrait contribuer au développement de nouvelles options de traitement pour les enfants ayant ces blocages métaboliques. Le fait que plusieurs de ces anomalies puissent être trouvée pendant la grossesse [chez la mère, ndlt] suggère qu’il pourrait être possible d’identifier avant la naissance les individus à risque de développer un TSA, et ainsi de procurer des stratégies de traitement pour arrêter ou peut-être même inverser toute anomalie biologique qui peut résulter en un TSA. Cela pourrait aussi mener à des stratégies préventives, qui nous donne beaucoup d’espoir pour l’avenir.

Les 22 références qui étayent cet article sont à trouver à la fin de l’article en anglais.

Lancement du site

L’écriture du mémoire sur l’autisme est finie.

Le « mémoire » est devenu un « manifeste » disponible gratuitement via ce site (voir en haut de cette page ou dans la colonne de droite: « Manifeste »).

C’es un « Manifeste pour la bonne santé des autistes (et des non-autistes) ».
Rien que ça, oui, je sais, la modestie me tuera.

Pour fêter ça, j’ai investi dans un nom de domaine pour ce site.

Pour me reposer un peu, me mettre en pause, je m’offre 3 jours de jeûne, avec force tisanes et jus au programme. Je vais enfin pouvoir m’attaquer sérieusement à la lecture de la thèse de Cynthia Fleury: Métaphysique de l’imagination (700 pages), à moins que je n’opte pour « L’imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn’Arabi », d’Henry Corbin… Ou pour un petit Lord of The Ring dans le texte… Ou pour un petit panaché, peut-être…

ju11