Pourquoi je mange « sans gluten »

Potée savoyarde, via Wikipedia.

Petit topo sur le pourquoi du comment mon alimentation est devenue « sans gluten », et même quasi « sans céréales ».

Dédicace : Pour mes voisins, ma famille, mes proches…, les gens intéressés par la nutrition, ceux qui cherchent à améliorer leur santé sur tous les plans (physique, psychologique, intellectuelle, spirituelle…) et même pour ceux qui ont des pratiques chamaniques et qui ont donc besoin de devenir aussi « clairs », équilibrés et ancrés que possible dans leur corps, dans leur tête, et dans leurs « perceptions ».
J’ai choisi une photo de potée savoyarde en illustration de cet article parce que j’ai le mal du pays: je suis une haut-savoyarde expatriée dans le Morvan, et puis c’est le début de l’automne, donc c’est de saison, et puis c’est roboratif, donc ça fera plaisir aux messieurs qui croient que le sans-gluten, ça consiste à manger de la salade (en fait, non).

J’ai fait beaucoup d’expériences plus ou moins bizarres, voir « extrêmes » dans ma vie, dans toutes sortes de domaines. A présent, avec plus de 10 ans de recul en la matière, je peux dire que le « sans-gluten » est l’une des expériences les plus bénéfiques que j’ai faites en matière de nutrition.

Flash-back : Février 2011. A l’époque, je vivais en ville, seule, en appartement. Je venais de passer 2 ans ½ à travailler dans une école primaire, comme Employée de Vie Scolaire (aide aux enfants en situation de handicap). C’était mon premier job, décroché à 31 ans, après une longue période passée dans un relatif isolement, quasi sans vie sociale, chez ma mère, un peu comme une hikikomori, de 1993 à 2005. On peut dire que mon « développement » avait de gros « retards ».
Je passais beaucoup de temps à écrire de façon compulsive, même dans des circonstances très inappropriées (c’était franchement de la graphomanie, un trouble obsessionnel compulsif). J’avais un imaginaire assez sombre et envahissant (écriture de nouvelles « fantastique » : histoires de fantômes, etc…). Je souffrais d’une sorte de mélancolie chronique depuis toujours. A la longue, j’étais devenue relativement « gothique ».
J’étais tombée en dépression/burn-out à presque 16 ans (novembre 1992), épuisée par les efforts fournis en continu pendant plus de 10 ans pour tenter de m’adapter à un milieu scolaire relativement « hostile » à mon tempérament naturel (introverti, silencieux, hypersensible au bruit…). Au fil des années, pendant l’enfance, j’avais développé une nette anxiété sociale, qui s’était transformée en franche phobie sociale fin 1992. J’ai traité cette phobie sociale par hasard, en m’inscrivant à des cours de taï-chi et de tir à l’arc en septembre 2004 : la phobie sociale a fondu comme neige au soleil en l’espace de quelques mois. Au printemps 2005 j’ai commencé à avoir franchement envie de voir des gens, et durant l’été 2005 je me suis mise à fréquenter assidûment les petites salles de concert pour faire de la photo de concert (café-concert, salle des fêtes…, essentiellement en milieu punk-rock amateur). Ces cours ont fait office de « thérapie cognitivo-comportementale » (on traite la phobie en s’exposant doucement, progressivement, au facteur phobogène, c’est très efficace !). Le taï-chi a aussi pu remettre en ordre certaines choses au niveau « énergétique ».

Pour la dépression, et la mélancolie chronique, j’ai suivi une psychothérapie de 2000 à 2008. J’ai arrêté quand j’ai commencé à travailler en 2008 : je voyais bien que je restais une personne « bizarre », qui a du mal à s’intégrer aux groupes, toujours plus ou moins à l’écart, avec des difficultés à s’exprimer à l’oral, mais étant donné que je constatais que j’étais tout de même devenue capable de décrocher un job, de m’immerger dans la foule (photo de concert), d’avoir des « potes » et même des « aventures », j’estimais qu’il était temps d’arrêter les frais. Je n’étais plus franchement dépressive, je restais juste « sombre ».

Février 2011 : A l’époque, depuis des années, j’avais des douleurs articulaires aux genoux et aux hanches (de type probablement inflammatoire, rien d’anormal sur les radio), ce qui m’avait amenée à consulter des ostéopathes.
En février 2011, une nouvelle ostéo m’avait posé des questions sur ma digestion, je lui avais parlé de mon ventre qui gonflait systématiquement tous les soirs : petit ventre de femme enceinte, assez gênant, avec nécessité fréquente de défaire la ceinture et le bouton du pantalon, ventre redevenu bizarrement « normal » au matin.
Elle m’avait dit que c’était peut-être causé par le gluten, alors j’avais simplement arrêté d’en manger, pour voir. A l’époque, je n’y connaissais pas grand chose et, dans mon esprit, le « gluten », on en trouvait essentiellement dans le blé.

Au bout de 24 ou 48h, j’avais constaté que, en effet, mon ventre ne gonflait plus en fin de journée. C’était très chouette, alors j’ai tout simplement continué à éviter le gluten.
A l’époque, je continuais à consommer du maïs et du riz et parfois une petite portion de blé une fois par semaine, quand j’étais invitée quelque part, « pour faire plaisir » à la personne qui m’invitait.

Après 3 mois de ce « sans gluten » un peu souple, j’ai réalisé que je riais beaucoup plus souvent que d’habitude, pour des raisons anecdotiques. J’étais devenue guillerette. C’est le son de mon rire qui attira mon attention : je n’avais pas l’habitude de l’entendre. Le phénomène perdura.
J’avais découvert la joie de vivre, la mélancolie chronique avait disparu.
C’est aussi à ce moment que je vécu une sorte d’éveil olfactif : je devins passionnée de parfums.

Après 1 an sans gluten, je commençais à remarquer que j’écrivais beaucoup moins qu’avant. Mon imagination débordante semblait s’être calmée. Je n’écrivais plus de nouvelles fantastique plus ou moins glauques.
Mon imaginaire avait cessé d’être envahissant.
Ma graphomanie était soignée.

C’est à ce moment là, durant le printemps 2012, peut-être en tombant par hasard sur un article sur le gluten, que je fis le lien entre mes modifications alimentaires et les modifications de mon humeur et de mon comportement. C’est aussi à ce moment-là que je commençai à avoir envie de me donner un horizon professionnel, en suivant une formation (naturopathie).

Pendant les 3 années suivantes, le gluten devint un de mes sujets de prédilection. Je découvris le monde des publications scientifiques, la sensibilité au gluten non-coeliaque, et toute la panoplie des effets que peut avoir cette protéine qu’aucun humain ne peut parfaitement digérer (absence des enzymes digestives appropriées ; nous ne sommes pas des granivores !), effets pro-inflammatoires variés qui peuvent aller jusqu’à la psychose, même en l’absence complète de symptômes intestinaux (voir les références en fin d’articles).

Bye bye aux céréales : Petit à petit, pendant ma formation en naturopathie (2012-2015), entre autre via les recherches que je faisais pour l’écriture de mon mémoire, je découvris qu’il n’y a pas que les céréales dites « à gluten » qui contiennent une protéine de la famille du gluten (prolamine), et que ce sont toutes les céréales (comme les légumineuses et les fruits à coque) qui contiennent de nombreux autres anti-nutriments pro-inflammatoires et/ou qui entravent la digestion et l’assimilation des nutriments, comme les inhibiteurs d’alpha-amylase et de trypsine.

Est-ce une bonne idée de se nourrir au quotidien de substances qui entravent la digestion et l’assimilation des nutriments ? Est-ce une bonne idée de nourrir des enfants avec ce genre de chose ? Avec des substances qui provoquent une inflammation chronique de bas-grade (sans douleur) qui peut se répandre, ni vue ni connue, hors des intestins, et affecter d’autres « systèmes » du corps (la peau, le cerveau, les articulations…) ?

Alors, petit à petit, j’ai évincé quasi toutes les céréales (même celles réputées « sans gluten ») et les légumineuses de mon alimentation. Mes intestins s’en portent beaucoup mieux. Je mange encore parfois un peu de riz, quand je n’ai pas d’autre option, et cela a tendance à aggraver ma rhinite chronique (le sarrasin a aussi cet effet, donc j’en limite la consommation autant que possible) : quand j’en mange une bonne dose, je me lève le lendemain avec le nez bouché.

La dernière fois que j’ai mangé une portion de blé (à Château-Chinon, en mars 2018, dans un café, où le serveur m’avait gentiment offert une part de forêt noire gratis), j’ai eu des pensées morbides suicidaires le lendemain.

Panacée? Je ne prétends pas que le « sans gluten » soit un remède miracle qui peut traiter toutes les maladies, tous les troubles de l’humeur. Je pense juste qu’il peut en provoquer ou en aggraver et qu’on ne peut pas savoir s’il nous affecte, tant qu’on n’a pas essayé de s’en passer complètement pendant un certain temps.
Par exemple, j’ai beau être « sans gluten », je suis entrée en périménopause en 2017, les perturbations hormonales ont ravivé des troubles de l’humeur, si bien que je pense assez souvent à la mort, faut avouer, mais ça reste différent des pensées suicidaires, et ça reste globalement gérable avec du millepertuis.

Et vous, maintenant ? Étant donné la conjoncture mondiale (corona blabla, climat, 6ème extinction de masse…), si l’on veut « tenir bon », il est crucial de prendre soin de notre « moral ».
Vous croyez peut-être que vous n’avez aucun problème avec le gluten, comme certaines personnes croient qu’il est normal de ne faire caca qu’une fois par semaine.
Et si vous vous trompiez ?
Avez-vous déjà essayé de vous passer de céréales pendant un mois ?
Pour voir ?
Histoire d’être vraiment sûr ?

On remplace les céréales par quoi ? Des légumes-racines et des tubercules (pomme de terre, patate douce, panais…), de la courge, du sarrasin, des châtaignes, des graisses de qualité (beurre bio, huile d’olive bio, fromage de chèvre ou brebis au lait cru, porc plein air, œufs, poissons gras, chocolat noir bio).
Sur le plan nutritionnel (protéines, glucides, vitamines, minéraux…), il n’y a absolument rien dans les céréales qu’on ne puisse trouver ailleurs. Alors à quoi rime la peur du « sans gluten »?

Partage d’expérience :
Alors, et vous ? Quand est-ce que vous avez passé un mois sans céréales ?
C’était comment ?
Et qu’est-ce qui s’est passé le jour où vous avez remangé un plat de pâte ou une baguette de pain ?
Les commentaires sont ouverts au bas de cet article!

Quelques références web :

IntoléranceGluten.com
Cœliaque Québec
Gluten sensitivity presenting as a neuropsychiatric disorder
Sur le site GreenMedInfo, tous les articles consacré au gluten, comme l’excellent The dark side of wheat
Gluten et hallucinations
Gluten et neurologie
Le spectre des troubles liés au gluten
Gluten, auto-immunité et porosité intestinale
Manifeste pour la bonne santé des autistes (et des non-autistes) (voir la partie sur les céréales)
Plant food anti-nutritional factors and their reduction strategy: an overview
Enhancement of bioavailable micronutrients and reduction of antinutrients in foods with some processes
Wheat ATIs: characteristics and role in human disease

Livres :

Se libérer du gluten, du Dr Alessio Fasano
Gluten comment le blé moderne nous intoxique, de Julien Venesson
Ces glucides qui menacent notre cerveau, du Dr David Perlmutter

Autre:

Mes recueils de nouvelles « fantastique »

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