Dr Guillaume Fond et psychonutrition


Séminaire psychonutrition, partie 1 – Quelques notes et remarques

Avant tout, merci au Dr Guillaume Fond de partager autant de son travail et de ses passions !!

Cet article se veut une sorte de débriefing d’une vidéo du Dr Guillaume Fond, psychiatre à Marseille et chercheur en immunopsychiatrie à la Fondation Fondamental. J’ai pris des notes pendant le visionnage de la vidéo et j’y ai ajouté queques remarques et questions au passage. 
Un peu à la façon du Dr Fond, j’appuye ces remarques en partie sur mon expérience perso. J’écris donc ici en tant qu’autiste naturopathe bénévole ayant une passion intense (un « intérêt restreint », comme l’appelle les psychiatres) pour la nutrition, un intestin irritable (sensibilité aux fodmaps et au gluten), une périménopause, une électrohypersensibilité, et une certaine expérience de l’approche « biomédicale » de l’autisme.
J’ai commencé à expérimenter en matière d’alimentation (très n’importe comment) dès l’adolescence, au début des années 1990, après avoir déjà commencé à réduire ma conso de viande pour des raisons d’éthique vers l’âge de 11-12 ans. J’ai commencé à avoir des troubles du comportement alimentaire à 15 ans, ce fut pour ainsi dire le début de mes « expérimentations ». Ma « lecture » de ces TCA serait très physiologique : perturbation du système digestif (foie, microbiote…) et donc de l’appétit en réponse aux modifications hormonales de la puberté, potentiels débuts de carences consécutifs à la diminution de la conso de viande ainsi qu’à une alimentation relativement « normale » dans les années 1990, c’est à dire déjà relativement riche en aliments transformés, voir très transformés (pommes noisettes, poissons pané, pain blanc…), influence du stress sur le système digestif et donc sur l’appétit, sur-réactivité au stress de l’époque en lien avec le trouble du développement…
J’ai commencé à trouver des conseils sur internet, en solo, pour gérer mon hypoglycémie réactionnelle à la fin des années 1990, à une époque où il n’existait rien sur le sujet sur le net francophone (un endocrinologue m’avait regardée avec des yeux ronds quand je lui avais décrit les symptômes d’hypoglycémie qui se manifestaient après consommation d’une grosse assiette de riz blanc, d’un verre de coca, d’une glace…, hypoglycémie avérée par des bilans glycémiques réalisés sur une journée, et qui me faisait ressembler à un alcoolique en manque jusqu’à plusieurs fois par jour). J’ai longtemps été végétarienne (très n’importe comment) et même végétalienne pendant 3 ans (2012-2015). Toutes mes expériences personnelles, ma formation en naturopathie (avec cours d’anatomie-physiologie, nutrition, physio-pathologie…), quelques formations annexes, des heures passées à lire des témoignages et conseils de parents d’enfants autistes sur un groupe facebook « biomed », un gros intérêt restreint pour la nutrition en général (et le gluten en particulier), avec de nombreuses lectures, visionnages de conférences et interviews de chercheurs ou médecins, y compris quelques lectures de publications scientifiques, m’ont amenée à recommander désormais (à ceux qui me demandent mon avis) une alimentation à tendance « paléo » de préférence omnivore (avec conso quotidienne de produits animaux, quitte à ce que cette consommation soit très modérée), éventuellement végétarienne (surtout pas végétalienne/végane), riche en graisses de qualité, sans céréales ni légumineuses.
Cela fait plus de 20 ans que je sais que mon alimentation peut lourdement impacter mon état « mental », 20 ans que mes proches (ou moins proches) ont tendance à me répéter que « mais non ! tout ça c’est dans ta tête ! », aussi je suis ravie de voir enfin un psychiatre français expliquer publiquement et de façon aussi détaillée pourquoi et comment, oui, c’est réellement possible.
En tant que passionnée, je prends note ici des passages qui me semblent les plus intéressants et je me permets d’ajouter [en bleu, entre crochets] des remarques, questions et critiques que je souhaite les plus constructives possibles.
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Psychonutrition : ce n’est pas une médecine « complémentaire » mais une médecine « fondamentale ».
Définition : influence de l’alimentation sur la santé mentale.

Base physiopathologiques : quel rationnel soutient ce qui est présenté.
Le microbiote : des preuves convergent vers un lien entre microbiote et maladies mentales.
Thérapies basées sur le microbiote : probiotiques (avec gélule gastrorésistante, pris à jeun le matin avec eau froide) et greffe de microbiote [greffe « fécale »].
Yaourts : on ignore quelle pourcentage de bactéries sont détruites au passage de l’estomac [ça dépend peut-être aussi des capacités digestives ? Et puis quel type de yaourt : industriel à base de lait pasteurisé ? À base de lait cru ? Quelle différence lait de vache/lait de chèvre ou brebis ? Lait de vache Holstein/vache jersiaise ? Quelles différence entre yaourts et fromage frais ou sec, au lait cru/lait pasteurisé? Etc…]
L’effet placebo du complément alimentaire est supérieur à l’effet placebo de la modification alimentaire, alors qu’il y a bien des preuves que l’alimentation impacte la santé mentale (exemple : l’efficacité avérée du régime méditerranéen sur la dépression). « C’est béton ! ».
L’alimentation influence le microbiote.
La résilience du microbiote face aux antibiotiques est limitée.

15’50 : Axe intestin-cerveau : via le nerf vague, 80% des informations qui circulent via le nerf vague sont ascendants (de l’intestin vers le cerveau)
Boucle anatomique intestin-cerveau:



Microbiote, fonction première : nous défendre de toutes les agressions potentielles qui arrivent via l’intestin (alimentation, boisson…).
Les molécules synthétisées par le microbiote influencent le système immunitaire (exemple : les probotiques diminuent la fréquence des rhumes et infections ORL).
Système immunitaire : impliqué dans les maladies mentales, via état inflammatoire.

Antipsychotique : constipent ! La stase/constipation favorise le déséquilibre du microbiote. SIBO chez certains patients (Small Intestinal Bacterial Overgrowth – en français : colonisation ou pululation bactérienne chronique de l’intestin grêle), via perturbation de l’efficacité gastrique, avec douleurs et perturbation de l’assimilation.

29’30 : « ça coûte cher de bien manger » ?
Attention à la qualité de la viande : la viande rouge et la viande très transformée comme le jambon [industriel ? Artisanal? Avec ou sans nitrites? Avec ou sans sucre ?] augmente le risque de cancer du côlon [donc la viande blanche de qualité, comme le porc ou le poulet plein air/label rouge…, c’est ok ?].
Avoir une alimentation de type régime méditerranéen ou végétarienne est meilleure marché que d’avoir une alimentation très transformée.

Sources d’info sur l’alimentation : penser à consulter l’ANSES https://www.anses.fr et l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire https://www.efsa.europa.eu/fr et Google Scholar, pas seulement Pubmed.
[Exemple de la page sur les omega 3 sur le site de l’ANSES : https://www.anses.fr/fr/content/les-acides-gras-om%C3%A9ga-3 ]

Omega 3 : quantité recommandé/jour : 2 grammes/jour [2g d’EPA+DHA ou 2g d’ALA+EPA+DHA?]

47′ : Le cerveau n’est pas isolé du reste du corps dans son « sanctuaire immunologique », la barrière hématoencéphalique peut devenir perméable, par exemple en cas d’inflammation chronique, certaines zones sont plus perméables que d’autres.
Une cascade inflammatoire (« inflammasome ») peut activer la neuroinflammation ou activation microgliale.

51’30 : « Le microbiote est capable de synthétiser tous les neurotransmetteurs du cerveau. »
90% de la sérotonine est dans l’intestin.

Les erreurs et fausses croyances en diététiques (diffusées à la télé, universités…)…
Exemple : s’il n’y a pas de problème de poids, il n’y a pas nécessité à modifier l’alimentation = discours anti-prévention : tout le monde peut bénéficier de se soucier de nutrition, d’activité physique et de santé mentale.
59’30 : La prévalence de la dépression a augmenté en France ces 10 dernières années, elle est passée de 8 à 10% (de 2005 à 2017), ce qui pourrait être lié à la dégradation de l’alimentation (dégradation de la teneur en micronutriments avérée des fruits et légumes via l’appauvrissement des sols, via l’agriculture intensive, aliments industriels hypertransformés…).
[et j’ajouterai que cette prévalence a augmenté, aussi potentiellement via d’autres facteurs environnementaux également en hausse, comme les pollutions électromagnétiques, en particulier les « hautes fréquences », telles que le wifi, les smartphones… dont les effets biologiques incluent des effets sur le système nerveux, le système immunitaire, le système endocrinien ; voir par exemple le site ehs-mcs.org, le site de l’asso Priartem, les cours du Pr Paul Héroux : http://www.invitroplus.mcgill.ca/TextbookEM.htm ]
Les antibiotiques présents dans la viande (via les traitements reçus par animaux d’élevage) peuvent affecter le microbiote. La teneur d’antibiotiques/kg de viande a diminué en France ces dernières années.
Le micorbiote intestinal peut affecter la réponse à la chimiothérapie dans le traitement des cancers.

1h03’45 : En science, on n’a jamais 100% de certitudes.

Certaines personnes préfèrent diminuer leur budget « alimentation » pour partir en vacances en Thaïlande ou offrir une playstation à leur enfant à Noël. Le choix de la malbouffe n’est pas toujours une question de précarité.
La qualité de l’alimentation devrait être une priorité (c’est scientifiquement rationnel).
Les patients « psy » ne se rendent souvent pas compte de l’impact de leur alimentation sur leur état mental.
¼ des patients en Centre Expert Fondamental ont un syndrome métabolique établi (avec en conséquence une altération de la qualité de vie, de l’estime de soi, de la santé cardiovasculaire, du bien-être physique et psychologique…).
La santé mentale et le bien-être passent par avoir de l’énergie, avoir un corps fonctionnel…

Avoir des psychiatres qui ne parlent pas que de pharmacologie, c’est très apprécié des patients [je confirme!!!]

1h17’05 : Les régimes anti-dépresseurs (prouvé scientifiquement) :
Ca n’a pas de sens de démarrer une psychothérapie si l’on ne s’est pas assuré que l’alimentation est ok.
Pour changer les choses dans notre vie, on a 4 ressources face à la dépression : le temps, l’argent, l’énergie, les pensées. On peut avoir beaucoup de l’une et très peu des autres. Où est-ce qu’on les investit ? Comment on les augmente ?
Le Dr Guillaume Fond ne fait plus de prescription d’antidépresseurs, sans prescription d’omega 3 (EPA/DHA) et vitamine D.

En matière de santé générale, le régime méditerranéen est le n°1 des régimes ayant un impact positif sur la santé et facile à suivre.
Ex-æquo avec le régime DASH (régime anti-hypertenseur)
N°2 : régime flexitarien (régime essentiellement végétarien, avec consommation exceptionnelle ou occasionnelle de viande).

1h37’10 : En matière de santé mentale, le régime méditerranéen a démontré son efficacité dans deux études randomisées.
Attention : le régime méditerranéen inclut du poisson, or l’ANSES déconseille la consommation de + de 2 portions de poisson/semaine, pour cause de risque de contamination au mercure.
[et que dit l’ANSES de la présence de mercure directement dans les dents des gens, qu’ils mangent du poisson ou pas ? Existe-t-il une étude épidémiologique sur le lien potentiel entre le mercure dentaire (et autre métaux) et la santé mentale ? Les psy pensent-ils à regarder la bouche de leurs patients et à y compter le nombre d’amalgames au mercure ? En gardant à l’esprit que du mercure peut se cacher sous des couronnes ? Après la psychonutrition, le Dr Fond pourrait-il envisager de se pencher sur la « psychotoxicologie » ou la « toxicopsychiatrie »? ou encore sur l’impact des corps étrangers/dispositifs médicaux sur la neuroinflammation, comme le stérilet en cuivre ?!
Ref.: « Le mercure est une substance très toxique pour l’être humain, les écosystèmes et la nature. Des doses élevées peuvent être mortelles, mais des doses relativement faibles suffisent à endommager le système nerveux. (…) La stratégie prévoit notamment d’évaluer l’application de la législation existante (notamment la directive IPPC), d’étudier le cas de certaines sources (petites installations, amalgames dentaires) et d’encourager l’échange d’informations sur les rejets de mercure et les meilleures techniques disponibles en matière de prévention et de réduction. (…) La principale source d’exposition dans les pays développés provient des inhalations de vapeur de mercure issue des amalgames dentaires (dont le cas est à étudier, comme indiqué ci-dessus) »  sur le site Eur-Lex, texte datant de 2010
Question : en France, où les dentistes ont toujours le droit de poser des amalgames au mercure (chez les + de 15 ans), où le mercure dentaire est toujours remboursé par la sécu, qui donc s’est chargé d’étudier le sujet ces dix dernières années?]

1h40’20 : L’alimentation anti-inflammatoire :
Les aliments les + pro-inflammatoires sont les aliments ultra transformés (aliments industriels, junk food), riches en sucres rapides et en graisses saturées.
Plus on mange des aliments ultra-transformés (industriels), plus la ration calorique a tendance à augmenter (l’aliment industriel perturbe la perception de la satiété).

Qu’est-ce qu’un aliments ultra-transformé ? Exemple : le beurre est un aliment transformé, la margarine est un aliment ultra-transformé.
En nutrition « actuelle », moderne, le sucre est beaucoup plus problématique que le cholestérol.

1h51’30 : Attention au café : même quand on y est accoutumé, qu’on n’en a plus d’effet psychostimulant, il peut induire des perturbations du sommeil (même quand on le prend seulement le matin).

1h55′ : Les aliments les + anti-inflammatoires :
– Caféine, théine
– Ail, gingembre, safran, curcuma (à associer au poivre pour une meilleure assimilation)
[ces quatre plantes sont ce qu’on appelle des « plantes médicinales ». En phytothérapie, on constate que toutes les plantes médicinales ont des propriétés plus ou moins antioxydantes et anti-inflammatoires. Certaines ont même des propriétés antidépressives avérées, comme le safran ou le millepertuis. Certaines comme le bacopa monnieri peuvent être très utiles en cas de TDAH, le kudzu pour aider au sevrage du tabac, etc… Certains médecins s’y intéressent, se forment, et deviennent capable de prescrire des produits de phytothérapie efficaces. Attention au choix des produits et des dosages : un produit de mauvaise qualité et/ou sous-dosé sera forcément inefficace. Pour tester des plantes de qualité, on peut se tourner vers un laboratoire comme ABCdelaNature.com, ou un producteur comme Melilotus.org . Pour s’informer, on peut se tourner vers le blog Althea Provence https://www.altheaprovence.com/blog/ , le site Wikiphyto http://wikiphyto.org/ , le magasine Plante & Santé https://www.plantes-et-sante.fr/ , et bien sûr Google Scholar (y faire des recherches en utilisant le nom latin des plantes!). Etre formé, au à minima sensibilisé en la matière (avoir quelques notions en matière de contre-indications, interactions médicamenteuses, dosages…, par exemple l’ail est hypotenseur, donc attention au dosage pour les hypotendus !) et pouvoir en discuter avec les patients que cela intéresse peut contribuer à renforcer « l’alliance thérapeutique » que le psychiatre a besoin d’établir avec eux].

Les recommandations nutritionnelles pour les sportifs sont bien adaptées en cas de maladies mentales.
[un bon auteur d’ouvrages de « vulgarisation » en matière de nutrition adaptée au sportif et donc au patient « psy » : Julien Venesson]
1h57’30 : Les recommandations faites aux sportifs pour améliorer leur pratique et leurs performances peuvent être très utiles aux patients « psy » : la philosophie du sport a un effet psychothérapeutique, avec des valeurs telles que le dépassement de soi, le changement, oser l’essai-erreur, la persévérance, le lien social (même si l’on pratique seul, ça fait un sujet de conversation !). Le sport décourage les pratiques qui nuisent aux performances, comme le tabagisme et une alimentation déséquilibrée.

– les fibres : fruits, légumes, légumineuses…
[Si les fibres, sont intéressantes, ça serait l’occasion de reparler du chocolat! On trouve effectivement des fibres dans le chocolat noir (jusqu’à environ 12-14g/100g)! Mais, attention, il y a « chocolat » et « chocolat » ! L’indice ORAC (teneur en antioxydants) du cacao est très élevé (https://doctonat.com/indice-orac-tableaux-aliments/). Les aliments riches en antioxydants peuvent contribuer à lutter contre les dommages d’une inflammation chronique. L’indice ORAC du cacao cru est supérieur à celui du cacao classique torréfié (https://www.plantes-et-sante.fr/articles/aliments-sains/3329-chocolat-un-grand-cru). Le cacao peut avoir des effets anti-inflammatoires (https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fphar.2013.00154/full?source=post_page————————— ) et des effets antidépresseurs (voir plein de références via google scholar ! ex. : https://www.researchgate.net/profile/Herve_Javelot/publication/287832327_Antidepressant-like_properties_of_cocoa’s_polyphenols_The_role_of_flavanoids_and_flavanols_on_depression/links/59c382c9a6fdcc69b9353cdf/Antidepressant-like-properties-of-cocoas-polyphenols-The-role-of-flavanoids-and-flavanols-on-depression.pdf).
Ainsi, une personne très « attachée » à la consommation de chocolat (forme d’automédication instinctive?) pourrait se voir recommander de consommer de préférence du chocolat noir, de préférence à 70-80% de cacao, et même d’essayer le chocolat cru ou le cacao cru (il en existe de différentes marques en magasin bio ou en ligne, on peut en tester plusieurs jusqu’à en trouver un dont le goût nous plaît : un chocolat riche en cacao n’est pas forcément très amer et les papilles peuvent s’adapter à de nouveaux goûts en quelques jours).
Opter pour du chocolat noir bio à 70% de cacao (même acheté en supermarché lambda) est toujours bien meilleur sur le plan nutritionnel (et environnemental) que de consommer des chocolats au lait bas de gamme. Bien sûr il convient d’éviter d’en consommer une grande quantité, surtout en fin de journée (stimulant). Pour un psychiatre, connaître quelques unes des qualités nutritionnelles du chocolat peut contribuer à améliorer « l’alliance thérapeutique » avec les personnes qui y sont très attachées (voir « accro »!) !
Autre ref : https://www.mdpi.com/2072-6643/12/7/1908 ; http://graphics8.nytimes.com/packages/pdf/health/ACS.pdf

Omega 3 et salade : [attention, quand on recommande de l’huile de colza pour les apports en omega 3, il vaut mieux préciser que le taux de conversion des omega 3 ALA en EPA et DHA est bas et que si les seuls omega 3 consommés le sont sous forme d’ALA, cela pourrait échouer à couvrir les besoins en EPA et DHA (en cas de végétalisme). (ref ANSES https://www.anses.fr/fr/content/les-acides-gras-om%C3%A9ga-3 : «  le taux de conversion de l’ALA en DHA est trop faible pour couvrir les besoins en DHA, ce dernier est donc également considéré comme indispensable et doit aussi être apporté par l’alimentation. »).
Certaines personnes préciseraient aussi que l’huile de colza, comme beaucoup d’huiles végétales est riche en omega 6, qui peut avoir des effets pro-inflammatoires à haute dose (une personne végétalienne qui consommerait beaucoup d’aliments riches en ALA, afin de maximiser ses apports en omega 3, pourraient en avoir des effets contreproductifs à terme.
« L’interaction omega 3-omega 6 et leur médiateurs lipidiques dans le contexte de l’inflammation est complexe et pas encore parfaitement comprise » (ref : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29610056/).
Autre ref. mentionnant l’intérêt des aliments d’origine animale issus d’animaux ayant été nourris avec des graines de lin ou de colza (exemple: filière Bleu Blanc Coeur): https://www.lanutrition.fr/les-news/trop-riches-en-omega-6-les-produits-animaux-sont-pro-inflammatoires

Légumineuses :
Haricots, lentilles, pois-chiche.
 [et aussi fève, pois (« pois cassé »)… On pourrait même aussi mentionner le lupin (voir le chapitre sur le sujet dans le livre « Face à l’effondrement, Si j’étais maire ») et le soja (un allergène majeur, soit-dit en passant!).
Mon point de vue d’autiste naturo ayant un syndrome de l’intestin irritable (déclenché, comme par hasard, après 2 ans de végétalisme) : les légumineuses, comme la vesce, le trèfle et le lotier sont bons pour les vaches (qui sont douées pour faire un lait qui donne un beurre merveilleux, tant qu’il est au lait cru ! Beurre qui peut être transformé en ghee/beurre clarifié pour les plus sensibles à la caséine et au lactose) et pour amender les sols, mais les humains auraient peut-être intérêt à les éviter autant que possible (consommation occasionnelle pour ceux qui les « tolèrent », à condition de les préparer dans les règles de l’art afin de diminuer au maximum leurs teneurs en antinutriments, éviction totale pour les autres).
Leur intérêt nutritionnel est similaire à celui des céréales : tout les nutriments qu’on y trouve peuvent être trouvés ailleurs (y compris les fibres) et elles contiennent des « anti-nutriments » qu’il vaudrait mieux éviter en général, ne serait-ce que par principe de précaution, comme l’acide phytique, qui empêche l’assimilation de certains minéraux, comme le zinc, et le risque de carence en zinc, induit par l’acide phytique des légumineuses et des céréales est une préoccupation mondiale: « Epidemiological data suggest at least one in five humans are at risk of zinc deficiency. This is in large part because the phytate in cereals and legumes has not been removed during food preparation. » , ref: https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0946672X14001655 ; ou encore : « nearly half of the world’s population is at risk for inadequate zinc intake, suggesting that public health programs are urgently needed to control zinc deficiency. », ref. : https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/156482650102200201). En temps de « pandémie », quand on sait que le zinc fait partie des micronutriments particulièrement recommandés pour renforcer le système immunitaire, il me semble important de prendre garde à tout ce qui peut en réduire l’assimilation, et de préciser que le zinc d’origine animale est mieux assimilé que le zinc d’origine végétale.
Les légumineuses, comme les céréales, contiennent aussi, par exemple, des inhibiteurs d’alpha-amalyse et de trypsine, or quand on a des soucis de digestion, des problèmes de « stase »/constipation, ajouter des inhibiteurs enzymatiques au bol alimentaire me semble très contre-productif.
Pour pouvoir neutraliser un maximum d’antinutriments, dans l’idéal, les légumineuses (et les céréales) devraient être prétrempées (voir germées), fermentées, et cuites longuement.
Ainsi, un produit intéressant à base de légumineuse (ou de céréales, comme le riz) pourrait être le miso (non-pasteurisé), idem le natto (soja fermenté, intéressant pour sa teneur en vitamine K2). Mais comment sont fabriqués les produits à base de légumineuses qu’on trouve le plus dans le commerce (comme les « steaks » végétaux, ou même comme les pois-chiche en boîte) ? On n’en sait rien. Quels sont leurs teneurs en antinutriments ? On n’en sait rien ! Pour ce qui est du « fait-maison », je doute que quelqu’un qui a déjà du mal à se motiver pour modifier son alimentation soit prêt à suivre quotidiennement des recettes relativement longues (faire tremper les légumineuses dans l’eau tiède (pas dans l’eau froide!!) pendant au moins 12h, faire germer, faire fermenter, faire bouillir longuement… tout ça au final pour perdre une bonne partie des vitamines présentes au début, donc essentiellement pour obtenir des fibres qu’on peut trouver ailleurs, à moindre « coût » en terme de temps de préparation, comme dans les haricots verts en boites ou les brocolis surgelés ou les fruits crus ?!
Quand on a fait le point sur tous ces désavantages, est-ce que les protéines des légumineuses (et des céréales) restent vraiment si intéressantes, par exemple par rapport à celles des œufs (en particulier quand les poules ont été élevées en plein air, en « bio », et nourries avec des graines de lin et de colza (ou de chanvre!) et qu’elles font des œufs de qualité, riche en omega 3 EPA et DHA ?!
Ref : http://www.afst.valahia.ro/images/documente/2018/issue2/I.4_Abbas.pdf;
https://blog.paleohacks.com/how-to-soak-boil-sprout-legumes/ ;
https://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-complements-alimentaires/les-principaux-complements-alimentaires/les-complements-correcteurs-de-l-alimentation/les-omega-3/luf-omega-3-un-aliment-dappoint-interessant-si-on-ne-mange-pas-de-poisson; https://www.medicatrix.be/oeufs-de-filiere-omega-3-meilleur-choix%5D

Couscous et diététique : [dire que c’est un plat « parfait » sur le plan diététique, c’est mettre un peu trop vite de côté les inconvénients précités des céréales et des légumineuses (antinutriments variés, impossible à neutraliser complètement, même en les préparant dans les règles de l’art). Et attention aux céréales complètes qui contiennent d’avantage d’antinutriments que les raffinées !
Qu’en est-il simplement du gluten, qui a tendance à être pro-inflammatoire chez tout le monde, puisqu’il entraîne l’ouverture des jonctions serrées de l’intestin chez tout le monde (voir ce qu’en dit le Dr Alessio Fasano, par exemple via cette interview : https://naturopathieetautisme.blogspot.com/2014/03/gluten-auto-immunite-et-porosite.html), avec la nécessaire intervention du système immunitaire pour « nettoyer le bazar » après son passage ? Chez quelqu’un qui a un profil immunitaire « normal » et aucun soucis d’inflammation chronique (ni neuroinflammation, ni inflammation articulaire, ni cutanée, etc…), je conçois qu’on puisse envisager d’en consommer occasionnellement, comme beaucoup de gens peuvent consommer un peu d’alcool occasionnellement sans que ce soit une catastrophe sur le plan de la santé (le corps pourra « compenser », réparer les dégâts), on peut aussi concevoir d’en consommer occasionnellement quand on n’y est pas particulièrement « sensible » (et une sensibilité au gluten non-coeliaque peut se manifester uniquement via des symptômes non-gastrointestinaux, comme l’anémie, la dépression et l’anxiété!), et même quelqu’un qui aurait identifié que le gluten fait flamber son psoriasis ou son arthrite pourrait quand même en manger « parce que c’est trop bon et tant pis pour le psoriasis et l’arthrite », mais de là à qualifier un plat qui contient beaucoup de blé (quand bien même bio et complet) de « parfait » sur le plan nutritionnel, ça me semble exagéré, un peu comme si je qualifiais de « parfait » un baba au rhum sans gluten.
A mon humble avis d’autiste obsédée par le gluten (j’avoue, gros intérêt restreint !), pour mieux comprendre « de l’intérieur » les effets que les céréales peuvent avoir sur nous (entre autre sur la sphère cognitive), tout chercheur en nutrition et tout psychiatre passionné de nutrition aurait personnellement intérêt à tester une éviction totale des céréales pendant 3 mois, à observer s’il y a des effets sur sa santé, ses performances sportives, sa résistance au rhume, son sommeil, sa façon de réfléchir, son humeur…, puis à faire un challenge de réintroduction (gros plat de pâtes, « normales » ou bio et complètes), et d’observer ce qui se passe dans les 24-48h qui suivent (éventuels symptômes intestinaux ou autres).
Pourquoi un médecin en bonne santé devrait s’astreindre à un tel exercice ? Selon moi, au moins par soucis d’objectivité, pour être sûr qu’une éventuelle « addiction » aux céréales (via leurs fameux peptides opioïdes) ne biaise pas l’avis qu’on a sur elles (un peu comme mon « addiction » au cacao biaise forcément au moins un peu mon opinion sur le cacao!!!) et aussi pour pouvoir mieux accompagner les patients qui sont obligées de pratiquer une éviction stricte (maladie coeliaque avérées, Crohn…) : une fois qu’on a soi-même évincé un tel aliment de notre quotidien, on sait mieux par quoi le remplacer et comment gérer la gêne induite que quelqu’un qui n’a jamais fait cette expérience.
Pour réussir un régime d’éviction strict des céréales, adopter un régime de type « paléo », assez proche du régime méditerranéen (même à tendance végétarienne), me semble relativement simple et potentiellement parfaitement sain, surtout quand on s’y connaît déjà bien en nutrition et qu’on a déjà l’habitude de modifier notre alimentation occasionnellement en toute sécurité.
Pour + de détails et de références, voir par exemple les livres « Paléo Nutrition » et « Gluten, comment le blé moderne nous intoxique » de Julien Venesson.]

2h14 : les aliments riches en antioxydants :
Mention de l’impact de l’alimentation sur l’environnement, des risques de pénuries alimentaires pour cause de changement climatique, de la nécessité pour chaque pays d’avoir des stocks, de l’éco-anxiété, de l’impact des canicules sur le sommeil… [cool ! Un psychiatre éco-conscient, c’est comme un psychiatre qui sait parler d’autre chose que de pharmacologie! 🙂 ]

[Nutrition, santé mentale, environnement, économie: Quand on se passionne pour la nutrition, en tant que chercheur, attention à rester aussi objectif que possible face à la dogmatique et à l’argumentaire végans et bien penser aussi à aller voir du côté des arguments « anti-véganisme », souvent défendus par des ex-vegans, comme par exemple le Pr en nutrition Chris Masterjohn: https://www.nutriting.com/experts/interview-dr-chris-masterjohn-vegetarisme-veganisme-experience-1ere-partie/?v=11aedd0e4327 (il a aussi une chaîne youtube), l’autrice « naturo » autodidacte Taty Lauwers (voir sa bio http://www.taty.be/mission.html ), ou via l’ex-végane Lierre Keith (et son livre « Le mythe végétarien »), autrice qui peut aussi être qualifiée d’écologiste radicale (voir un autre livre dont elle a été co-autrice : « Deep Green Resistance »).
Avoir quelques poules autour d’une maison à la campagne, nourries avec les déchets verts du foyer, avec les insectes du sol, avec des graines de lin, colza ou chanvre cultivées en bio et localement, va difficilement avoir des effets désastreux en matière d’environnement ou de bien-être animal (on leur échange de la nourriture, un abris et des soins contre leurs œufs), et si on met les poules dans un verger, elles vont même en amender le sol !
Les aliments produits localement, en bio, pour ainsi dire « à l’ancienne », y compris les aliments d’origine animale (porc élevé en plein air dans des élevages à taille « humaine », laitages fermentés de brebis ou de chèvre au lait cru, œuf bio riches en omega 3 de poules élevées en plein air…), sont bien sûr à favoriser par rapport aux aliments « exotiques » (bananes, avocats, thé, chocolat…) et/ou industriels. Plus les circuits d’approvisionnement sont courts, plus l’alimentation est bio, locale et de saison, plus la nutrition en est améliorée, plus l’autonomie alimentaire du pays est favorisée, plus l’impact environnemental est limité, voir positif (régénération des sols, diminution du bilan carbone…), plus l’économie locale est dynamisée, et ce qui est bon pour l’emploi est bon pour le moral, et puis passer du temps dehors pour cultiver des légumes ou pour ramasser des châtaignes, des cynorhodons et du millepertuis, ça fait de l’activité physique au grand air, c’est bon pour la synthèse de vitamine D, et la lumière naturelle a des effets bénéfiques sur tout le métabolisme, bien au-delà de la synthèse de vitamine D, et donc sur la santé mentale, etc, etc… !]

Une réflexion sur “Dr Guillaume Fond et psychonutrition

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